L’auteur de cette nouvelle n’est plus la « tigresse » (2) légendaire voyageant aux quatre coins de l’Europe et entourée
d’amis admiratifs tels que Robert Browning ou Henry James dès l’âge de 24 ans. « La Poupée » date des années noires de la vie de Vernon Lee (1856-1935). Rédigée en 1899 mais probablement imaginée en 1888-1889, elle fut publiée 28
ans plus tard, ce qui en dit long sur les rapports de Vernon Lee avec son public.
La préface datée d’août 1927 dissimule l’essentiel sous une abondance toute jamesienne de détails anecdotiques concernant l’Italien emblématique à qui elle attribue la paternité de l’histoire de la poupée et de la mise en scène de
sa découverte : le comte Pier Desiderio Pasolini. Non sans une certaine acrimonie teintée de nostalgie envers ce vieil ami, Vernon Lee évoque le souvenir de « ces deux trains » qu’il lui fit manquer coup sur coup en gare de Rome et du palais barrocco qu’il l’emmena visiter « pour se faire pardonner ». Et « tandis que je fulminais […], nous arrivâmes en présence de la poupée ». La curiosité aidant, son agacement – habituel face aux propos volontiers lestes de
ce galant homme du monde – fait place à la frustration et aux doutes quant à la véracité et à l’authenticité du récit lacunaire qu’il lui fit ensuite. « Y avait-il un seul mot de vrai dans son récit ? Ou bien était-ce là un coup
monté, y compris, qui sait, la présence de la poupée et ces deux trains qu’il m’avait fait manquer délibérément ? »
Malgré ses précautions pour dégager sa responsabilité quant à une histoire « artificielle» (3) dont elle revendique le seul finale, les références à des faits historiques avérés et les détails personnels, nombreux, nous incitent à
la considérer comme un texte à clef.
La narratrice qui raconte à son amie la rencontre qu’elle fit lors d’une « escapade-brocante » en solitaire ressemble beaucoup à Violet Paget, voyageuse compulsive, fouineuse indiscrète, amateur de curiosa, s’abîmant avec délices
dans la contemplation des vestiges du passé, un tantinet puritaine et profondément mélancolique, voire dépressive. Oreste qui, tout comme Fa Dièse (« Winthrop’s Adventure ») ou Mange-Sucre (préface du Prince aux Cent Soupes),
aide la narratrice dans ses recherches rappelle, du propre aveu de Vernon Lee, l’étrange et volubile auteur d’une biographie de Catherine Sforza, ce comte Pasolini si cultivé qu’elle décrit comme l’acteur et le metteur en scène d’une
pièce dont elle reconnaît avoir été dupe.
Malgré l’amitié des dédicataires (4), l’année 1899 marque pour Vernon Lee le temps de la souffrance et de la solitude. À 43 ans, elle est brisée par quinze ans de crises successives (familiales, professionnelles et affectives), d’où le
ton nostalgique de cette plongée dans le passé et les références aux deux grands maîtres de l’élégie latine (Properce et Tibulle).
À l’adulation pour ses œuvres de jeunesse ont succédé les controverses déclenchées par son roman Miss Brown (1884) qui lui donneront un sentiment durable d’échec « en tant qu’écrivain ». Toute sa correspondance porte la trace de ses efforts inlassables pour tenter de se justifier. L’année du scandale est aussi celle de la rupture avec sa prime idole, Anne Meyer, qui meurt peu après, et dont Mary Robinson l’aide à faire le deuil, jusqu’à l’annonce de ses fiançailles. Violet sombre alors dans une dépression dont elle ne se remit jamais tout à fait. L’idée de la poupée germa peut-être à cette époque, où elle séjourna longuement chez les Pasolinis (à Rome), chez Lady de Vesci (en Irlande, patrie de Lady Blessington) et chez sa future compagne, Clementina (« Kit ») Anstruther-Thomson (en Écosse). Durant dix ans, les deux amies et collaboratrices sillonnent la campagne italienne et étudient la statuaire grecque en visitant tous les musées d’Italie, de France et d’Angleterre. Jusqu’à l’affaire B. Berenson (5), qui opposera durant 20 ans, malgré la
médiation de Mrs Costello (comtesse Pasolini), Violet et Kit à leur ancien ami sur la question de la paternité de la théorie et des exemples développés dans leur essai ‘Beauty and Ugliness’ (6). Neurasthénie, difficultés de
concentration, perte d’équilibre ; isolement social et tensions grandissantes ; Violet fait de Kit son héritière mais celle-ci quitte Il Palmerino. Pour Vernon Lee, c’est la plus grave crise de sa vie.
