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Numéro 25 : Mars/Avril 2010

§6.  THÉÂTRE

 

Le mariage est aussi nocif que les cigarettes et tellement plus cher

Par la Compagnie de la Fortune
Mise en scène et interprétation : Hélène Laurca et Laurent Themans
Un spectacle qui s’inspire des œuvres et de l’esprit d’Oscar Wilde
Tous les lundis à 19H00, du 15 février au 28 juin 2010
Théâtre Darius Milhaud
80, allée Darius Milhaud,
75019 Paris

CRITIQUE

Par Lou Ferreira

Le théâtre Darius Milhaud à Paris, accueille depuis le 1er Février 2010, (et jusqu’au 28 juin 2010, tous les lundis à 19h), un couple, qui réussit un exploit : mettre en scène ses querelles conjugales, sans ennui, et sans que l’on ait la sensation du déjà-vu ou laborieusement entendu….

Non. Avec la pétillante et belle Hélène Laurca, vous suivez ses faits et gestes gracieux, toujours à la bonne place, elle rabroue son époux (volontairement) dépassé par les évènements, et elle conserve  un sourire enjôleur pour mieux le désarmer. Cela nous donnerait tous envie de vivre ses frustrations déclamées sans minauderies.

Oscar Wilde et de nombreux aphorismes (conjugués ici à bon escient), sont conviés sur scène, et toujours en pareil cas, on s’aperçoit que décidément, nous pouvons exploiter les textes du paon irlandais dans tous les sens, ils en prennent d’autres significations, que Laurent Themans et Hélène Laura nous servent avec bon goût. Et le miracle est que –malgré un décor triste, propre aux théâtres dont les moyens et les efforts sont limités- ; nous gardons le sourire pour une raison précise : Ces deux comédiens avertis, ont su découper les textes de plusieurs pièces de théâtre, (entre autre), et en ont extrait la pulpe qui sert la cause des femmes –non sans ironie !-

Nous ne sommes pas dans un cadre strictement féministe, mais la vivacité de la damoiselle Laurca, nous laisse à penser que le Sieur Themans, son époux, est presque sans voix devant les  réparties, souvent cinglantes de son épouse. C’est justement ce qui nous amuse chez ce galant comédien : il entretient cet air hagard, amoureux, et ses colères sont si vite étouffées par les revendications de la pétillante Hélène, qu’il présente un caractère comique –malgré la finesse de ses traits et les tenues élégantes fin-de siècle des deux amoureux… : Laurent Themans est doux, jouant à merveille la carte du mari dépassé par les revendications de son aimée, mais est-il conscient que dans ce cadre précis, il porte aux nues le jeu de sa compagne ? Si cela est voulu et (certainement) pensé ; alors la place de cette belle garce est grande. Et Laurent Themans, réveillerait  la nécessité de le materner chez certaines femmes. C’est heureux !

Même si nous ne percevons pas toujours la nécessité d’utiliser au sein d’un texte wildien, des cubes blancs qui n’embellissent pas le cadre de ce théâtre, cela demeure secondaire, parce que ces virtuoses de la prose cynique d’Oscar, nous ferait donc tout oublier : l’essentiel est d’avoir de magnifiques répliques réinventées, interprétées avec bon sens et virtuosité, des situations envisageables à tous les étages de la société, et cela donne ce joli spectacle que nous aurions tort de manquer !

Lou Ferreira

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Lord Arthur Savile’s Crime

D'après la nouvelle Lord Arthur Savile's crime d'Oscar Wilde
Compagnie ACT Le théâtre anglais en version originale
Adaptation : Anne et Andrew Wilson
Mise en scène : Andrew Wilson
Musique : Darko Rundek
Avec : Sophie Brech, Dimitri Michelsen, Manora Shelley

30 mars 2010  à 20H30

Centre culturel les Trois pierrots
6   rue du Mont-Valérien 
92210 Saint-Cloud

- Lord Arthur Savile's crime - spectacle - www.viafrance.com

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Une Fable Sans Importance

De Charles Decroix
Mise en scène ; Clémence Weill
Musique : Charles Decroix
Avec : Nikolas Carton, Charles Decroix et Hélène Bizieau
Théâtre du Funambule
53, rue des Saules
75018 Paris
Du 4 février au 21 mars 2010

CRITIQUE

Par Lou Ferreira

La scène était faiblement éclairée lorsque les spectateurs sont arrivés avec peu de discrétion. Mais les comédiens étaient en place et ils avaient rendez-vous avec Wilde, avec nous tous évidemment, mais aussi avec la bonne humeur et la révolte.

