rue des beaux arts

 

Bulletin Bimestriel de la Société

Oscar Wilde

Paris

 

melmoth@aliceadsl.fr

 

 

Numéro 2 : Avril/Mai 2006

 

 

 


Groupe fondateur : Lou Ferreira, Danielle Guérin, D.C. Rose, Emmanuel Vernadakis.

 

TABLE

Pour un accès direct, cliquer sur les numéros

1.  ÉditorialApril is the cruellest month

2  Le mot de Donald Mead

3.   Publications :

Oscar Wilde – Nouveaux essais de littérature et d’esthétique.

Tzvetan Todorov – Les aventuriers de l’absolu.

Pascal Aquien – Oscar Wilde, les mots et les songes.

Thierry Rodange – Le diable entre au confessional : biographie de Hugues Rebell.

Stéphane Mallarmé – Edouard Manet.

Albert Thibaudet – La poésie de Stéphane Mallarmé.

Jean Lorrain – Histoires de masques.

Roger Bastide – Anatomie d’André Gide.

Revue Europe – Marcel Schwob.

4.  Conférences

5.  Théâtre

Productions récentes

Flaubert – Hérodias

Productions en cours

Sarah – Clermont-Ferrand

L’Importance d’être Constant – Oriel de Varces – Grenoble

Le Fantôme de Canterville - Théâtre des Gros Becs – Québec

La Chouette enrhumée – Petit Théâtre de la Jeunesse – Liège

6.  Wilde, Version Française

Danielle Morris – L’Ami de Bunbury

Christian Morris – Oscar Wilde, la crypte et le fantôme

7.  Wilde et la Quinzaine Littéraire

8.  Cinéma, télévision, radio, DVD, CD

TV – La ligue des gentlemen extraordinaires.

DVD - Le Portrait de Dorian Gray

CD - Franz Schreker : Der Geburstag der Infantin (L’Anniversaire de l’Infante)      

9.  The Wildean - Intentions

 

 

1.  Editorial

April is the cruellest month.

Oscar Wilde ne connaissait pas le premier vers du poème de T.S Eliot, The Waste Land (1922) – en français,  La Terre Vaine - or, avril lui fut un mois particulièrement cruel.

Le 3 avril 1895, s’ouvre à l’Old Bailey le premier des trois procès qui allaient bouleverser sa vie et marquer la fin de sa période créatrice. Reconnu coupable, Wilde ne vit pas, cette année-là, les lilas jaillir de la terre morte. À partir de ce jour, les pluies du printemps ne devaient plus réveiller les racines de sa création littéraire. Dans Sodome et Gomorrhe, Proust l’évoque à demi-mot, résumant ainsi la soudaineté de sa chute : « Poète la veille fêté dans tous les salons, applaudi dans tous les théâtres de Londres, chassé le lendemain de tous les garnis sans pouvoir trouver un oreiller où reposer sa tête (Gallimard, 1954, page 616).

En ce mois d’avril 1895, le destin de Wilde bascule. Il n’en mourra pas, mais sa vie, désormais, est fracassée. À sa sortie de la geôle de Reading, deux ans plus tard, il ne restait que cendres et poussières de son passé de porphyre. Libre, Wilde, les dissimula sous un masque  – celui de Sebastian Melmoth – pour les emporter en France où il espérait « retrouver son expression ».

Les bagages se révélèrent vite inutiles. La sentence prononcée à son encontre avait rendu pour lui toute terre vaine. Ainsi qu’il l’avait écrit dans De Profundis : « Toutes les sentences sont des sentences de mort ».

À Paris, Wilde repose aujourd’hui au Père-Lachaise. Jacob Epstein, qui connaissait son goût des masques, lui en façonna un dernier : un sphinx en plein vol, figé sur son sépulcre. En souvenir, peut-être, de ce cruel avril 1895, ce sphinx a les yeux clos. Il refuse de regarder les lilas refleurir en avril. Il ne voit pas, non plus, les pèlerins candides qui scellent son solipsisme de leurs rouges baisers. Icône païenne adorée pour ce qu’elle n’est pas, ce masque funéraire de Wilde a le regard tourné vers l’intérieur ; il fixe le mystère fondamental d’une destinée qu’il essaie de comprendre. Le bloc de roche dans lequel il est taillé vient d’un jardin merveilleux dont chaque pierre cache en elle un phénix.