Une « poupée » dans le placard ?
C’est aussi le résultat d’une série de deuils sous le toit familial. En 1894 elle a dû incinérer en secret son père, soigner, puis ensevelir sa mère (1896), soigner son demi-frère neurasthénique avec qui elle ne s’entend plus. Sans
doute faut-il voir en Eugène Lee-Hamilton, qui finit par partir épouser une Américaine, Annie Holdsworth (1898) – avec l’approbation de Violet, à condition que le couple n’ait pas d’enfants (!) –, l’origine de l’héritier qui « tourne
mal », n’hésitant pas à « vendre » sa grand-mère (la poupée), ainsi que de sa demi-sœur illégitime, aimante et mal-aimée, qui cultive le souvenir de la belle comtesse… Dans un tel contexte, le prénom « Oreste » ne peut être innocent, évoquant l’image d’Iphigénie et de son frère, seuls survivants d’une histoire de meurtres en famille, où le père (Agamemnon) prêt à sacrifier sa fille (Iphigénie) pour apaiser la colère de Diane est assassiné par la mère
(Clytemnestre) à son tour assassinée par son fils (Oreste). Iphigénie doit son salut à Diane dont elle est devenue la vestale.
C’est aussi en vestale que vivra Violet, enfant surmoïque, sœur dévouée écrasée par sa mission (briller) au sein d’une famille recomposée où le poids des secrets se traduit par un rapport inconfortable au patronyme. Des secrets liés
à la Révolution Française : le nom du grand-père maternel (Edward Hamlin Adams (7)) est transformé en Abadam par ses propres fils (gênés par son passé esclavagiste ?) ; tout comme celui du grand-père paternel, M. de Fragnier,
noble français émigré pendant la Révolution, qui prend le nom de son épouse, Paget, auquel il rajoutera « Ferguson » en se faisant naturaliser. Errances, exil, pseudonymes, masques : Violet reproduit ce schéma ; à partir de 1874,
elle signera tantôt Violet tantôt Vernon, tantôt Lee, tantôt Paget ; elle s’installera à Florence où elle vivra 50 ans de sa vie.
Des aventures conjugales de mes amis, je détourne les yeux et je me dis :
« comme tout ceci est primitif ! »
Vernon Lee
L’amitié de la narratrice pour la poupée, cette amitié plus forte que le mariage, la mort, le silence, et inavouable (même au mari compréhensif, même à l’amie intime, et a fortiori à la concierge) évoque la relation de Vernon Lee à
son amour morte, Anne Meyer, dont la plastique et la grâce la fascinaient comme celles d’une statue et auxquelles elle compara systématiquement dans ses lettres les plus belles femmes rencontrées (Mary Robinson, Lady Archie, Alice
Callander (8), et Kit Anstruther-Thomson).
Vernon Lee a lu et relu ‘The Marble Faun de Hawthorne’, « The Last of the Valerii » de Henry James et la Roba di Roma du sculpteur W. W. Story dont elle a visité le studio à 14 ans, s’extasie à 25 ans sur les marbres du British Museum qu’elle arpente en compagnie du directeur des Antiquités ; fascinée par les statues, elle en possède (9); elle entend leur appel (10).
Le culte de la beauté féminine est associé à un dégoût du corps, de la chair, du mariage, de l’accouchement, dont témoignent ici les références à des figures exemplaires telles que Lady Blessington (11). Sous la plume de Vernon Lee, qui luttera aux côtés des suffragettes, l’allusion à cette femme mariée de force à 15 ans mais capable de
s’émanciper par la suite, fait sens : n’a-t-elle pas démontré dans Miss Brown (1884) que le mariage rabaisse la femme au rang de jouet, comme dans certaines statues archaïques, ou dans ces tableaux de Memling et de Kranach où l’on voit
un homme immense […] tenant dans sa main une femme minuscule ; un dieu (pour les poètes optimistes) qui protège un être humain; ou (pour les pessimistes cyniques) un être humain jouant à la poupée (12).
