Numéro 10 : SEPTEMBRE/OCTOBRE 2007

 

           §2.  PUBLICATIONS

Text Box:

Le portrait de Dorian Gray           

Prisma Press – octobre 2007

ISBN 978-2-906221277

 

 

 

Le Fantôme de Canterville

Hachette Jeunesse, Paris – octobre 2007

Collection : La bouteille à l’encre

ISBN 978-2-01-225952-2

 

Alfred Jarry – Ubu Roi ou les Polonais Text Box:

Notes, questionnaires et synthèses par Bertrand Louët

Et Patrick Quérillacq

Hachette education, Paris – juillet 2007

Collection : Classiques Hachette, Bibliolycées, n° 45

ISBN 978-2-01-169450-8

 

Alfred Jarry – Ubu Roi

Adaptation Luc Duthil – dessins Aurore Petit

Editions Petit à Petit, Darnetal (Seine et Marne) – septembre 2007

Collection : Théâtre en BD

ISBN 978-2-84949-101-0

Les aventures de François Ubu, dictateur bouffon, devenu roi à la place du roi avec pour seule ambition de s'enrichir et de manger. Le texte de cette pièce est reproduit intégralement et adapté en bande dessinée.

 

Alfred Jarry – Ubu Roi

Illustrations de Ricardo Mosner

Gallimard Jeunesse Giboulées – octobre 2007

ISBN 978-2-07-061489-9

 

Alfred Jarry – La Passion considérée comme course de côte

Illustrations de Vincent Sardon

Michalon Paris – septembre 2007

Collection Album Tatou, tatou Lettres

ISBN 978-2-84186-419-5

Une des chroniques de La revue blanche dans laquelle l'écrivain raconte la montée de Jésus au calvaire à la manière d'une course cycliste.

 

Text Box:  Alfred Jarry – Ubu cycliste                  

Edition établie et présentée par Nicolas Martin

Editions Le Pas d’Oiseau, Toulouse - juin 2007

978-2-9524223-3-8

 

Rappelons que nous célébrons cette année le centenaire de la mort d’Alfred Jarry, né à Laval le 8 septembre 1873 et mort d’une complication de sa tuberculose à l’hôpital de la Charité de Paris, le 1er Novembre 1907. Il écrivait à Rachilde en mai 1906 : « (Le Père Ubu) ne meurt pas (pardon ! le mot est lâché) de bouteilles et autres orgies […]. Il n’a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s’éteindre. Il va s’arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu. »

 

 

Baudelaire : un demi-siècle de lecture des Fleurs du Mal

Edition de André Guyaux

Presses de l’Université de Paris-Sorbonne, Paris – juin 2007

Collection : Mémoire de la critique

ISBN 978-2-84050-496-2

Anthologie de la réception critique de l’œuvre

 

François Lallier – La voix intérieure : Baudelaire, Poe, Mallarmé

Préface de Yves Bonnefoy

Editions Lettre volée, Bruxelles – septembre 2007

Collection ; Essais

ISBN 2-87317-302-5

 

Aubrey Beardsley – Histoire de Vénus et Tannhaüser

Editions V. Hamy – Paris – octobre 2007

ISBN 978-2-87858-255-0

Court récit qui exprime la quintessence du mouvement décadent anglais. En arrivant devant la montagne de Vénus, le chevalier Tannhäuser a atteint le but du voyage. En passant la porte, il se retrouve de l'autre côté du miroir sous la montagne et lui, qui pensait conquérir Vénus, va être conquis par elle.

 

Gustave Flaubert – Trois Contes

Text Box:  Texte intégral, conforme à l’édition originale de 1877

Notes explicatives, questionnaires, bilans, documents et parcours thématique établis par Hervé Alvado

Editions Hachette éducation, Paris – juillet 2007

Collection : Classiques Hachette – Contes XIXe siècle, N°60

ISBN 978-2-01-169491-1

Un coeur simple relate la vie parfaite d'une famille banale. La légende de Saint Julien l'hospitalier est une variation autour du mythe d'Oedipe. Hérodias raconte l'histoire de Salomé qui, après avoir dansé pour Hérode, lui demande la tête de saint Jean-Baptiste.  Avec un dossier pédagogique.

Text Box:

Gustave Flaubert - Trois Contes                                                                                   

Editions de Pierre-Marc de Biasi et Chantal Gosse

Editions Flammarion, Paris – août 2007

Collection GF, n° 1337

ISBN 978-2-08-120719-6

 

Claude Digeon – Gustave Flaubert

Postface de Christine Queffélec

Euredit, Paris – juillet 2007

ISBN 978-2-84830-092-4

Guy de Maupassant – Gustave Flaubert

édition établie par Ariane Lüthi et Sylvain Kerandoux

Editions La Part Commune, Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) – juillet 2007

ISBN 978-2-84418-123-7

 

 

Voyager avec Henry James : d’un continent l’autre

Préface de Evelyne Labbé

Photographies Alvin Langdom Coburn

Editeur : Quinzaine Littéraire, Paris – septembre 2007 Collection : Voyager avec

ISBN 978-2-910491-21-5

Toute la vie d'Henry James fut partagée entre l'Amérique et l'Europe. Ce choix de lettres reflète ses émotions de voyageur,

ses enthousiasmes et ses désarrois, ses rencontres et ses découvertes, avec une spontanéité absente de ses textes de

fiction.

 

Adda Babette – Henry James, une vie innombrable

Editions Puf, Paris – octobre 2007

ISBN 978-2-13-056482-9

Une étude sur l'œuvre d'Henry James utilisant les outils de la psychanalyse. L'auteur s'appuie notamment sur les

relations du romancier avec son père et sur l'analyse de la plupart des personnages de son œuvre.