Les comédiens ? Nikola Carton en particulier. Nikola Carton essentiellement. Un « one man show » comme on dit chez nos amis Anglo-Saxons. Il a dévoré l’espace de sa stature, il a fait jaillir des caractères de Wilde sans économie. (Cela aurait été une erreur. Il ne l’a pas commise. Ouf !)…

Lorsque les transitions entre les mimes, les ironies wildiennes, les aphorismes et la tristesse en noir et blanc de l’emprisonnement d’Oscar Wilde, nous paraissaient quelque peu confuses ; Nikola Carton savait stimuler les enjeux et le message de cette belle idée théâtrale –si finement écrite par Charles Decroix !- En clair : même si Wilde revenait parmi nous, ses exigences auraient été les mêmes : secouer les dépressifs, imaginer que la boue se transforme véritablement en or, faire d’un taudis un manoir ensoleillé prêt à recevoir les plus déroutantes imaginations, pourvu que l’Art et le Plaisir aient toute leur place !

Et rester debout, même lorsque les spectateurs sont conviés (non sans ambiguïté), à le « lapider ». Si théâtralement, cette idée nous paraît mal adaptée, Nikola Carton, et Charles Decroix ont un savoir-faire : ils conjuguent une réelle bienveillance envers leur public, leur donne envie de comprendre, de ne rien lâcher, bref, ils ne les ennuient jamais, et Nikola-Wilde se déplace avec aisance et prétention comme l’aurait si bien fait ce cher Oscar.

Les notes de piano de Charles Decroix nous donnent le sourire, et on se surprend à le garder ce sourire apaisant. La voix de Nikola Carton, sa puissance prometteuse, ses chants adaptés aux enjeux de la pièce, au texte de Decroix et à la personnalité même de Wilde, sont un ravissement pendant tout le spectacle. Les rires sont aussi dans la salle, avec la belle Hélène Bizieau, provocatrice avec ses « pommes d’Adam » que nul n’a le temps de croquer puisqu’elles ont une fonction tout aussi « punitive » au fond…. Mais pourquoi cette provocation ?

Elle servira au moins à interroger. Le spectateur d’aujourd’hui, apprécie Oscar Wilde, certes. Mais son sort aurait été le même dans bien des pays de ce bas monde.

La  mise en scène de Clémence Weill a de l’originalité : Nikola-Wilde est partout chez lui, son culot et sa politesse participent bien d’une des caractéristiques de Wilde : où qu’il aille, quoiqu’il fasse, on ne voyait et n’entendait que lui.

Mais Nikola Carton est solide, parce que si le texte et la mise en scène de cette jeune compagnie théâtrale, ont des qualités artistiques, littéraires et une volonté  d’amuser évidentes, (tout en rappelant les douleurs humaines et la tragédie de Wilde). ; Ils nous évitent le pathos judéo-chrétien qui n’émeut que les adeptes de l’auto -flagellation.

Encore quelques répétitions, ou de nouvelles représentations, et ce spectacle sera l’originalité de ce début d’année florissant….

Lou Ferreira

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SALOME

Mise en scène d'Olivier BRUAUX
Chorégraphie de Xavier Fahy
Avec Gwendolyne Henot, Kevin Dagneaux ou Xavier Fahy, Alain Bernard, Olivier Bruaux,
distribution en cours

Tous les jeudis, vendredis, samedis à 19H, Les dimanches à 15H,
du 13 mai au 11 juillet 2010

La Folie Théatre
Rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris
Métro Saint-Ambroise

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