NUMÉRO 23 : NOVEMBRE/DECEMBRE 2009

§7. ARTICLES ET CONFÉRENCES

RÉFLEXIONS SUR LA POÉTIQUE DU TITRE THE PICTURE OF DORIAN GRAY (1890) D’OSCAR WILDE

Par Emmanuel Vernadakis

(Article traduit du Grec)

Publié sous le titre « Lecture grecque du titre The Picture of Dorian Gray »
dans
Η Αυγή, κυριακάτικη – Supplément littéraire de L’Aurore[1], 15 déc. 2002

lippincott's magazine

Sur la première de couverture de la revue américaine du XIXème siècle Lippincott’s Magazine, après le sommaire, le nom  de la capitale britannique figure en fin de page, centré et en majuscules. À une époque où l’Amérique fait encore partie de la périphérie, cet ancrage à Londres donne une valeur supplémentaire à la revue qui invite les Américains lettrés auxquels elle s’adresse à la rencontre d’un centre—historique, culturel et artistique—qu’ils considèrent comme leur métropole : Londres est pour eux une « cité-mère » qui se situe à mi-chemin entre réalité et mythe. C’est, on peut supposer, l’une des raisons qui justifie l’enregistrement officiel de cette publication à Londres. C’est probablement cette image que J. M. Stoddart, son directeur, cherche à cultiver en demandant des collaborations aux auteurs britanniques en vogue. C’est à sa demande, en tout cas, que Wilde écrit The Picture of Dorian Gray, paru dans le Lippincott’s de juin 1890, roman qui contribue décisivement à l’expansion du mythe littéraire de Londres.

Initialement, The Picture of Dorian Gray est, donc écrit pour un public étranger. Étranger lui-même, Wilde sait comment  adapter le Londres de Dickens aux besoins de ce public d’Américains lettrés.  Labyrinthe fascinant et dangereux, le Londres de Dorian Gray est conçu pour un public en quête de traditions, pour un public qui cherche à inventer son passé. Ville de Lotophages, de Gorgones et de Sirènes modernes, dans ses salons, clubs et fumeries d’opium, le Londres de Wilde abrite aussi des Pygmalion, des Narcisse ou des Adonis en tenue de dandy. A mi-chemin entre réalité et mythe c’est un Londres fait par un Irlandais pour satisfaire les attentes d’un public américain.

La vision américaine de Londres en métropole culturelle a quelques équivalents en Europe. Parce que, comme Nouveau Monde, le vieux continent est, au long du XIXème siècle, lui aussi en quête de nouvelles valeurs dans un passé qu’il situe également à mi-chemin entre la réalité et le mythe. Les Européens lettrés trouvent ces équivalents dans les livres de religion, de mythologie, de fiction ou d’histoire ancienne. Selon le contexte et les individus, les métropoles culturelles du continent européen correspondent à Jérusalem, Rome ou Athènes.

Sur le plan intellectuel, les Britanniques se veulent surtout les héritiers des Grecs. Chez les victoriens, on le sait, l’analogie entre Grèce antique et Angleterre moderne constitue un lieu commun. Nombre de penseurs imaginent d’ailleurs que les Anglais pourraient assurer, dans le monde moderne, la mission civilisatrice que les Grecs avaient accomplie dans l’antiquité[2].

Si le Londres de Dorian Gray doit son existence aux américains lettrés, le cadre référentiel du roman sort de cette analogie, un peu naïve, des intellectuels britanniques qui cherchent leurs modèles dans le passé. Non pas que Wilde adhère aux raisonnements de ses contemporains, Américains ou Britanniques – il n’y adhère guère ; mais, au moment où tous sont en train de définir ou redéfinir les valeurs de la société à venir, par esprit de contradiction, il veut leur montrer les dangers du retour aux sources d’une société mourante. Pour saisir les nuances du roman, il est opportun de le lire selon les impératifs de ce cadre référentiel. Soumis à l’épreuve d’une lecture « grecque », le roman révèle nombre d’informations qui, autrement, restent latentes. En guise de preuve, je vous propose ici une lecture « grecque » du titre : The Picture of Dorian Gray.

