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NUMÉRO 24 : Janvier/Février 2010

§14. WILDE, PERSONNAGE LITTÉRAIRE

 

Messes noires : Lord Lyllian
de Jacques d’Adelswärd-Fersen

Le baron Jacques d'Adelswärd-Fersen 1901

Né le 20 février 1880, baron Jacques d'Adelswärd-Fersen est un écrivain dandy et poète, connu pour avoir créé la première revue homosexuelle en France, Akademos. Sa carrière littéraire fut compromise par une affaire de mœurs. Il fut arrêté en 1903 pour avoir tenu des messes noires[1] dans son appartement de l’avenue Friedland à Paris. Au cours de ces soirées auxquelles assistaient la crème de la société, des spectacles mettaient en scène des élèves des meilleures écoles parisiennes. Il fut jugé coupable d'« outrage à la pudeur avec des personnes de sexe masculin », condamné à six mois de prison, à 50F d’amande et il perdit ses droits civiques pendant cinq ans.

Cette disgrâce le poussa à voyager, puis à s’installer à Capri[2]. En 1923, Jacques d’Adelswärd-Fersen se suicida en avalant un cocktail de champagne et de cocaïne.

Lord Lyllian, publié en 1905, est sans doute son roman le plus fameux. Il y fait la satire du scandale qui le frappa à Paris, et met en scène un jeune aristocrate qui se laisse aller à la débauche, séduit par un personnage qui ressemble beaucoup à Oscar Wilde. Il s’agit d’un roman à clef, où on peut reconnaitre Jacques d’Adelswärd-Fersen lui-même, mais aussi Bosie Douglas (qui inspira sans doute le héros du livre), Oscar Wilde ou Jean Lorrain.

  

Le livre commence par une épigraphe de Wilde, qui figure sur la couverture :

La préface est une lettre assez comique adressée au juge d’instruction de son procès. Le livre lui-même comporte des scènes assez osées et des remarques pourfendant l’hypocrisie du grand monde : Là comme partout règnent la sottise, la lâcheté, le mensonge.

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[1] D’après Patrick Cardon (voir site internet http://culture-et-debats.over-blog.com/article-1589536.html), les tous jeunes gens qui y participaient se contentaient d’y déclamer des poèmes en exhibant leur nudité voilée devant un parterre de mondains et de snobs.

[2] Roger Peyrefitte en fit le héros de son roman « L’Exilé de Capri », première édition, Flammarion, 1959,