DG/EV


2. LE MOT DE DONALD MEAD

Président (Chairman) de The Oscar Wilde Society

The Oscar Wilde Society was founded in 1990 and from the beginning has had a significant proportion of French members.  Despite occasional pressures for it to change direction and become ‘political’ it has remained steadfastly a literary society devoted to the congenial appreciation of Oscar Wilde, his life and his works.

The creation of a branch in Paris Société Oscar Wilde − by its enthusiastic founders, is a logical and most welcome development.  As part of its full programme of lectures, talks and discussions, the Society’s events regularly include visits to places associated with Wilde, where a vivid understanding of his life may be obtained by following in his footsteps with the help of a guide.  The Society’s first visit to Paris in 1993 was followed by visits to Dublin, Dieppe and Berneval, New York and Genoa.  These are a regular part of the programme of visits, and Society publications include short guidebooks prepared for members.

The Société aims to advance knowledge of Wilde’s circle in his Paris days, and to celebrate the literary links in his life and writings between Ireland, France and London.  This will, we are sure, mean that OWS members’ knowledge and understanding of Wilde, particularly his time in France, will be enriched

News of French books about Wilde and his circle, theatrical productions, films and exhibitions will now be available to us much more readily than before.  We look forward to working together on Wildean studies and research, and to joint events where we can enjoy Anglo-French co-operation in the congenial appreciation of Oscar Wilde.

*

The Oscar Wilde Society a été fondée en 1990, et depuis le début, elle a compté un nombre significatif de membres français. En dépit de certaines pressions occasionnelles pour lui imprimer une orientation plus politique, elle est fermement demeurée une société littéraire consacrée à l’appréciation d’Oscar Wilde, à sa vie et à ses œuvres.

La création d’une branche parisienne – La Société Oscar Wilde – par des fondateurs enthousiastes, se situe dans une logique de développement particulièrement bienvenue. Outre ses programmes habituels de conférences, d’entretiens et de discussions, The Society propose régulièrement des visites de lieux associés à Wilde, où marcher sur ses pas sous la conduite d’un guide mène à une compréhension plus intense de sa vie. La première visite de la Société à Paris en 1993 fut suivie de visites à Dublin, Dieppe, Berneval, New York et Gênes.. Ces villes font régulièrement partie de notre programme de visites, et les publications de la Société incluent de courts petits guides destinés à ses membres.

Les ambitions de la Société, branche française, sont de faire progresser la connaissance de Wilde et de son cercle pendant sa période parisienne, et de célébrer les liens littéraires – tant dans sa vie que dans ses œuvres – unissant l’Irlande, la France et Londres. Cela signifie, je n’en doute pas, que le savoir des membres de la OWS, comme leur compréhension intime de Wilde, celle, particulièrement, du temps qu’il passa à Paris, s’en trouveront enrichies. 

Les nouvelles parutions de livres français consacrés à Wilde et à son cercle, les productions théâtrales, les films et les expositions, seront désormais plus accessibles à chacun. Nous espérons vivement joindre nos efforts autour de la recherche et des études wildiennes, et jouir de cette coopération anglo-française pour une plaisante appréciation d’Oscar Wilde.


3.  PUBLICATIONS

Oscar Wilde -  Nouveaux essais de littérature et d’esthétique : 1886 – 1887 – traduit de l’anglais par Albert Savine – Editions du Sandre, Paris, 2006

ISBN 2-914958-36-6

Cette publication qui regroupe des chroniques publiées notamment dans Pall Mall Gazette, fait suite aux essais publiés en mai 2005 aux Editions du Sandre, sous le titre Essais de littérature et d’esthétique : 1855 – 1885 – traduit de l’anglais par Albert Savine – avec une préface de Laure Defiolles.

ISBN 2-914958-11-0

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Tzvetan Todorov – Les aventuriers de l’absolu – Editions Robert Laffont, Paris, 2006 –

ISBN 2-221-0996860

Compte-rendu de l’ouvrage de Tzvetan Todorov :

« Les aventuriers de l’absolu »

(Robert Laffont, 2006)

 

            1)    L’expérience et la recherche de Todorov

2)  Les points communs des trois auteurs choisis : Wilde, Rilke, Tsvetaeva

3)    Leurs divergences

**************

1)  L’expérience et la recherche de Todorov

Quelques notes du concerto « La Notte » de Vivaldi vont entraîner Tzvetan Todorov dans une réflexion sur l’investissement artistique quand il se veut d’abord instant divin de plénitude. Il décrit avec une simplicité nécessaire ce qui constitue selon lui la suspension d’une émotion qui permet à l’humain – être fini – de s’approprier une expérience de l’ordre de l’infini.Mais pour vivre cet instant rare et absolu, il faut pouvoir se détacher des codes pré-définis par la société qui nous imposent le sacré ou le sublime au lieu de nous permettre cette recherche intérieure, qui seule, nous offrira la sensation de vivre dans un au-delà, dégagé de l’influence de toutes extériorités aliénantes.