Composé d’un nom commun (picture) et de deux noms propres (Dorian et Gray), le titre s’ouvre en deux comme un livre ou, mieux, comme un diptyque. Le premier battant, le nom commun, présente une image – un portrait ; son modèle se constitue de deux noms propres qui figurent sur le deuxième battant. La thématique de la représentation constitue ainsi le pivot autour duquel  évoluent les deux parties de l’énoncé et leur symbolisme.

Commençons avec la poétique du premier battant, le nom commun : The Picture/ Le portrait. La théorie de l’imitation que Platon et Aristote appellent mimésis constitue le premier jalon du cadre qui en délimite le sens. Pour Platon, comme pour Aristote, la mimésis est une représentation imitative d’êtres, d’objets, d’actions etc., dont l’artiste rencontre l’original dans la réalité.

Selon Aristote, la mimésis est une imitation cérébrale et ludique de la nature. La reconnaissance de l’original derrière l’imitation procure, chez le spectateur, un plaisir esthétique dont l’intensité dépend du degré de vraisemblance de l’objet imité : plus l’artiste suit les lois naturelles, plus le plaisir est franc.

Selon Platon, la mimésis éloigne le spectateur de la vérité, notion que l’esprit ne peut pas concevoir tant qu’il réside dans la prison du corps. L’artiste platonicien qui, comme nous tous, vit dans un monde d’impressions, reproduit des imitations illusoires qui détournent doublement le spectateur de la vérité déjà déformée par la nature. Ces théories opposées coexistent, ainsi qu’on le verra, dans le premier battant du titre.

Par définition, le terme Picture,  annonce une imitation aristotélicienne. Wilde place l’original imité (Dorian Gray) à côté de sa représentation (le portrait) pour que le lecteur puisse facilement comparer et éventuellement reconnaître le vrai derrière le faux et s’en réjouir. Cependant,  l’original qui se trouve de l’autre côté du miroir, sur le deuxième battant du diptyque, rend la situation complexe. Car Wilde imite la nature au point d’introduire dans son titre le nom d’un être en chair et en os. Il s’agit, on le sait, du jeune poète John Gray[3] homonyme du personnage éponyme qui, de surcroît, est l’amant de Wilde durant la composition de la première version du roman. Ce lien entre la vie et l’œuvre de l’auteur fait que la fiction cite la réalité au lieu de l’imiter ; si bien que la frontière entre nature et représentation devient perméable. Le mécanisme du plaisir esthétique chez le lecteur devrait alors se voir modifié. Il ne s’agit plus de reconnaître la nature derrière son imitation mais de découvrir les nouvelles règles du jeu de la mimésis.

Passons à Platon. Le portrait qu’annonce le premier battant du titre rend explicite la distance entre modèle et représentation. L’œuvre qui suit, dit le titre, éloigne trois fois le lecteur de la vérité. Son sujet n’est pas le dénommé Dorian Gray mais une image qui l’imite, son tableau, sa représentation artistique. Puisque le roman imite l’imitation d’une imitation, ceux qui connaissent la position radicale de Platon sur l’art et sur la place qu’il réserve à l’artiste dans la cité (La République),  accueillent son titre comme un avertissement. Avant de le faire explicitement dans la préface  de la version de 1891, c’est avec son titre que l’auteur prévient le lecteur du danger qui le guette dans l’œuvre qui suit.

Soumis à une lecture grecque, le deuxième battant du diptyque se révèle aussi significatif. Son premier élément, Dorian, est inventé par Wilde pour indiquer d’abord les origines symboliques du modèle. Ce nom propre dérive de Dorien, le descendant de Doros, fils d’Hellène, fondateur mythique du peuple grec. Les Doriens étaient, en effet, l’une des premières tribus grecques à s’installer dans l’espace hellénique. Le prénom évoque ainsi l’attachement du personnage d’une part à la mythologie grecque, d’autre part à l’hellénisme historique. Pour ce qui concerne la mythologie, les mythes de Narcisse, de Midas, de Pygmalion et bien d’autres prêtent leur trame à l’odyssée que Dorian parcourt dans le labyrinthe de Londres. Quant aux implications historiques qui s’attachent à ce prénom, Wilde qui défend l’homosexualité de manière engagée, prénomme son personnage Dorian parce que les Doriens avaient élevé l’homosexualité au rang d’une institution[4].

