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NUMÉRO 13 : MARS/AVRIL 2008
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§9.
wilde ET SES INTERPRÈTES
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Par Danielle Guérin
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Sir John Gielgud – Entre
Shakespeare et Wilde
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Avec Sir Lawrence Olivier et Sir Ralph Richardson, Sir John Gielgud est
reconnu comme l’un des plus grands comédiens du théâtre britannique, en particulier
du théâtre shakespearien. Mais il fut également un incomparable interprète
d’Oscar Wilde.
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Petit neveu de la célèbre actrice victorienne Ellen Terry, pour
laquelle Wilde écrivit son sonnet Portia,
Arthur John Gielgud est né le
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Rose Leclercq, la comédienne qui joue Lady Bracknell en 1947, confère
à son personnage une politesse et une dignité de grande dame.
Gielgud devait toutefois déclarer que sa
propre tante Mabel Terry-Lewis, qui avait partagé l’affiche avec lui en 1930,
avait été la meilleure Lady Bracknell qu’il lui eût été donné de connaître
parce qu’elle avait interprété son rôle avec un inénarrable sérieux, ne se
doutant pas de la drôlerie de ses répliques qui provoquaient, à son grand
étonnement, les rires du public. Edith Evans, autre célèbre Lady Bracknell,
devait l’incarner de manière très différente, entièrement investie du
sentiment de sa richesse, et pleine d’une arrogance un peu caricaturale.
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Cyril Ritchard (Algernon Moncrieff) et John
Gielgud (John Worthing) dans The Importance of Being Earnest,
Londres 1942
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Cyril Ritchard collection
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L’interprétation d’Evans allait être fixée
sur la pellicule par Anthony Asquith qui tourna The Importance of being Earnest en 1952 (avec Michael Redgrave et
Michael Denison), et par les enregistrements effectués la même année pour la
radio avec une brillante affiche qui réunissait, outre John Gielgud (John
Worthing), Dame Edith Evans (lady Bracknell), Roland Culver (Algernon
Moncrieff), Celia Johnson (Miss Prism), Pamela Brown (Gwendolen Fairfax),
Jean Cadell (Cecily Cardew), Aubrey Mather (Canon Chasuble), Brewster Mason
(Merriman) et Peter Sallis (Lane). On peut trouver ces deux derniers
enregistrements chez Naxos
AudioBooks – Janvier 2005 et chez EMI Classics for Pleasure – septembre 2006.
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Quand on l’interrogeait sur les prétendues
connotations homosexuelles contenues dans The
Importance of being Ernest, John Gielgud contestait cette interprétation
avec vigueur : « No –No ! Nonsense, absolute nonsense : I
would have know. (Non, non, c’est un non-sens, un non-sens absolu : je l’aurais su.»)
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Dans la nuit du
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Cela ne devait pas l’empêcher de faire une longue
carrière cinématographique, même s’il ne fut vraiment connu que tardivement du
grand public des salles obscures. Parmi les dizaines de films qu’il tourna,
on trouve Le Fantôme de Canterville (1986),
de Paul Bogart, où il tenait bien sûr le rôle de Sir Simon de Canterville, et pour la BBC « Le Portrait de Dorian
Gray », dans la version de John Osborne. Il y incarnait un Lord Harry
Wotton un peu trop âgé pour le rôle mais remarquablement indéchiffrable et
cynique (Jeremy Brett jouait Basil Hallward et Peter Firth Dorian Gray). John
Gielgud enregistra également le texte du Prince
Heureux pour le label Nimbus
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Le
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3 janvier
1995 – John Gielgud devant la plaque du Haymarket célébrant la vie d’Oscar
Wilde
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Photo de Kevin Coombs REUTERS
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Sir John Gielgud devait s’éteindre cinq ans plus tard, le
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[1] À Londres, jusqu’au 22 mars, se joue Plague Over England, une pièce du critique
dramatique Nicholas de Jongh retraçant la catastrophe
intime et publique vécue par John Gielgud après son arrestation, en 1953, pour
« cottaging » (ce terme désigne en Grande-Bretagne la drague homosexuelle
dans les lieux d’aisance). Le rôle de John Gielgud est tenu par Jasper Britton.
'Plague
Over England', Finborough Theatre, London SW10
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