Un instant qui se chargera de transformer notre être. Définitivement.

Si l’auteur choisit Wilde, Rilke et Tsvetaeva, c’est parce qu’ils sont, selon lui, trois véritables « aventuriers de l’absolu » : ils ne respectent aucun chemin balisé, possèdent une volonté hors du commun de détruire des déterminations artistiques, sentimentales ou politiques quitte à détruire leur vie et celles de leurs proches. Ce sont « des explorateurs de l’extrême » (p.16)

2)  Les points communs des trois auteurs choisis :

Hormis la déchéance physique et morale ou le suicide, ces trois auteurs ont cru de par leurs passions éthiques et artistiques, réaliser seuls leur propre existence en se conformant à leurs principes individualistes. Todorov note p.197 : « Tous trois souffrent de ne pouvoir établir une continuité entre des entités qui pourtant n’existent pas isolément : soi et autrui, pour Wilde, création et existence pour Rilke, être et exister, sublime et quotidien pour Tsvetaeva. ». Mais cela ne les empêche nullement de redonner une dimension vitale à l’engagement dans le monde de l’art. Leur conception particulière de l’art en tant que grand stimulant de la vie, se conjugue avec leurs passions, les fins de l’intérêt particulier, et une satisfaction de l’égoïsme (qui n’est guère incompatible avec l’altruisme dans les trois cas).

Leur force résidera alors en ce point : ils ne tiennent compte d’aucune limite que leur imposent le droit et la moralité. Et cette force constituera dans un même mouvement une suite de déraisons et de violences qui ruinent certains projets et les jettent dans une affliction morale destructrice. La force se fait faiblesse, et les conduit à l’impasse. Vu de près.

Vu de loin, il nous semble difficile de ne pas songer à la notion de  l’esprit libre  nietzschéen – en particulier dans « Zarathoustra » quand il s’agit de mépriser l’humain trop humain pour vénérer le surhumain. Todorov fait de nombreuses références à Nietzsche qui, lui-même, a sacrifié bonheur, confort, honneurs et amitiés pour finir par trouver quelque chose de bien supérieur à ces satisfactions pitoyables : une justification de son existence.

Mais, pour ces trois auteurs, Todorov va mettre à jour une thèse fondamentale – sans toujours l’élaborer clairement – : avec du recul, chaque individu particulier, qui croit agir selon l’impulsion de sa propre passion, permet malgré lui, l’édification d’une œuvre plus universelle. Il faut donc savoir en payer le prix fort, sacrifier a priori des individualités pour le bonheur ultime d’autres humains.

3)  Leurs divergences :

Si, pour Wilde il s’agit d’être une œuvre d’art ou de mettre au monde une œuvre d’art, il ne faut pas davantage négliger l’épanouissement de soi. Or, à la différence de Wilde, pour Rilke, la vie ne doit pas être belle. Elle doit être consacrée entièrement à la vie artistique. Si Wilde s’égare parfois dans ses nombreuses conquêtes sexuelles et sentimentales, il les assume jusqu’au bout. Rilke, lui, multipliera peut-être ses conquêtes, mais en éprouvera régulièrement un tel dégoût que sa dépression s’accentuera au fil des ans. Il faut tout sacrifier pour l’art, être au service de l’art et se condamner à la solitude pour la mise au monde de toute création artistique.

Lorsque Wilde se complaisait souvent dans la vie mondaine en distillant sa verve entre deux verres de champagne et quelques bouquets de lys, Rilke fut incapable de rechercher à tout prix la renommée parce qu’elle ne pouvait que détruire le besoin intérieur de création, au profit d’intérêts extérieurs qu’il exécrait.

Il en est tout autrement de Tsvetaeva.