Ce jouet est d’autant plus docile qu’il a été formé très jeune pour le mariage, comme Miss Anna par un Walter Hamlin jouant les Pygmalions (Miss Brown), comme Mrs Gurney ou Mrs Morris, par le mari en personne (13) : contrairement au parcours du Pinocchio (1883) de Carlo Collodi, le regard fétichiste du mari transforme alors (littéralement)
la femme vivante en un objet à qui seul un regard aimant peut donner vie.
Vernon Lee dénonce le scandale de « l’amour » conjugal, ce système de dépendance réciproque qui prive l’épouse d’un champ d’action légitime et condamne l’époux à consacrer exclusivement ses efforts à l’entretien de sa femme et de sa progéniture. De ce fait, l’Essence de la Femme demeure un mystère et sa condition (14), celle d’un « parasite économique » oisif, « séquestré » (15), maintenu sous tutelle. Vernon Lee érige en modèle des personnalités féminines fortes telles que la femme de lettres ou la diva, qui, contrairement aux « poupées » de la société victorienne et édouardienne, font entendre leur voix.
Giudetta Pasta (1797-1865), figure légendaire de l’histoire du chant, constitue donc un modèle à double titre : en tant que musicienne et en tant que femme, maîtresse de sa destinée, ayant bénéficié (contrairement à « La Poupée ») d’une
formation à la mesure de son talent et de ses ambitions, puis embrassé une carrière internationale aux côtés d’un mari avocat et ténor qui est aussi son collaborateur, pour triompher à Paris (1821), en Europe et en Russie.
Mais pour triompher, la femme doit pouvoir échapper à la grossesse et l’accouchement, ces « catastrophes épouvantables » (16) fatales dans bon nombre d’histoires, tout comme ici. Cette phobie de la chair alliée au culte de froides idoles confère une dimension mystique à la personnalité et à l’œuvre de notre anachorète florentine. Ce n’est pas un hasard si « La Poupée » se situe à Foligno, haut lieu culturel et mystique italien.
« Fra le pietre, sosperi… » (17)
La narratrice trouve dans les chroniques historiques d’Oreste (et de F. Matarazzo) de quoi alimenter son hypersensibilité au genius loci, sa relation fusionnelle avec les lieux et les objets chargés d’Histoire que Vernon Lee
appelait empathie, (18) et qui forme la base des travaux sur le « génie des lieux » qu’elle publie cette année-là. Loin des expériences parapsychologiques ou surnaturelles de la Society for Psychical Research, (19) ce sont les soupirs
exhalés par les pierres qui surgissent, fantastiques, dans ce texte.
Petite ville d’Ombrie située sur les rives du Topino dans la province de Perugia, Foligno fut, dès l’origine, le théâtre de luttes de pouvoir sanglantes : depuis la bataille par laquelle, cité chrétienne, elle fut annexée à l’Empire
romain (
iiie s. av. J.-C.), à l’annexion lombarde (
vie s.), puis papale (
viiie siècle),
jusqu’aux luttes entre guelfes et gibelins (
xiiie et
xive siècles) et aux luttes au sein de la famille régnante, les Trincis (
xve siècle), à la deuxième annexion au Saint-Siège, et enfin au royaume d’Italie (
xixe siècle) (20). De nombreux vestiges antiques, médiévaux, ou renaissance témoignent des tourmentes du passé de ce lieu où le sacré fut constamment lié à la guerre par les Trincis, les
Baglionis, César Borgia et Jules II, tous désireux de faire du Saint-Siège une grande puissance : d’où les « nonnes enlevées », le « cardinal poignardé » (sans doute Nicolo Trinci, assassiné en 1437), le « massacre », le « palais
rasé […] dont on laboura le sol avant d’y semer du sel ».
Les rites catholiques et les saints – ici sainte Angèle (1248-1309) – exercent une fascination trouble sur Vernon Lee, qui allie souvent fantastique et sacré (cf. « Sister Benvenuta and the Christ Child », « The Virgin of the Seven
Daggers », « Dionea », « St Eudaemon and His Orange-Tree » et sa préface à la Vie de Sainte Marie Madeleine). Et la comparaison entre la vie de sainte Angèle, qui a fait de Foligno un haut lieu mystique, et celle de la « poupée » est
éclairante. Mariage précoce et expérience de l’amour charnel pour l’une et l’autre, avec, pour l’une et l’autre, des conséquences fatales (fatales pour la mère dans « La Poupée », fatales pour l’enfant dans le cas d’Angèle – du moins
peut-on le supposer (21)); caractère indicible de l’amour véritable (spirituel), et révélation, à l’instant fatidique, d’une parole féminine (22). Et pour l’une et l’autre, un destin identique : la canonisation…
Cette dimension mystique rattache « La Poupée » à la tradition curieuse des « Diorama », ces reconstitutions de scènes religieuses ou historiques du nord de l’Italie, antérieures à la Révolution française et dont la vogue culmine dans
les années 1820-1830 (23). Des mannequins de cire grandeur nature en vêtements d’époque, dotés de cheveux véritables et d’yeux de verre, y rejouent la passion du Christ ou les grandes batailles dans des mises en scène de plus en plus
réalistes, jusqu’à l’utilisation de la photographie dans les années 1830.
