rue des beaux arts

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Numéro 12 : JANVIER/FEVRIER 2008

 

§8.  THE CRITIC AS ARTIST

 

“ La vie comme une offense ” :

Oscar Wilde ou les cendres de la gloire par Frédéric Ferney

(Éditions Mengès, novembre 2007)

 

Par PASCALE AMIOT

 

La vie comme une offense.

Un poison.

Une absinthe.

Il eut son procès.

Voici son portrait.  (p. 15)

 

C’est bien à l’art du portrait que se livre Frédéric Ferney dans son bel Oscar Wilde ou les cendres de la gloire. Mieux que ne le ferait sans doute une biographie détaillée, cet essai aborde de front les mystères, les dualités et les contradictions du personnage, dans la recherche d’une vérité parmi les vérités possibles. Entre fascination et irritation, l’approche en est ouvertement subjective : il s’agit là d’un portrait “ coup de cœur ”, empreint d’humanité, d’admiration, d’humour, de causticité, d’ironie parfois. L’auteur conjugue la proximité de son sujet et la distance de sa perspective, adoptant et rejetant “ la naïveté du biographe attendri qu’[il] n’[est] pas ”.

 

La citation d’Euripide placée en exergue : “ Ecarte-toi et contemple ma douleur comme un peintre ”, définit d’emblée le projet du portraitiste. Car c’est bien de douleur qu’il va être question, de douleur tragique, comme le suggère le titre du livre. Entre respect et irrévérence, détachement et empathie, affirmation et questionnement, Frédéric Ferney offre un portrait d’Oscar Wilde en héros tragique — “ nul n’a été plus lucide ni plus aveugle, sans jamais se renier, ce qui est le propre des héros lorsqu’ils sont tragiques ” — plus exactement en héros résolu à faire de sa vie un chef-d’œuvre tragique, aux antipodes du vulgaire et du commun. Et l’auteur de s’interroger : “ D’où procède cette audacieuse instigation de l’âme et d’où surgit sa défaillance ? ”

 

Entre procès et plaidoyer, Oscar Wilde ou les cendres de la gloire est le fruit d’une résistance : résistance “ au charme de cette œuvre baroque et de ce personnage composite ”, “ aux sentences artificielles, creuses, réversibles comme une peau de lapin ”, à “ un rêve stérile dont la forme prolifère et s’accroît sans parvenir à se fixer, assorti d’une plaidoirie désincarnée en faveur d’une doctrine de l’art. ” Longtemps, l’auteur s’est tenu en retrait, écoutant “ distraitement de loin “. Ainsi, écrit-il, “ j’ai appris à lire Oscar : comme un poème, comme une offense, comme une blague. ” C’est effectivement une lecture de Wilde qui est offerte ici, une lecture de l‘homme à travers l’œuvre, tout à la fois partiale (ou du moins subjective) et partielle (plus exactement sélective : les comédies et les contes sont passés sous silence, comme certains éléments biographiques consignés dans la chronologie située en fin d’ouvrage).

 

Cette lecture apparemment morcelée, kaléidoscopique, directement inspirée de l’esthétique wildienne, donne l’impression d’une flânerie à travers la vie et l’œuvre de Wilde, mulitipliant les ellipses, les retours en arrière et les annonces au gré des humeurs et des rencontres. Elle est pourtant construite avec rigueur et exigence : neuf chapitres (composés de courtes sections aux titres en oxymores) retracent les phases majeures de la vie de Wilde : “ Présages et destin ” s’interroge sur la destinée, “ Fragments d’une Irlande ” présente l’enfance, le contexte familial et national et les influences, “ Rome : amants et fils ” traite de John Ruskin et de Walter Pater, et des rapports à la religion, “ Lunes, pastiches et dédains ” des empreintes littéraires et de la poésie de Wilde. “ Miroirs ” se penche, témoignages à l’appui, sur la période d’Oxford et le dandysme. “ ‘Dorian Gray’ : le Mal ou la Beauté ” fait le procès de l’unique roman de Wilde — “ plutôt une idée de roman qu’un roman ”. Basé sur De Profundis, “ Le crime de Narcisse ” traite de la relation de Wilde avec Lord Alfred Douglas.“ Trophées ”, consacré à Salomé, règle leur compte aux “ toiles d’araignées ” du symbolisme. “ La danse de la mort ” retrace l’exil après les années de prison (Dieppe, Berneval, Paris, La Balade). En manière d’épilogue, “ Wilde et le grand Sam ” rapproche deux géants irlandais à travers “ leur aptitude stoïque à imaginer le pire, à inventer le mot de la fin, le mot qui ne vient pas, la fin qui ne veut pas venir, la promiscuité du néant, juste avant l’extinction des feux.”