La création artistique ne se situe pas au sommet des activités humaines, mais elle reconnaît que la poésie en particulier doit révéler le monde, à l’aide des « spécialistes du monde » ; les savants, les ouvriers ou les paysans. La seule supériorité de la poésie  sera de pouvoir se projeter à l’intérieur des êtres et des objets « pour restituer leur âme et non seulement leur corps » (p.146). (Pour la poésie, la Russe Tsvetaeva – sous le régime bolchevique – va laisser une de ses filles mourir de faim et d’épuisement, et finira par se suicider en 1941 pendant l’invasion allemande).

En somme, Wilde, malgré « De profundis » et « La ballade de la geôle de Reading », sera incapable de produire d’autres œuvres à cause de l’absence de mondanité dont il se nourrissait, et le refus de vivre dans la pauvreté et sans amour. Rilke abandonnera femme et enfant, fuira toutes ses amantes et la célébrité au profit d’un dessèchement du cœur pour « magnifier l’art », tandis que Tsvetaeva, (même si elle aspire à s’identifier à elle-même et personne d’autre), n’aura de cesse de se préoccuper des êtres humains, malgré la mort de son enfant, et dans une misère absolue : « Ce que j’aime par-dessus tout au monde, c’est l’être humain, l’être vivant, l’âme  humaine – plus que la nature, plus que l’art, plus que tout. » (p.151)

Pourtant, il a bien fallu qu’à un moment, ces trois auteurs aient vu leur amour-propre satisfait, parce que leur passion était à l’origine de toutes leurs actions. Toutes les fibres intérieures de leur vouloir se sont concentrées pour réaliser leur Art.

Et Todorov de rappeler :

« En des temps troubles et dévorants, l’Art est nécessaire ; Rilke, mais aussi Wilde, Tsvetaeva et tant d’autres aident chacun à mieux penser et diriger son existence » (p.252)

Voilà qui justifie pleinement une épopée wildienne

« Rien de grand dans le monde, ne s’est accompli sans Passion. »

                                                          (Hegel,  Leçons sur la philosophie de l’histoire).

Lou. F

*

 

Pascal AquienOscar Wilde : les mots et les songes – Editions Aden, Croissy-Beaubourg (Seine et Marne) – collection Le Cercle des poètes disparus, 2006.

ISBN 2-84840-080-3

 

Professeur de littérature anglaise à l’Université de Paris IV Sorbonne,  Pascal Aquien a publié de nombreux articles et travaux, en particulier sur Auden et Wilde. Dans cette biographie, il s’attache à démontrer l’intérêt d’Oscar Wilde, tant pour la puissance des mots que pour son exigence en tant qu’homme de lettres.

 

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Thierry Rodange – Le diable entre au confessionnal : biographie de Hugues Rebell – Éditions Alteredit, Paris, 2006. ISBN 2-84633-091 - 3

 

Parallèlement à cette biographie, les éditions Alteredit publient trois romans d’Hugues Rebell dans leur collection « Les auteurs français 1900 » : La câlineuse, La brocanteuse d’amours et Baisers d’ennemis. (ISBN 2-84633 – 091 – 3, 2-84633 – 092 – 1, 2-84633 – 093 –X)

 

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Stéphane Mallarmé – Edouard Manet – illustrations d’ Edouard Manet – Edition de Isabella Checagglini – Editions l’Atelier des brisants, Mont-de-Marsan, 2006

ISBN 2-84623-081-1

 

Albert Thibaudet – La poésie de Stéphane Mallarmé – Gallimard, Paris, 2006

ISBN 2-07-077740-5

*

 

Jean Lorrain – Histoires de masques – Editions Ombres, Toulouse, 2006 – Petite Bibliothèque Ombres n° 152

*

 

Roger Bastide – Anatomie d’André Gide – préface de Claude Ravelet – Editions l’Harmattan, 2006

ISBN 2-296-00044-4

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La revue Europe consacre son numéro 925 à Marcel Schwob – Europe, Paris, 2006 –

ISBN 2-910814-99-8

 

Par ailleurs, à l’occasion de l’exposition organisée par la Bibliothèque de Nantes, les éditions Le Promeneur publient un album Marcel Schwob, l’homme au masque d’or (2006) qui rend hommage à l’auteur à travers de nombreux documents, essais, textes et images

ISBN 2-07-077746-4

 

On trouvera un article de Thomas Regnier consacré à cet ouvrage dans Le Magazine Littéraire d’avril n°452, p.19.