Le musée londonien de Mme Tussaud perpétue cette forme d’art populaire aujourd’hui appelée « Installation Art ». V. Lee visita-t-elle le musée de Mme Tussaud avant 1899 ? C’est probable (24), comme en témoigne ce portrait :
Lady Strangford correspond tout à fait à la manière dont j’imaginais les vicomtesses quand j’étais petite : elle est faite de cire jaune, arbore une crinière (postiche, à mon avis) d’un noir de jais et des saphirs énormes. (1er août 1885).
Plaident également en faveur de cette hypothèse l’insistance de la narratrice sur l’intérêt historique de ce genre de mannequins, ainsi que la présence d’un Dr Curtio, bouilleur de cadavres dont il tire de la cire pour en faire des
bougies magiques (25), allusion peut-être au Dr Philippe Curtius, capitaine de la garde nationale et médecin passé maître dans l’art de fabriquer des moulages anatomiques (en cire), qui transmit son secret à Mme Tussaud, laquelle pratiqua son art pour survivre pendant la Révolution française, et émigra à Londres (26), à la même époque, et probablement dans les mêmes conditions que le grand-père français (de Fragnier) de Vernon Lee… Retour étrange et inquiétant d’un secret de famille refoulé ?
Si les « waxworks » dérangent, c’est aussi parce que les scories (cheveux), les oripeaux (tissus, couleur et grain de la peau, couleur et brillant des yeux) et les traces (mouvement des articulations, expressions du visage) du vivant y
sont plaquées sur une armature d’éternité (la statue initiale, aveugle et nue). Canova lui-même en fit les frais : sa célèbre Ebe – merveilleuse statue de marbre rosi brandissant une cruche et un gobelet de métal doré – choqua en 1808
par cette hétérogénéité des matériaux qui fait de la statue une figure hybride, plus proche de l’art populaire des mannequins de cire que des (nobles) statues classiques ou antiques.
Le temps, la mort, l’oubli s’introduisent dans cet écart entre la poupée et la statue, entre le tissu et le marbre. La poupée n’est pas un « rêve de pierre » à la beauté immortelle. Cheveux hirsutes et poussiéreux, vêtements sales et
décolorés… les outrages du temps la rendent humaine. Insupportable tristesse du regard de la « poupée », étrange parce que, contrairement aux yeux des statues, il n’est pas vide. Inquiétante étrangeté de ce pied coquettement chaussé qui
ballotte au bout de la jambe articulée. Comme si la femme vivante était enfermée dans la poupée de cire… La force de la nouvelle tient dans l’association de cette humanité et du caractère hiératique (27) de l’idole : sa « raideur » n’est pas celle de l’objet, mais celle, trop humaine, d’un corps saisi par la mort.
Certes, la poupée de Foligno, héritière des « Diorama » ou des automates de Vaucanson (1709-1782), s’inscrit dans la lignée des poupées mécaniques de E.T.A. Hoffmann (28), à Offenbach (29), Léo Delibes (30), Hans Christian Andersen (31), ou Villiers de l’Isle-Adam (32). Mais celle-ci est douée d’une âme. Non pas à la manière d’une marionnette manipulée, possédée par une âme étrangère (33), mais animée d’un souffle, d’un désir qu’exprime la voix captée par la narratrice.
Requiescat in pace…
La découverte de l’alliance (34) au milieu des cendres a quelque chose d’épouvantablement concret et d’affreusement poignant. Comme si la femme réelle venait d’être incinérée, l’anneau attaché à un doigt déjà raidi. Et l’anneau
qui demeure scelle le pacte entre les deux amies, liant la survivante au devoir de mémoire.
