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NUMÉRO 20 : MAI/JUIN 2009
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§9.
wilde ET SES INTERPRÈTES
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The importance of being Oscar : le rôle d’une vie |
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Par Danielle Guérin
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De son vrai
nom Alfred Willmore, Micheál MacLiammóir est né en
Irlande, à Blackrock, une banlieue de Cork, le 25 octobre 1899. Du moins
est-ce la légende couramment admise. Car en réalité, Micheál MacLiammóir n’aurait
pas de racines irlandaises et serait né à Londres, fils de Mary Elisabeth Lee
et Alfred Willmore.
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Il est encore enfant quand, en 1911, il fait sa
première apparition au théâtre Duke of York, où il joue le rôle de Michael
dans la pièce Peter Pan, avec
Pauline Chase dans le rôle titre. L’année suivante, il est présenté à Sarah
Bernhardt et invité par Sir Herbert Beerbohm Tree à tenir le rôle d’Oliver
Twist dans la pièce du même nom.
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Il étudie ensuite à la Willesden Polytechnic School,
et par admiration pour Yeats, commence à cultiver son identité irlandaise. En
1927, son beau-frère lui présente Hilton Edwards, qui sera son partenaire au
théâtre et dans la vie. C’est avec lui qu’il fonde le Gate Theatre de Dublin
qui ouvre le 12 Octobre 1928 en affichant Peter
Gynt. Il va alors triompher dans une succession de rôles (Roméo, Richard
III, Hamlet, etc…)
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C’est en 1960 qu’il va créer le spectacle qu’il
continuera à jouer jusqu’à la fin de sa vie. The Importance of being Oscar[1] est
présenté pour la première fois dans le cadre du Dublin Theatre Festival le 19
septembre 1960, dans une mise en scène de Hilton
Edwards, et des décors de Molly McEwen. Il ne quittera plus le répertoire de Micheál MacLiammóir jusqu’à la fin de sa carrière.
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The importance
of being Oscar confirme la stature d’Oscar Wilde en tant
qu’artiste. Seul en scène pendant plus de deux heures, Micheál MacLiammóir propose
un patchwork des œuvres de Wilde – poésie, proses, lettres et écrits
dramatiques – entrecoupés d’éléments biographiques, par ordre chronologique.
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Le succès
de The importance of being Earnest s’est
affirmé partout sans exception, d’abord à Dublin, puis dans tous les endroits
du monde où il s’est transporté plusieurs années durant. C’est d’abord
Londres qui prend la relève sous l’égide de Sir Michael Redgrave et de M.
Fred Sadoff, à l’Appolo Theatre puis au Royal Court Theatre. Dans l’un et
l’autre lieu, le spectacle est reçu avec enthousiasme. Une tournée anglaise
est suivie par une saison au Lyceum Theatre de New-York (31 représentations
entre le 14 mars et le 8 avril 1961) où les éloges de la critique surpassent
celles de Londres. Ce succès se prolonge par une tournée aux Etats-Unis puis
dans les grandes capitales de l’Amérique latine.
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The Importance of Being Oscar revient
alors en Europe pour y rencontrer un triomphe unanime. À Paris, au théâtre du
Vieux Colombier, tous les records de fréquentations dans ce théâtre sont
battus. En Suisse, en Belgique, en Hollande, puis à Rome et à Athènes, MacLiammóir
reçoit partout les mêmes ovations. Suivent encore l’Afrique du Sud,
l’Australie et la Nouvelle Zélande.
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L’intérêt
que MacLiammóir porte à Wilde est dans sa vie une assez vieille histoire.
C’est d’ailleurs à son instigation qu’on placera une place commémorant le
centenaire de Wilde sur sa maison natale à Dublin. Mais c’est en interprétant
le juge Brack dans Hedda Gabler qu’il rencontre le producteur Peter Ashmore,
autre fervent admirateur de Wilde, qui l’encourage à se lancer dans
l’aventure de cette saga wildienne.
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The Importance of being Oscar ne se
limite pas à un récital en prose et en vers : c’est un portrait en
profondeur qui ne présente pas seulement Wilde, l’artiste, mais également
l’homme Wilde, avec ses émotions, ses actes et ses pensées intimes.
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Le décor,
intemporel, se composait de meubles élégants – table, sofa, une chaise, un
tapis, et sur une sellette, un grand vase rempli de lys blancs qui, dans la
deuxième partie, étaient remplacés par des feuillages d’automne.
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MacLiammóir
donna sa dernière représentation dans le théâtre où le spectacle avait été
créé, le Gate Theatre de Dublin, en décembre 1975, à la veille de son entrée
à l’hôpital pour une grave opération. Il devait mourir à Dublin un peu plus
de deux ans plus tard, le 6 mars 1978.
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Le
spectacle a été filmé pour la télévision par la RTE de Dublin. Il a fait
l’objet d’un enregistrement CBS.
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Le texte a
été imprimé pour la première fois en 1963 aux éditions Dolmen Press (seconde
édition en 1978). Il a été publié en Grande Bretagne en 1995 par Colin Smythe
Limited, Gerrards Cross, Buckinghamshire.
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La pièce a
été reprise plusieurs fois par différents interprètes, l’un des plus récents
étant Simon Callow au Savoy Theatre en 1997.
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[1] Le spectacle se
composait de deux parties :
1ere partie : The
Happy Prince and the Green Carnation : Hélas – Introduction to an
Aesthete – Lily Langtry – Art in Leadville – The Green Carnation – Lord Goring
and a Buttonhole – The Harlot’s House – The Picture of Dorian Gray – Lord
Alfred – Art and Life – The Jewels of Herode – A telegram to the Sphinx – Lady
Bracknell Says “No” – The Last First Night – A Bouquet from the Marquis – A
letter to Robbie Ross.
Les procès d’Oscar Wilde sont censés se dérouler pendant
l’entracte
2e partie : De Profundis : The Sentence – Conjecture – Ross receivs
Instructions – De Profundis – Literature and the Warder – A Welcome from the
Sphinx – With André Gide à Berneval – Return to Lord Alfred – The Ballad of
Reading Gaol – Aftermath – The rue des Beaux Arts – Prose Poem on the Boulevard
des Italiens – The Curtain falls in the Hôtel d’Alsace