 

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4.  CONFERENCES

Dans le cadre du 46e Congrès de la SAES (Société des anglicistes de l’enseignement supérieur), qui se déroulera à Nantes les 12, 13 et 14 mai 2006, on pourra entendre les conférences suivantes :

Vendredi 12 mai à 15H00 – Atelier Psychanalyse et Littérature – Andréas Pilcher (Université de Provence) – « Le Secret de Dorian Gray »

Vendredi 12 mai à 15H30 – Atelier Art Anglais – Séverine Letalleur (A.T.E.R Paris II – Panthéon- Assas) – « Régulus » de Turner et Whistler.

Vendredi 12 mai à 16H30 – Françoise Baillet (I.U.F.M Versailles) – Images de l’étrange : Punch ou la « représentation » du paradigme bourgeois.

Samedi 13 mai à 9H20 – Gilbert Pham Thanh (Université Paris XIII) – Qu’ouir dans dix dandies queer ? : l’épreuve de l’étranger.


5.  THEATRE 

Productions récentes

Hérodias, d’après Gustave Flaubert,

Du 18 au 26 mars 2006, au Café de la Danse, 5, passage Louis-Philippe –Paris 11eme.

Adaptation et mise en scène de Olivier Poujol

Chorégraphie de Damiano Foà & Laura Simi

Images de Laurent Mathieu

Compagnie de l’Élan Bleu

Avec Soraya Djebbar, Pierre-François Doireau, Stéphane Fauvel,

Damiano Foà, Bruno Noël, Laura Simi, Gilles Szafirko.

 

Herodias

Productions en cours et à venir

Sarah, de John Murrel

Adaptation Théâtrale de Eric-Emmanuel Schmitt

Mise en scène : Xavier Marduel

Avec Jean-Yves Lenoir et Marie Françoise Savary

Du 11 mars au 8 Avril 2006

Théâtre Le Valet de Cœur – Clermont Ferrand

Cette pièce, qui a été donnée en 2003 au théâtre Edouard VII à Paris, avec Fanny Ardant et Robert Hirsh , met en scène le dernier été de Sarah Bernhardt alors qu’elle dicte ses mémoires à son secrétaire Georges Pitou. Elle évoque à cette occasion certains des personnages qui ont traversé sa vie : sa mère, l’impresario Jarrett qui organisa sa tournée américaine, et Oscar Wilde.

*

Le 8 avril 2006, L’Importance d’être Constant, sera donné à Oriel de Varces, en Isère, dans une mise en scène de Fabien Escalona.  Cette pièce sera reprise les 28 et 29 avril au Petit Théâtre à Grenoble et le 19 mai à l’Espace Saint-Martin, également à Grenoble.

Compagnie Les Aériens du spectacle – Mise en scène : Fabien Escalona – Lumières : Elodie Llinares – Costumes : Gisèle Madelaine – Assistant technique : Yann Bertrand – Chorégraphie Tango : Smahane Sola

Avec Madey Antoniolo : Miss Prism – Charly Escalona : révérend Chasuble – Anne-Sophie Galinier: Gwendolen Fairfax – Hélène Gaud: Lady Bracknell – Stéphane Pachurka: Algernon Moncrieff – Bernard Py: Mr Grisby – Olivier Quin: John WorthingChrystel Rochas: Cecily Cardew – Laurent Saucy : Lane, Merriman

www.les-aeriens.fr

 

Avis critique :

Lorsqu’un proche du metteur en scène Fabien Escalona eut l’heureuse indiscrétion de nous confier que ce dernier était âgé de 19 ans. Nous étions inquiets. Mais, dans sa lancée, il complète : « Et puis, vous savez, ce n’est pas sa première mise en scène, entre-temps il a eu son bac avec un 20/20 en Philosophie et maintenant il est polytechnicien. »

Restons zen.

Après tout diriger une troupe de comédiens, même aguerris, pour interpréter  « L’importance d’être Constant » requiert ingéniosité, diction parfaite, rythme exténuant ; des situations, des décors et des costumes que l’imagination doit exalter pour nous étourdir d’intelligence psychologique et artistique !

Pourtant, imaginez : sur la scène, ils ont mis en place un joli sofa couleur ocre, des rideaux assortis, deux chaises et une desserte…L’essentiel du décor est planté ; on sait au moins que l’on ne va pas jouer « En attendant Godot » quelle que soit la qualité bouleversante du texte de Beckett.