L’histoire (véridique) de Vernon Lee a ajouté un triste post-scriptum posthume à ce texte. Jusqu’en 1995, soit soixante ans après sa mort, ses cendres reposaient en une sépulture anonyme au Cimetière évangélique de Florence, près de la tombe familiale (35). Anonymat et abandon à l’opposé de ce qu’avait été sa vie, mais révélateurs de la solitude absolue où l’enfermèrent, le grand âge venu, sa grave surdité et la mort de tous ses proches.
C’est aux propriétaires d’Il Palmerino (36), M. et Mmes Angeli, Parretti, Biancanelli, qui, depuis 1935, cultivent la mémoire de Vernon Lee, que l’on doit la plaque sobre apposée en 1995 (37), ainsi que celle qui figure sur un mur de la villa (38).
Grâce à eux, elle ne souffre plus…
Sophie Geoffroy-Menoux
Remerciements
À Florence : M. et Mmes Angeli, Paretti, Biancanelli ; la Biblioteca Marucelliana, la Biblioteca Nazionale Centrale et la Fondation Berenson (Villa i Tatti). À Londres : Rosy Canter (Mme Tussaud’s), la British Library.
Bibliographie sélective de Vernon Lee
The Prince of the Hundred Soups. London : Fisher Unwin, 1883.
Euphorion ; Being Studies of the Antique and the Medieval in the Renaissance. London : F. Unwin, 1884.
Miss Brown. London & Edinburgh : Blackwood, 1884.
A Phantom Lover. A Fantastic Story. Edinburgh : Blackwood, 1886. Sera parfois repris sous le titre « Oke of Okehurst ».
Juvenilia. London : Fisher Unwin, 1887.
Hauntings, Fantastic Stories. London : William Heinemann, 1890. Avec: « Amour Dure », « Dionea », «Oke of Okehurst », « A Wicked Voice ».
Renaissance Fancies and Studies. London : Smith, Elder, 1895.
Genius Loci ; Notes on Places. London : Grant Richards, 1899.
Ariadne in Mantua ; A Romance in Five Acts. Oxford : Blackwell, 1903.
Pope Jacynth & Other Fantastic Tales. London : Grant Richards, 1904. Avec : « Pope Jacynth »,
« Prince Alberic and the Snake Lady », « The Lady and Death », « St Eudaemon and his Orange-Tree ».
Sister Benvenuta and the Christ-Child : an Eighteenth-Century Legend. London : Grant Richards, 1906.
«The Economic Parasitism of Women », in Gospels of Anarchy. London : Fisher Unwin, 1908.
For Maurice : Five Unlikely Stories. London : John Lane, 1927. Avec : « Tanhäuser and the Gods », « Marsyas in Flanders », « The Virgin of the Seven Daggers », « The Doll », « Winthrop’s Adventure ».
[avec C. Anstruther-Thomson] Beauty and Ugliness. London : John Lane, 1912.
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1. « Travaille, et cesse de te lamenter. » Devise de Vernon Lee pendant ces années noires.
2. Selon le mot de William James.
3. « Cette histoire n’est pas du tout de moi ; j’ignore d’ailleurs de qui elle peut bien être, et même s’il s’agit, en quelque sorte, d’un produit naturel ». Vernon Lee, « Fifth Unlikely Story ; Pier Desiderio and the Doll », in For
Maurice ; Five Unlikely Stories (1927), p. xlv.
4. Maurice Baring et Pier Desiderio Pasolini.
5. 24 août 1897.
6. La théorie de l’impact émotionnel et physique de l’œuvre d’art.
7. Voir le personnage « Walter Hamlin » (d’ailleurs calqué sur Henry James) dans Miss Brown.
8. Alice Callander sert de modèle à M. Watts, « pour les mains et les bras d’une statue de la mort » (Vernon Lee’s Letters, p. 220).
9. Selon le témoignage de la propriétaire, une Vénus de Milo en terracotta était tout ce qui restait de Vernon Lee à Il Palmerino ; la façade de son autre demeure florentine, le « Villino quattro stagione », 5 via Garibaldi, est ornée
de quatre statues représentant les quatre saisons.
10. « Tous ces dieux et déesses, tous ces héros et nymphes, tout ce monde nu, blanc, glacial, le regard vide, semblait m’appeler, en souriant de ce sourire légèrement ironique qui voulait dire “cette créature nous appartient”. »
(Juvenilia).
