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Numéro 12 : JANVIER / FEVRIER 2008 |
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§13.
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En prolongement à l’article de David Charles
Rose sur les relations de Verlaine et de Wilde, nous reproduisons ici un
extrait des mémoires de la
cantatrice Emma Calvé, consacré à une rencontre supposée des deux
hommes : |
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Verlaine en compagnie
d'Oscar Wilde dans un salon de Londres, en 1891. |
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«Soirée chez lady de Grey. Des invités de marque, parmi
lesquels Oscar Wilde et Paul Verlaine. Quel contraste entre ces deux êtres
! Je n'oublierai jamais le regard de notre pauvre grand poète, ses yeux
d'enfant perdu, dépaysé, humilié, mal mis en des habits d'emprunt trop
larges. |
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Il est terriblement pauvre,
explique Wilde, très élégamment vêtu, couvert de bijoux, Beau Brummel, dominant de sa haute taille son malheureux
compagnon(1). |
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A la prière de Gladys de Grey, Verlaine nous a dit l'un de ses
poèmes, D'une prison, avec des sanglots dans la voix. Je n'ai jamais
pu chanter ces vers, si admirablement mis en musique par Reynaldo Hahn, sans une émotion rétrospective. |
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(1)
Quelques années plus
tard, à Paris, dans un théâtre, je remarquais non loin de moi un homme mal
mis, tout voûté, à peu près dans le même état où j'avais vu Paul Verlaine.
Je reconnus Oscar Wilde, vieilli, méconnaissable, qui cherchait à se cacher
parmi la foule indifférente. J'allai vers lui, les mains tendues, il releva
la tête au son de ma voix et je revis dans ses yeux, le même regard d'enfant
effrayé, de notre grand poète. Il saisit mes mains, en murmurant : «Oh !
Calvé, si vous saviez combien je suis malade et désespéré. » Peu de temps
après, j'appris sa mort. |
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Extrait
des Mémoires d’Emma Calvé, Sous tous les ciels, j'ai chanté, Plon,
Montréal 1940 |
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…et remarques supplémentaires
de D C Rose : Ni Harold Nicolson ni Pierre Petitfils dans leurs biographes de Verlaine ne parlent de
cette visite à Londres ou de Lady de Grey … |
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