De plus, si l’on espérait retrouver les protagonistes de la pièce à l’époque victorienne, avec quelques ombrelles et des hauts-de-forme, c’était sans compter sur la liberté du texte de Wilde qui s’est toujours voulu sans unité de temps et de lieu et que Fabien Escalona va adapter dans une toute autre époque : les années 1960. Celles où l’on retrouve ces conflits inter-générationnels, où les valeurs morales et les goûts artistiques de la jeunesse agressaient leurs aînés de façon plus prononcée qu’aujourd’hui (en Europe).

Mais il s’agit d’Oscar Wilde.

La mémoire en alerte, les dents acérées, vous guettez les premières erreurs, réalisant dans un même mouvement à quel point le sacré et la notion de liberté se violentent en permanence pour l’amour du verbe wildien. Alors, dans un tourbillon coloré et dansant, les comédiens enjoués vont se suivre, s’agresser, se caresser avec une contenance que vous n’attendiez pas. À aucun moment l’esprit, le texte et ses rebondissements réjouissants ne seront trahis dans leur bouche et leurs intonations. L’essence ontologique wildienne est toute là.

Les acteurs, pour une Première, étaient certes tendus, bafouillaient parfois ou avaient quelques extinctions de voix passagères. Mais ce qui est très vite réconfortant, c’est la rage et la force mêlée à cette apparente légèreté dans leur comportement scénique qu’ils vont tous réveiller dès le second acte.

Un Algernon impétueux (et délicieusement hypocrite) – Stéphane Pachurka  trouve sa place dès le début et son aise apparente accompagne la verve de Wilde avec la fidélité que nous espérions.

La détente s’installe. John Worthing – Olivier Quin – s’impose au second acte. Sa voix porte, ses colères explosent enfin face à un (hypothétique) frère trop encombrant et une Lady BracknellHélène Gaud – à l’allure imposante. Celle-ci, malgré ses faiblesses vocales et une tonalité qui se devait plus autoritaire et moins monocorde,  parvient à se ressaisir petit à petit, laissant entrevoir toutes ses possibilités interprétatives pour une tante Augusta conformiste à souhait mais non moins imprévisible dans ses répliques –nous le savons .

GwendolenAnne-Sophie Galinier – et CecilyChrystel Rochas – maîtrisent leur texte, leur diction est soutenue et pourtant bien spirituelle dans la bouche de ces deux jeunes filles particulièrement séduisantes dans leurs multiples tenues affriolantes et très colorées…Leur rivalité temporaire est ingénieusement exprimée dans une danse que seul le tango pouvait accentuer avec beaucoup de classe. Il fallait y penser…

Miss PrismMadey Antoniolo et le révérend Chasuble – Charly Escalona – sont parfaitement crédibles ; tant dans leurs maladresses pré libidinales, que dans les tenues choisies avec soin par Gisèle Madelaine. Même le trac évident de Madey Antoniolo finit par convaincre qu’il s’agit là d’une maladresse toute puritaine !

Le majordome – Laurent Saucy   tire son épingle du jeu avec beaucoup d’aisance à la campagne surtout…Et pour finir, Mr GrisbyBernard Py – est hilarant dans son hébétude volontairement ridicule. La réaction du public est encourageante parce qu’elle rend hommage une nouvelle fois au génie de Wilde, pour la simple raison que l’on quitte les mots d’Oscar enivrés et heureux. Avec l’impression d’être intelligent.

Le principal regret ? C’est que les habitants de Varces aient peut-être préféré jouer au baby-foot ce soir-là, en dépensant plus d’argent qu’ils ne l’auraient fait pour cette ultime révérence théâtrale d’Oscar Wilde à l’Oriel.

Ils ont donc beaucoup perdu.

Lou. F

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du 29 mars au 1er avril 2006 à 19H00, Le Théâtre des 4 Coins présente une adaptation du Fantôme de Canterville, au Théâtre des Gros Becs, 1143, rue Saint-Jean, Québec.QC GIR153.

Texte, interprétation et mise en scène :Véronique Daudelin, Jean-François Hamel, Olivier Normand, et Kiervi Thienpont.