 

Cette lecture érudite, remarquablement documentée, n’est jamais indigeste : en marge du texte, des notes judicieuses apportent des éléments complémentaires ; des encadrés contextuels (“ L’Irlande : moines, poètes, soldats ”), événementiels (“ Le procès ”) ou biographiques (consacrés aux prédécesseurs et contemporains irlandais, britanniques et français, tels Beerbohm, Macpherson, Sheridan, Whistler, Hopkins, Swinburne, Beardsley, Gide et Pierre Louÿs) permettent d’approfondir librement le contexte. Au charme du style à la fois poétique et provocateur de Frédéric Ferney s’ajoute la beauté des choix iconographiques, tableaux préraphaélites, portraits, photographies... Le portfolio qui figure à la fin de l’ouvrage est un régal pour les yeux et pour l’esprit.

 

Oscar Wilde ou les cendres de la gloire est un beau livre dans tous les sens du terme. Résolu à lever les “ masques ” de l’écrivain sans pour autant les arracher, Frédéric Ferney peint le portrait d’un triple Oscar Wilde : le “ sectateur de la beauté ”, l’auteur du chef d’œuvre qu’a été sa vie, et le spectateur de sa propre tragédie. “ Voilà pourquoi, conclut-il, […] je l’aime dans sa tragique insouciance, dans la noblesse désespérée de ses refus, dans son insistance inquiète, presque fanatique, à devenir celui qu’il aura toujours été. ” Un reproche adressé à l’auteur serait d’avoir pris De Profundis au pied de la lettre... Un trait de génie, en revanche, est le dialogue imaginé entre Oscar Wilde et “ deux revenants, deux épuisés ” de la littérature : Marcel Proust et Samuel Beckett. Merci à Frédéric Ferney d’avoir su, à l’instar son sujet, rechercher et défendre une idée de la vérité “ vécue comme un flagrant délit […] mais aussi comme une joie de l’instant ”. Car tel est le bonheur que procure la lecture de son Oscar Wilde.

 

 

·     Pascale Amiot-Jouenne enseigne à l'Université de Perpignan ; ses publications portent sur différents poètes et romanciers irlandais : Austin Clarke, Seamus Deane, John McGahern, Seumas O'Kelly, Oscar Wilde. Elle s'intéresse actuellement à la poésie féminine irlandaise, tout particulièrement aux œuvres d'Eavan Boland, Eiléan Ní Chuilleanáin, Paula Meehan et Medbh McGuckian. Outre Irlande : Insularité, Singularité ?, elle a récemment publié deux ouvrages collectifs, Déclinaisons de la Voie : Avoiement, Fourvoiement, Dévoiement (Presses Universitaires de Perpignan, 2006) et  L'Autobiographie irlandaise : voix communes, voix singulières (Presses Universitaires de Caen, 2004). Elle est vice présidente de la Société Française d'Etudes Irlandaises et membre du Comité de Rédaction de la revue Études Irlandaises.

 

 

A partir de l’ouvrage de Paul Souday : «  Les livres du temps », Ed° E-P Frères, Paris 1913

 

Par LOU FERREIRA

 

La banalité des théories esthétiques wildiennes

 

Ce titre aurait été choisi par Paul Souday, (journaliste et écrivain français (1869-1929), auteur d'une biographie de Marcel Proust et d'une série de portraits de philosophes et d'écrivains publiés dans La société des grands esprits[1], mais il l’a sobrement intitulé : « l’Esthétique d’Oscar Wilde », ce qui est surprenant….

 

Nous n’avons pas l’intention d’abreuver nos lecteurs d’invectives pro wildiennes à chaque fois qu’une « analyse » nous parait insuffisante ou erronée ; mais au moins  rendre compte avec la plus grande objectivité de l’absence de rigueur dans de nombreuses réflexions sur les  travaux de Wilde, et tout autant de cette éthique nauséabonde toujours sous-jacente lorsqu’il s’agit de dénoncer clairement les aspects légers, sans valeur poétique, sans intérêt idéologique du grand paon irlandais (à l’aube du XXième siècle pour ce texte) ; Wilde ayant eu tant d’autres choses à faire de plus hédoniste (donc futiles) toute sa vie…

 

Première proposition de Mr P.Souday : « C’est probablement comme esthéticien qu’Oscar Wilde a le plus de chances de garder une place dans l’histoire littéraire (…) car il est toujours resté un amateur. C’était sans nul doute un causeur éblouissant (…) mais il s’est dispersé en menues productions faciles » p. 385

 

Tout d’abord, en philosophie, ne serait-ce que dans le dictionnaire récent de Christian Godin, le terme « esthéticien » n’existe pas. Il est donc strictement littéraire ou pris dans son sens commun, ce qui est dommage dans le sens où l’esthétique occupe l’esprit de tout être épris d’Art et ce critique ne pouvait l’ignorer. Mais admettons-le dans sa conception littéraire, à l’époque où Souday l’utilise, c’est-à-dire en tant que contemporain de Wilde. Il est usité en effet, et même T.Gauthier l’emploie en évoquant les œuvres de Poe[2]. Mais nécessairement, si son acception philosophique n’est pas admise, elle ampute Mr Souday d’un souci d’objectivation qui lui aurait permis de dépasser une impression purement subjective vers l’observation de la chose en elle-même ; en l’occurrence l’analyse plus ou moins détaillée du travail artistique de Wilde tout de même.