11. D’autres nouvelles témoignent de cette phobie : « The Lady and Death », dont l’héroïne est donnée très jeune (18 ans) en mariage par son père à un homme impie ; « St Eudaemon », dont la fiancée meurt la veille des noces ; « Amour Dure », dont la très jeune héroïne assassine tous ses amants et maris ; « Dionea », dont la beauté et l’amour tuent ; « À Wedding Chest », dont l’héroïne, enlevée et séquestrée, est retrouvée morte avec son nouveau-né.
12. « The Economic Parasitism of Women », Gospels of Anarchy, pp. 270-71.
13. « Mrs Gurney est, vous le savez, la fille d’un jardinier, et il l’a formée, comme Morris a formé sa femme… ». 21 juin 1881. Vernon Lee’s Letters, p. 88.
14. « The Economic Parasitism of Women » est au départ le compte rendu du texte de Mrs Stetson, qui dans « Women and Economics » défend une thèse opposée à celle d’Émile Durkheim (Division du travail social).
15. Précisément les termes qui décrivent la vie de la « poupée ».
16. C’est en ces termes — « this awful catastrophe » — que Vernon Lee accueillit la nouvelle de la grossesse de sa belle-sœur, en 1902. L’enfant, Persis, ressemble beaucoup à sa tante, qui affirme qu’elle n’était « pas normale ». Elle meurt en bas âge (2 octobre 1904); Eugène se brouille avec Vernon Lee, à qui il reproche son manque d’affection envers
l’enfant ; il meurt de chagrin en 1907.
17. Emma Shapplin, « Cuor senza sangue », in Carmine Meo, EMI, Pendragon records, 1997.
18. Adaptation, en anglais et en français, par Vernon Lee, du terme allemand « Einfühlung ».
19. Vernon Lee n’a pas été convaincue par la “séance” à laquelle l’avait conviée M. Gurney en 1885.
20. Il faut y ajouter, au
xxe siècle, les bombardements de la Deuxième Guerre mondiale et le tremblement de terre de 1997.
21. Que peut être ce « péché si terrible qu’elle ne peut le dire au confesseur » et découlant de son amour excessif des « plaisirs de la vie », sinon l’infanticide ?
22. Le Dictionnaire Larousse des Littératures souligne lui aussi « la récurrence d’une thématique de la voix et de la parole dans les récits à automates » où « une machine prend la parole ou rencontre une parole qu’elle n’arrive pas à prendre. »
23. La poupée du texte est vêtue à la mode des années 1820.
24. Bien que les archives de Mme Tussaud’s (Londres) n’en gardent pas de trace, selon Mme Rosy Canter que nous remercions ici.
25. The Prince of the Hundred Soups (1883).
26. Elle fabriqua les masques mortuaires du roi, de la reine, du dauphin et de ses propres amis de la cour, puis ceux des victimes guillotinées, et les emporta avec elle.
27. Hiératique : « dont la raideur, la forme figée, l’attitude symbolique […] semblent rappeler un rite, une tradition. » Bénac, Nouveau vocabulaire de la dissertation et des études littéraires.
28. cf. le Turc parlant dans « Les Automates » (1817), la chanteuse Antonia dans « Le Conseiller Krespel », « Casse-noisette et le Roi des Rats » (1819), Olympia dans « L’Homme au sable » (1817).
29. Les Contes d’Hoffmann (1881).
30. Coppelia (1870).
31. « La Ballerine et le Soldat de plomb » (1838).
32. L’Ève future (1886).
33. cf. Jean Galli de Bibiena (1710 ?- 1780 ?), La Poupée ; Fitz James O’Brien, « The Wondersmith » (1859).
34. Ou d’un autre objet symbolique : motif récurrent chez Vernon Lee (voir notamment « Pope Jacynth », « St Eudaemon and His Orange-Tree », « Dioenea », « Amour Dure »).
35. À côté de la tombe de sa nièce Persis, au pied des stèles de son frère et de sa belle-sœur et de ses parents.
36. via dell’Palmerino (Maiano, Florence).
37. « Violet Paget/1856-1935/VERNON LEE/écrivain/elle honora l’Italie/et aima Florence ».
38 « VERNON LEE. Violet Paget née 1856 morte 1935/a vécu dans cette maison 1889-1935/dès sa jeunesse elle aima l’Italie/elle consacra sa longue vie et sa rare intelligence/à approfondir cette compréhension/et à rechercher la beauté
passionnément/Ses livres en témoignent ».