Directeur de jeu : Carole Cassistat

Décors : Émily Bélanger et Laurent Canniccioni

Costumes : Valérie Gagnon-Hamel

Musique : Mathieu Campagna

Chorégraphie : Harold Rhéaume

Éclairages : Maude Béty

Amour et horreur à Canterville

Le Théâtre des 4 coins a vu sa production du Fantôme de Canterville récompensée à deux reprises lors de l’édition 2006 de la remise des prix « Rideau » et « Roseq » (réseau des organisateurs de spectacle de l’est du Québec). Il s’agit d’une compagnie qui s’adresse essentiellement aux adolescents. Le Fantôme de Canterville est la toute première création du Théâtre des 4 Coins qui nous propose un voyage qui fait appel à l’imagination, dans un univers inventif et coloré entre campagne anglaise et manoir hanté.

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du 24 mars au 9 avril 2006, l’Opéra Royal de Wallonie présente La Chouette enrhumée dans le cadre de ses spectacles Petit Théâtre de la Jeunesse, rue de la Casquette à Liège.

La Chouette enrhumée, de Gérard Condé, est un opéra en un acte et sept tableaux  pour petites et grandes personnes, adapté du conte d’Oscar Wilde Le Géant Égoïste.  Le livret est de Sugeeta Fribourg. L’œuvre a été créée en 1997, à Paris, avec l’ensemble 2E2M placé sous la direction de Paul Méfano. Elle est écrite pour 5 chanteurs, un chœur d’enfants et 5 musiciens : flûte, clarinette, piano, violon, violoncelle.

Un enregistrement CD audio de cette œuvre existe aux éditions Textivore. En outre, le livret original intégral de ce conte musical est paru en 2004 aux éditions Premières Loges (Collection Opéra d’aujourd’hui, n°9) avec un commentaire littéraire et musical de Jean-François Boukobza.

Visuel La chouette enrhumée  


 

6.  WILDE, VERSION FRANÇAISE

Danielle Morris : L’Ami de Bunbury, éditions des écrivains, 2004, ISBN 2-748060527-9

« Vous vous appelez  Bunbury ?

Oui, mon nom est Bunbury Kingsberry.

Et vous prétendez, ou plus exactement vous affirmez pouvoir me raconter la vie d’Oscar Wilde, car non seulement vous le connaissiez, mais vous étiez son ami.

[…]

Exact […], et sans  moi vous ne pourriez écrire ce livre. Alors, écoutez-moi raconter l’histoire d’Oscar […] Oubliez le temps, écoutez-moi ; laissez-moi vous emporter par la magie d’un amour immortel. »

C’est au travers du malade chronique de L’importance d’être Constant, par la bouche de cet ami imaginaire obstinément moribond, que Danielle Morris a choisi de raconter la vie d’Oscar Wilde.

« J’ai eu depuis longtemps une sorte de relation quasi obsessionnelle avec Oscar Wilde », avoue-t-elle. « Bien sûr, je sais que je ne suis pas la seule à penser qu’il habite chez moi, mais il commençait à prendre beaucoup de place […] Pour mettre un peu d’ordre, j’ai décidé d’écrire quelque chose sur lui. La biographie s’imposait, mais il y en avait tant d’excellentes, à commencer par le monument de Richard Ellman. […] C’est en relisant « L’importance d’être Constant » que l’idée m’est venue. […] Aussitôt Bunbury eut un visage pour moi et il accepta d’être mon excuse. J’allais pouvoir  écrire une biographie « objective » sous la dictée « émotionnelle et engagée » d’un témoin virtuel exprimant une amitié éternelle. Bunbury allait me raconter l’histoire de son ami Oscar Wilde. C’est ainsi que naquit L’Ami de Bunbury. »

 

Christian Morris, a été avocat pénaliste pendant huit ans avant de devenir psychothérapeute. Gagné par la passion de sa femme Danielle pour Oscar Wilde, il lui a consacré une conférence sur le thème « Oscar Wilde : La Crypte et le fantôme » où il s’interroge sur les arcanes et les secrets de la famille Wilde, en particulier à travers le sous-texte du Fantôme de Canterville.

« Á la génération d’Oscar, ce sont trois sœurs qui meurent tragiquement pour laisser les trois frères, seuls habilités à transmettre le nom, en présence.

C’est une jeune fille, Virginia, sœur des trois frères, qui sera amenée à libérer le fantôme, évocation d’une Isola cryptée dans l’inconscient littéraire d’Oscar.

« C’est vous », dit-elle au fantôme, « qui avez volé les couleurs de ma boite d’aquarelle pour essayer de raviver cette ridicule tache de sang dans la bibliothèque […] si bien que je ne pouvais plus peindre que des clairs de lune, qui sont toujours tellement déprimants à regarder… »

Et la prophétie, que dit-elle ?