 

Cela signifie qu’il nous parait toujours bien plus utile de s’inspirer d’une méthodologie cartésienne et davantage kantienne dès qu’il s’agit  de garantir la valeur objective d’une idée. C’est affaire de structure plus que d’idéologie. Nous savons que cela n’est guère aisé, mais P. Souday va se perdre dans d’affreuses conjectures morales et anecdotiques qui friseront la bêtise. Sa première proposition en témoigne. Il ne précisera jamais en quoi les productions de Wilde sont « faciles », il se nourrit des témoignages de Gide que nous connaissons bien aujourd’hui[3], et rappelle avec un mépris évident à quel point tout est bien « gentil » chez Wilde mais sans consistance.

Sans jamais préciser les sources de ses certitudes. Dans ce contexte, son discours demeure strictement dogmatique ; cette interprétation appelle logiquement le plus grand scepticisme, et le scepticisme dans ce cas, se présente, lui, sans intention, offrant au lecteur un raisonnement plus libérateur parce que débarrassé des lois morales qui se dressent comme des barrières plus sûres aux dérèglements des hommes. Or les « dérèglements » sensuels de Wilde ne sont jamais loin des propos tendancieux et approximatifs d’un polémiste comme Souday. Nous nous noierons dans la banalité à ce sujet. Cela est certain.

 

Deuxième Proposition de P.Souday : Le crime de Lord Arthur Savile, ou l’humour wildien.

 

Nous tenons à signaler que l’esthétique wildienne est survolée en deux pages et le résumé du « crime de Lord Arthur Savile » également.

 

Cela signifie éventuellement deux choses (anecdotiques, nous en convenons) : 1) P.Souday n’a jamais eu la patience et la capacité de fouiller les concepts esthétiques wildiens dans « Intentions » par exemple, 2) il aime les contes, ils sont plus aisés à aborder pour un esprit d’envergure comme le sien.

 

Mais tout de même, l’humour wildien ! Rien de plus agréable à feuilleter nous martèle le polémiste, mais il ne nous dit rien de très précis à ce propos, cela nous aurait tellement distrait ! Alors il lui reste à évoquer en quelques lignes « le portrait de Dorian Gray » comme exemple frappant de l’esprit amusant d’Oscar Wilde.

 

« L’humour » ou « l’esprit amusant » de Wilde ? Avec Souday, vous ne le saurez pas, bien qu’il utilise les deux termes, (les deux expressions). Mais nous pouvons au moins l’aider à distinguer deux évidences :

 

L’humour est l’art de traiter gravement par le biais des productions de l’esprit, des choses légères. C’est  un peu la vengeance symbolique d’une conscience indignée par les misères et l’absurdité du monde[4]. Ah….Cela n’était pas perceptible dans l’univers d’Oscar Wilde ? Quant à l’esprit amusant, qui appellent les mots dits d’esprit de l’irlandais, ils sont d’abord une sorte de trait pertinent qui révèle la sagacité de l’auteur ; et  Freud, contemporain de Wilde et de P.Souday, l’interprètera comme la révélation d’une censure qui empêche un individu de dire sa pensée profonde. De cette façon, le mot d’esprit sera une sorte de compromis qui favorisera l’originalité d’une idée mais lui confèrera un caractère ludique.

 

Or, c’est à ce piège que se laisse prendre ce brillant analyste.

 

Si Wilde a souvent le plaisir du mot d’esprit c’est parce qu’il existe profondément chez lui, la volonté d’économiser une dépense d’inhibition. Cette inhibition qui lui aurait donc interdit la description d’inégalités des rapports sociaux dénoncées dans certains écrits (en particulier le théâtre) ; elle lui permettait alors de se protéger directement des préceptes moraux rigoureux, pour critiquer ouvertement les différentes rigidités d’une société qu’il réprouvait[5].

 

Mieux : les mots d’esprits wildiens lui offraient la possibilité (rare chez un écrivain aussi lucide et blessé que l’était Oscar, -et Borges l’avait pressenti-), de conserver presque intacte l’humeur de son enfance, son bonheur de vivre malgré ses douleurs évidentes.

 

Comment ne pas avoir sondé cette résistance malheureuse à la mélancolie ?