L’hellénisme de Dorian se manifeste aussi par la notion du destin que l’étymologie de son prénom rattache à une conception tragique de la vie. En effet, Dorien vient du nom doron  « don », « présent », « cadeau », en anglais « gift ». Dorian apparaît ainsi soit comme un présent en soi (a gift), soit en tant que jeune homme « doué » ou « doté » de quelque chose (gifted). A l’exception d’Harry, contemplateur cérébral pour qui le monde matériel présente uniquement un intérêt d’expérimentation, les personnages à qui Dorian offre son amitié, son amour, sa personne, se voient moralement ou physiquement détruits. C’est le cas de tous les jeunes gens dont parle Basil lors de sa dernière rencontre avec Dorian. C’est aussi le cas de Sybil Vane et de Basil lui-même.

Le célèbre mot de Virgile « méfie-toi des Grecs même lorsqu’ils apportent des présents » fonctionne ici comme un oracle sibyllin inclus dans le prénom du héros[5].  Pour illustrer ce dicton, le motif de la femme fatale est adapté à ce personnage masculin qui, par le défi qu’il lance à Dieu (il vend son âme au diable pour que son portrait vieillisse à sa place), l’associe au mythe de Don Juan. Ce mé-tissage conduit Dorian vers la tragédie : Wilde, son auteur, rejoint cette vue de l’antiquité qui percevait une hubris dans la manifestation excessive d’un don naturel[6]. Dorian est puni par les dieux d’être trop beau. Sa beauté l’aveugle. Aussi, se tue-t-il alors qu’il croit poignarder son portrait.

Le nom de famille « Gray » constitue le deuxième nom propre dont est fait le modèle du portrait. Soumis à une lecture grecque celui-ci révèle également du sens poétique.  Pour commencer, il faut considérer le nom « Gray » dans sa relation à Dorian, qui, on l’a vu, signifie « Grec ». Or Gray n’est pas grec ; et ce qui n’est pas grec c’est, par définition,  barbare. Nom « barbare », Gray se trouve ainsi diamétralement opposé au prénom de Dorian : si le prénom conduit en Grèce, à l’histoire ancienne, à la mythologie païenne et à la littérature « réaliste » de l’antiquité classique, ancré  dans l’étymologie de la langue anglaise « Gray », on le verra, se rattache au monde anglo-saxon, au christianisme, à la littérature fantastique moderne et à une tradition puritaine que l’Angleterre victorienne partage avec l’Amérique—du moins en partie.

Si le prénom « Dorian » est opaque[7],  le nom « Gray » ne l’est pas.

En tant que nom commun, « gray » indique une couleur : le gris. Le blanc et le noir dont le gris est la fusion, rattachent Gray au système chrétien où ces couleurs sont des représentations conventionnelles du  bien et du mal[8].

Par opposition aux notions de clarté, de lumière, de transparence etc. qui s’associent à l’hellénisme du nom propre « Dorian », « Gray » évoque la grisaille atmosphérique de Londres, célèbre au siècle dernier pour ses « fogs ». De manière syecdochique, cette grisaille évoque aussi la vision nébuleuse dont on a parlé, celle que les Américains lettrés pourraient avoir de Londres à mi-chemin entre mythe et réalité.

Dans cette perspective, le nom propre « Gray » annonce l’entre-deux d’un traitement fantastique du sujet, à mi-chemin entre réalité et rêve : le roman gothique. Le lien entre le nom de Gray et le gothique s’établit par le biais du mot « barbare » qui, selon le Dictionary of the English Language (1755) de Samuel Johnson, est synonyme de «gothique[9] ». Inventé par Horace Walpole (1717-1797) le roman gothique ouvre pour le lecteur les portes de l’imaginaire. Ses paysages sublimes élèvent l’âme vers la divinité alors que ses labyrinthes souterrains sont hantés par les puissances des ténèbres – ce qui rejoint le symbolisme chrétien de l’opposition (et de la fusion) entre le blanc et le noir dans « Gray ».

Le mode gothique se rattache au titre par la thématique de représentation introduite par le nom commun du premier battant : The Picture. Le roman gothique s’oppose, on le sait, à la mimésis aristotélicienne. En effet, les événements que relate le roman gothique sont imaginaires et ne suivent pas les règles de la nature ni n’imitent la réalité parce qu’ils ne peuvent pas se produire dans celle-ci.

