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NUMÉRO 20 : MAI/JUIN 2009
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§10. THE CRITIC AS
ARTIST
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Critique Littéraire |
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Compte-rendu de l’édition Salomé
de la Fondation Martin Bodmer Oscar Wilde, Salomé,
PUF / Fondation Martin Bodmer, Par Atsuko Ogane |
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Le cahier du Salomé
d’Oscar Wilde conservé à la Fondation Martin Bodmer a été publié en facsimilé
dans la collection Sources. En
réunissant les deux premières éditions, cette édition de Salomé offre
l’un des documents les plus rares et les plus incontournables des ouvrages
wildiens pour les spécialistes ou les amateurs. Sauf en ce qui concerne les
généticiens ou les éditeurs des manuscrits, on a rarement eu accès jusqu’à
aujourd’hui à ce premier manuscrit des avant-textes de Salomé, écrit en 1891 à
Paris. On sait bien le propos de Wilde : « Si le cahier n’avait pas été
là sur la table, je n’aurais jamais songé à faire une chose pareille. »,
et il s’agit justement de ce cahier légendaire de Salomé du Boulevard
des Capucines, qui est devenu l’un des plus grands mythes de Femme Fatale de
la fin-de-siècle. En feuilletant cet ouvrage reproduisant le premier constat
de la formation mythique, plus d’un lecteur sentira battre son cœur, à la
recherche de la germination du mythe. |
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Comme
Sylviane Messerli l’a bien présenté dans son introduction, il existe trois
manuscrits du Salomé de Wilde : la version primitive conservée à
la Fondation Martin Bodmer, une autre version qui se trouve à l’université du
Texas (Harry Ransom Humanities Reserch Center), la troisième version étant
conservée à la Fondation Rosenbach de Philadelphie, avec la correction de
Pierre Louÿs. À notre surprise, une lecture de ce manuscrit nous révèle que
la fameuse indication scénique « Salomé danse la danse des sept
voiles » ne figure pas au premier stade dont la version reste fort
incomplète encore. En témoigne la remarque de Sylviane Messerli :
« l’analyse des manuscrits de Salomé contredit néanmoins la
légende, romantique, d’une création en une journée. » Désormais, nous
attendons l’étude génétique qui démontrerait comment s’articulaient tous les
stades des manuscrits et la correction des amis de Wilde en France et en
Angleterre pour arriver à la version définitive. À cela devrait s’ajouter une
approche sur le plan de l’exogenèse, soit l’influence des documents livresques
dont Wilde s’est servi. Si Wilde a été très souvent critiqué sur leur
utilisation, il faudrait savoir la façon spécifique dont il inséra d’autres
œuvres littéraires contemporaines, notamment Flaubert, Maeterlink, Mallarmé,
Huysmans, comme l’a précisément souligné Pascal Aquien dans son introduction
de l’édition bilingue de Salomé (GF-Flammarion, Paris, 1993). |
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Accompagnée
des deux premières éditions, française (1983) et anglaise(1894), celle-ci,
qui comporte les illustrations légendaires d’Aubrey Beardsley, permet une
intéressante confrontation : P. Aquien et S.Messerli ont déjà énuméré
plusieurs points importants du décalage et des modifications intervenues
entre les deux premières éditions. Mais les lecteurs avertis et les
spécialistes de Wilde pourront désormais comparer ces trois étapes tout au
long de leur lecture. |
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Pour finir,
nous voudrions insister sur la préface de Charles Méla et l’introduction de
Sylviane Messerli, qui nous apportent de nouveaux éclairages et de nouvelles
interprétations fort intéressantes et perspicaces ― le lien entre
l’esthétique et le goût de la souffrance chez Wilde, l’efficacité du choix de
la langue française pour l’écriture de Salomé, l’importance des
figures de style et de la poétique chez Wilde, un relevé des Cantiques des
cantiques et des Evangiles en tant que source importante des
phrases dans Salomé, entre autres. Cet ouvrage à la fois génétique et
fondamental nous fascinera désormais avec sa couverture rouge et noire voyante
comme un coffre de bijoux de la fin-de-siècle. |
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Atsuko Ogane |
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