 

Toujours pour la souveraineté de la Morale. Un puritanisme difficile à contester malgré le pseudo esprit critique de Souday.

 

Troisième proposition de P.Souday : La doctrine du Beau chez Wilde a quelque chose de religieux.

 

Pourquoi « religieux » selon P.Souday ? Parce qu’elle est Le Principe Premier chez Wilde. C’est la seule appréciation juste (mais non argumentée) de l’auteur.

 

En effet, on peut considérer que le moteur même de l’être de Wilde et son travail esthétique sont ce qu’Aristote aurait appelé : « Premier moteur », c’est-à-dire ce qui constitue le Premier de tous les Principes qui permettent à Wilde de se mouvoir, penser et produire : c’est-à-dire Le Beau.

 

Or on sait que chez Aristote, ce principe Premier est Dieu.

 

Le Beau devient chez Wilde une véritable impulsion, une affection de l’âme qui le pousse à établir des lois presque immuables ; et c’est cela qui confine ses théories sur l’Art à des préceptes dits « religieux », des tables, des règles incontestables ou, une ligne de conduite, avec ses valeurs intrinsèques qu’il associera d’ailleurs souvent au « divin » et sa nécessité contemplative :

 

« Cher Monsieur, l’Art est inutile parce que son but est simplement de créer un état d’esprit. Il ne vise d’aucune manière à instruire ni à influencer. Il est superbement stérile (…). Si la contemplation d’une œuvre d’Art est suivie d’une activité quelconque, c’est que l’œuvre est d’un ordre très secondaire (…) »

Oscar Wilde.[6]

 

Mais cela demeure de toute façon réducteur. Pour Wilde, l’Art est aussi essentiellement amoral et c’est ce qui constitue une de ses plus belles contradictions. Apparente d’abord.

 

Certes P.Souday ne conteste pas cela, il fait mieux, il n’en parle pas.

 

Ou alors de manière déguisée, après s’être perdu dans le rappel stérile des conflits entre Whistler et Oscar ; il termine sa petite critique par cette sentence :

« Ce qui a perdu Wilde, ce n’est point ce qu’il y a de sérieux dans sa doctrine, qui conclut à la vie contemplative ; c’est au contraire une violation de ces sages principes ». (p.402)

 

Que dit Paul Souday ?

 

Premièrement que ce qu’il a entrevu de sérieux dans la doctrine de l’irlandais (quelle doctrine ?) ; aurait pu perdre Oscar Wilde. Mais surtout que ce sérieux de «  la doctrine » (esthétique ?) wildienne concluait à la vie contemplative.

 

Et le plaisir ? Et l’Amour ? Il ne les a pas contemplés ce grand sensuel qu’était Wilde. Souday le sait. Ses derniers mots ne condamnent pas la pratique de l’Amour et des jeux érotiques, même poussés à outrance, non. Ils condamnent insidieusement (et non pas inconsciemment), la « violation » des principes hétérosexuels.

 

Ils condamnent l’homosexualité affichée de Wilde, et son incapacité à réfréner ces pulsions-là. Le paon aurait pu rester « sage », aimer « platoniquement » qui que ce soit pour le plaisir du Beau. Mais il a violé ses principes « sages » : il a forniqué au vu et au su de tous jusqu’à l’obscénité. Jusqu’à leur mise en scène, jusqu’à ce que ce soit bien Réel. (Et non plus de l’Art)

 

Dieu que nous sommes donc loin de la béatitude d’un Wilde passant le plus clair de son temps à contempler la rosée sur les pâquerettes fatiguées le matin !

 

A croire que les pulsions de vie esthétisantes (et sexuelles ?) d’un Wilde ont le devoir de rappeler par un effet miroir, les pulsions de mort que la Justice (des Hommes, puis de Dieu), aura rendue à Wilde. Et cela rassure les individus comme Souday, parce que Wilde n’a pas été « sage » et il en a été puni. C’est Naturel puisqu’il a eu un rapport grossier à la Nature (ou contre-nature ?) En tous les cas, il s’est ainsi contredit dans les faits et s’est tellement éloigné du Beau….

 

Consternant. Actuel aussi.

 



[1] Renseignement pris dans l’encyclopédie de l’Agora, à propos de La Bruyère. (Google)

[2] Le Petit Robert 1, p. 952, 1989 Esthéticien

[3] Pour ceux qui le ne sauraient pas encore, Wilde aurait dit à A.Gide avant son procès : « J’ai mis mon génie dans ma vie, mon talent dans mes œuvres »

[4] Christian Godin, dictionnaire philosophique, Ed° Fayard 2004, p590.

[5] Essentiel ! S.Freud : « Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient », Folio essais –Gallimard- 2007

[6] « Lettres » d’Oscar Wilde. Adressée à R.Clegg, en Avril 1891. p.162, Ed° Gallimard, 1994

 

 


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