Dans la mesure où The Picture of Dorian Gray est initialement composé pour un public américain, cet élément gothique qui évoque, certes Poe, fait aussi de Gray un cousin de Brown[10], le sombre jeune maître de Hawthorne. Le nom propre « Gray » s’oppose ainsi au nom propre « Dorian » par son origine anglo-saxonne, son caractère fantastique  et son symbolisme chrétien, voire puritain. Le premier battant du diptyque – le nom commun – se trouve alors défini par le second – les deux noms propres.

Fait de mimésis grecque et de fantastique anglo-saxon, le modèle indique que son portrait mélange deux modes incompatibles. A son tour, le nom commun du premier battant renvoie une image de l’original fait de deux composants en rivalité : un héros Grec qui se rattache au concret et un héros puritain qui vit dans l’imaginaire et le fantasme.

Portrait incongru et noms antagoniques illustrent un conflit culturel entre hellénisme et hébraïsme, identifié et défini en Allemagne par Henrich Heine et dont les victoriens héritent. Les deux courants de pensée opposent, symboliquement, Apollon et Iahvé et concrètement des valeurs esthétiques visant la forme et des valeurs morales. Le courant hébraïque du conflit qui défend des valeurs spirituelles et morales, voire puritaines, comme l’abnégation et la retenue, et qui est représenté dans le titre par « Gray », trouve son porte-parole dans le personnage de Basil Hallward. Le courant hellénique qui promeut des valeurs esthétiques et matérialistes comme la beauté et le plaisir des sens et qui est représenté par le prénom « Dorian », trouve son ambassadeur dans le personnage de  Henry Wotton. Harry et Basil sont ainsi opposés d’emblée dans Dorian Gray. Harry, le Grec, le noble, l’oisif, est un être diabolique – (Old) Harry est d’ailleurs un nom conventionnel donné au diable dans nombre de miracles médiévaux – qui représente les exigences du corps périssable. Doté d’un pouvoir royal que lui confère son nom et son art, Basil[11], l’Hébreux, l’artiste, est un barbare, un puritain qui représente les besoins de l’âme immortelle. Noble et barbare, artiste et oisif, Hellène et Hébreux, mortel et immortel… Dorian pourrait être tout à la fois. Et cependant, il n’en est rien.

Conçu en surhomme, fait des mêmes particules culturelles que le personnage du Christ,  Dorian ne parvient pas à vivre à la hauteur de sa personnalité,  à réaliser la promesse d’unité surhumaine annoncée par la composition antinomique de son nom, parce qu’il  vit dans un mode de séparation qui ignore fusion et métissage. Il est incapable de faire cohabiter en lui Harry et Basil, le grec et l’hébreux, le noble et le barbare – en fin de compte le corps et l’âme de la culture occidentale. Ni homme ni dieu, le personnage finit son existence en corps indéfinissable : « It was not till they had examined the rings that they recognised who it  was. » Le surhomme se transforme en « it ». « Those who make any difference between body and soul have neither[12], » dit par ailleurs Wilde.

C’est en cela que Dorian Gray diffère des autres personnages auxquels il ressemble, de tous les romans dont il reflète l’intrigue. Ni Poe, ni Gautier, ni Balzac et encore moins Huysmans n’avaient songé à la création d’un personnage allégorique aussi creux de l’ampleur de Dorian Gray. Diachronique, le miroir qu’il lève à nos yeux nous montre une image du chrétien qui, dépourvu de personnalité, finit victime de l’union de l’hébraïsme et de l’hellénisme qu’a expérimentée le christianisme. Entre l’or et le souffre, le livre sur lequel Dorian fonde son existence est Jaune. Il reflète aussi l’ambiguïté de l’entre-deux pour offrir à Gray une vision idéale mais morte de la vie. Le livre Jaune c’est l’évangile de Dorian qui fait de lui une  parodie du chrétien idéal. Dorian n’est que l’ombre de cet idéal, au sens platonicien du mot ; ombre grise et déformée d’un antéchrist.

Dans Dorian Gray l’Occident reconnaît son rêve et sa défaite. Le projet, initialement chrétien, de faire de l’hébraïsme une religion à mystères comme l’Orphisme, était, certes, grandiose. Mais, comme Wilde le montre dans Salomé aussi, ce projet n’a abouti qu’a la prolifération d’un mode de vie creux : la promesse d’une vie après la mort purge la vie terrestre de sa chaleur. En dépit de leur majesté, les cathédrales gothiques auxquels ce mélange a abouti sont froides et vides. Dorian Gray, nous dit le titre, est le rêve ou le fantasme d’un géant, tourné en cauchemar, ou en fatalité.