« Quand une fillette aux cheveux d’or obtiendra

Une prière des lèvres du péché ingrat,

Quand l’amandier stérile retrouvera sa fleur,

Quand un enfant innocent versera des pleurs,

Le calme viendra ici élire son domicile

Et la paix sera revenue sur Canterville. »

 

Que veut-il ce fantôme ?

Parler du nom, indûment transmis, dès la génération de Thomas, ou évoquer déjà la présence, dans cette fratrie, d’un enfant illégitime, écarté de la succession.

Ah, si Virginia pouvait revenir du royaume des morts, la Crypte dans le « moi » d’Oscar n’aurait plus lieu d’être, et le fantôme qui y habite pourrait être libéré ou exproprié.

Oscar la ressuscite : « Virginia apparut sur le palier, très pâle et toute blanche, un coffret entre les mains » […] Oscar croit le fantôme libéré. C’était sa toute première histoire. Mais Isola n’est pas revenue, et le fantôme est passé de l’écrit à l’écrivain. Et il a eu son dû.

Dans la descendance d’Oscar, les filles ne sont pas remontées sur le bateau. Les garçons ne portent plus le nom de Wilde, le nom du Père. »

Danielle et Christian Morris écrivent actuellement en commun une pièce intitulée « Sigmund FREUD et le fantôme d'Oscar WILDE".

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7.  OSCAR WILDE ET LA QUINZAINE LITTERAIRE

Pour célébrer le quarantième anniversaire de la La Quinzaine Littéraire, nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs une table des articles publiés depuis 1976 dans ce distingué bimestriel.

Celle-ci marque le commencement d’une bibliographie française wildienne que la Société s’est donnée pour tâche de compléter, en même temps qu’une compilation des productions théâtrales, filmographiques et radiodiffusées françaises des œuvres de Wilde. Pour consulter cette table suivez le lien www.irishdiaspora.net sous la rubrique THE OSCHOLARS, puis suivre le lien Société Oscar Wilde ; ou cliquez. .

 

 

8.  CINEMA, TELEVISION, RADIO, DVD , CD

 

Télévision

La chaîne du câble « Cinéma Premier » diffuse le film de Stephen Norrington (USA-2003) La Ligue des gentlemen extraordinaires, dont Dorian Gray est l’un des héros, le mercredi 5 avril à 20H45, puis le jeudi 6 avril à 23H00 et le dimanche 16 avril à 290H45.

DVD

Un DVD du film d’Albert Lewin, Le Portrait de Dorian Gray (1945) vient de sortir chez Warner, dans la collection « Sélection Classique » - Légendes du cinéma.  Avec George Sanders, Hurd Hatfield, Donna Reed, Angela Lansbury, Peter Lawford, Lowell Gilmore, Richard Fraser.

CD

Le label Nimbus consacre un enregistrement CD au compositeur autrichien Franz Schreker, en particulier à sa première œuvre, le ballet/pantomime Der Geburstag der Infantin (L’Anniversaire de l’Infante), d’après Oscar Wilde, commande des célèbres danseuses viennoises Grete et Elsa Wiesenthal. Sous l’égide de Gustav Klimt, celles-ci se produisirent avec un vif succès sur cette musique pour l’ouverture du Kunstschau Wien, dédié à l’art contemporain autrichien. C’est ici la version originale de 1908 pour petit ensemble, qui nous est offerte (l’œuvre devrait être orchestrée en 1923 pour grand orchestre).

Franz Schreker – Luzerner sinfonieorchester – direction : John Axelrod – Nimbus – réf NI 5753.


 

9.  THE WILDEAN – INTENTIONS

Nous vous rappelons que The Oscar Wilde Society, Londres, vient de publier en janvier le numéro 28 de The Wildean et qu’en avril, est paru le numéro 49 du bulletin Intentions. Si vous souhaitez recevoir ces publications, vous pouvez contacter Vanessa@oscarwildesociety.co.uk

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In a dim corner of my room for longer than my fancy thinks

A beautiful and silent Sphinx has watched me through the shifting gloom.

 

Dans un angle sombre de ma chambre, pendant plus de temps que n’en conçoit mon imagination,

une belle et silencieuse Sphinge m’a contemplé à travers les ondoiements des ténèbres.

La Sphinge

 

 

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