L’union harmonieuse de l’hébraïsme et de l’hellénisme dans le titre et dans le héros de Wilde relèverait donc seulement du miracle. C’est, en effet, par un miracle que le roman se termine pour légitimer l’édifice de la civilisation occidentale : le corps de Dorian devient masse amorphe alors que son portrait retrouve sa beauté originale. Il est ainsi laissé au lecteur la partie impérissable de Dorian : l’image d’une âme vêtue de la beauté de son corps. Âme et corps réunis, Dorian sera ainsi à jamais associé à Gray, l’hellénisme à l’hébraïsme.

Le miracle, c’est le domaine du Christ. D’un Christ qui « est partout », chez Wilde, mais qu’« on ne peut pas voir[13] ». Présent dans ses essais, poèmes, contes, poèmes en prose et dans Salomé, ce Christ qui est, peut-être, derrière les deux mille ans de culture occidentale, est peut-être aussi derrière la fin du roman de Wilde. Si ce Christ à pardonné la pécheresse[14] parce qu’« elle avait beaucoup aimé », il pourrait ne pas    rester insensible devant le péché de son ennemi, Dorian, de n’avoir jamais aimé. Si c’est le péché qui a détruit le côté périssable du héros, c’est peut-être le Christ de Wilde qui a permis à l’âme de Dorian d’exister en tant que forme impérissable. Elle rappelle ainsi au chrétien son échec, aussi bien dans le domaine de la réalité que dans le royaume de l’art.

L’amour dionysiaque de ce Christ fait du The Picture of Dorian Gray un énoncé poétiquement complexe et, on l’a dit, dangereux. Concrètement, le danger  passe du nom du personnage à la vie de son auteur : cinq ans après la publication du roman, Wilde a été jugé pour avoir embrassé les mœurs « grecques » suggérées par le prénom (en anglais Christian name) du héros inventé, et condamné par les lois « barbares » évoquées par le nom « hébraïque » ou « puritain » de son vrai amant. Dramatique, l’ironie veut que, chez Wilde, c’est bien plus la nature qui imite l’art que l’art qui imite la nature.

Emmanuel Vernadakis

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[1] http://www.avgi.gr/nea-avgi/main_page.asp

[2] Propos qui sert finalement la politique impérialiste d’Albion

[3] Je suis tenté d’émettre l’hypothèse que le titre du roman peut être issu du jeu de mots ‘John Gray is a Dorian Poet’ où Wilde aurait utilisé Dorian à la place de « gifted ».

[4] ‘Dorian’ is of course unquestionably and unambiguously d’origine grecque being the English adjective and substantive used to refer to one of the of the main ethnic, or more precisely, linguistic and cultural groupings of the ancient Greek people, the Dorians. Dans Paul Cartledge. Spartan Reflections, Duckworth, Londres, 2001, chapitre 13, “The Importance of Being Dorian : An Onomastic Gloss on the Hellenism of Oscar Wilde”, 182.

[5] Ironiquement, malgré le sens étymologique de son prénom, Sybil, le premier amour de Dorian,  ne sait pas le lire.

[6] Voir, par exemple, le mythe d’Arachnée, punie par Athéna d’être excellente tisseuse, ou bien le mythe de Marsyas puni par Apollon pour être un musicien si doué. 

[7] A l’époque, il aurait fallu être érudit pour en saisir le sens poétique et les nuances.

[8] Cette perception manichéiste qu’introduit ici le symbolisme du gris trouve sa source dans le monothéisme. Le point de référence dans la découverte, détermination et classification des valeurs des religions monothéistes c’est un dieu unique dont le point de vue a une valeur de loi absolu. Au contraire, la conception païenne de la réalité est multiple, parce que les notions fondamentales du bien et du mal peuvent varier selon les dieux et de ce fait sont relatives.

[9] Dans l’article « Goths ».

[10] Young Goodman Brown » (1835) de Nathaniel Hawthorne.

[11] Du grec βασιλεύς, « roi ».

[12] “Phrases and Philosophies for the Use of the Young,”  dans Chameleon, Decembre, 1894

[13] Réplique du Nazaréen dans Wilde, Salomé (1892).

[14] Marie-Madeleine.