 

Eric Benoit – Néant sonore : Mallarmé ou la traversée des paradoxes

Editions Droz, Genève (Suisse)

Collection : Histoire des idées et critique littéraire

ISBN 978-2-600-01137-2

Analyse de l'oeuvre et de l'esthétique de Mallarmé à la lumière du propos de R. Barthes selon lequel la modernité

commence avec la recherche d'une littérature impossible

 

Joseph Attié – Mallarmé le livre : étude psychnalytique Text Box:

Préface de François Regnault

Editions de Losange, Nice

Collection : Anamorphoses

ISBN 2-84295-139-5

 

Stéphane Mallarmé – Le coup de dés

Commentaire de Françoise Morel

Editions Table ronde, Paris – octobre 2007

ISBN 978-2-703-2990-9

Ce recueil des premières et deuxièmes épreuves avec les corrections manuscrites de S. Mallarmé est complété par un commentaire détaillé de F. Morel, la propriétaire de cette œuvre.

 

 

 

Philippe Barascud - Huysmans : biographie

Editions Fayard, Paris – 0ctobre 2007

ISBN 978-2-213-62725-0

Vie de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), poète, romancier et critique d'art qui participa aux courants

naturaliste et symboliste et au renouveau catholique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

 

 

Marcel Proust – Jalousie

Editions du Castor Astral, Bègles (Gironde) – juillet 2007

Collection : Les inattendus

ISBN 978-2-85920-718-2

Roman qui se décompose en deux actes. Le premier relate la réception chez la Princesse de Guermantes et les cruautés et trahisons de la société aristocratique, les manœuvres séductrices de Charlus, l'agonie de Swann. Le second dit la visite tardive qu'Albertine fait au narrateur ravivant tous les poisons du cœur, la jalousie qui insuffle l'amour.

 

Marcel Proust – Jerôme Picon – Correspondance

Edition de Jérôme Picon

Flammarion – Paris – octobre 2007

Collection : GF, N° 1251

ISBN 2-08-071251-9

 

Miguel de Beistegui

Jouissance de Proust : pour une esthétique de la métaphore

Editions Michalon, Paris – mai 2007

Collection : Encre Marine

ISBN 978-2-84186-400-3

Réflexion, à travers l'oeuvre de Proust, sur l'insatisfaction qui naît d'un manque profond, inscrit au coeur du réel, dans sa présence immédiate et brute. Ce déficit, selon l'auteur, définit le sens de l'expérience, tout en signifiant l'au-delà ou l'envers de cette expérience, sa face cachée, de laquelle Proust finit par extraire le sens de la littérature et de l'art en général.

 

Alessandro Piperno – Proust antijuif

Traduit de l’italien par Fanchita Gonzalez Batile

Editions L. Levi, Paris – octobre 2007

Collection : Opinion

ISBN 978-2-86746-460-7

Proust constitue d'après l'auteur l'emblême de ces artistes juifs qui choisirent d'oublier leur origine pour choisir l'intégration. L'affaire Dreyfus va cependant le mettre face à un dilemme et révéler l'antisémitisme enraciné en Europe et en France

 

Théophile Gautier – Récits fantastiques

Edition de Jean-Jacques EgeldingerText Box:

Flammarion, Paris – août 2007

Collection : GF, n° 1334

ISBN 978-2-08-120721-9

 

Théophile Gautier – Une nuit de Cléopâtre

Illustrations de Paul Avril

Editions Grand Caractère, Paris – mai 2007

Collection Le kiosque à Livres. Les diaboliques

ISBN 978-2-7444-0686-7

 

 

Cynthia Harvey - Théophile Gautier : romancier romantique

Editions Nota Bene, Quebec – août 2007

ISBN 978-2-89518-262-7

 

Bulletin de la Société Théophile Gautier, n°29

Théophile Gautier et la maladie du bleu : la passion du voyage

Société Théophile Gautier , Montpellier – septembre 2007

ISBN 978-2-35371-005-8

 

Pierre Louÿs – La femme et le pantin : roman espagnol

E-dite, Paris – juin 2007

ISBN 978-2-84608-214-3

 

Milo Manara, Georges Bess, Claire Wendling – Intégrale Aphrodite

Dessins de Manara, Bess et Wendling

Humanoïdes associés, Paris – septembre 2007

ISBN 978-2-7316-2071-9

Poème en prose, péplum érotique, réflexion sur la passion et la chair, apologie de l'amour physique, texte précieux et œuvre scandaleuse, Aphrodite est tout cela à la fois. Publié en 1896, ce classique de la littérature du XIXe siècle est ici adapté en bande dessinée

 

 

Text Box:  André Gide – La Symphonie Pastorale

Présenté par Martine Sagaert

Lu par Catherine Ribeiro

Editions Naïve, Paris – juin 2007

Collection : Les incontournables, XIXe, XXe siècles

Gencod 3298490120071

 

 

Adrien Le Bihan – Rue André Gide : enquête littéraire à Paris XVe et en Union Soviètique

Payot , Paris – octobre 2007

Collection : Petite Bibliothèque Payot, n°645

Etude du voyage de Gide en 1936 en URSS, ses motivations, les malentendus qui l'ont entouré, etc…

 

Marcel Schwob : d’un siècle à l’autre (1905-2005)

Dirigé par Christian Berg, Alexandre Gefen, Monique Jutrin

Presses Universitaires de Rennes, Rennes – septembre 2007

Collection : Interférences

ISBN 978-2-7535-0473-8

Marcel Schwob (1867-1905) fut un créateur de formes d'une originalité inépuisable dont l'influence secrète s'étend de Paul Valéry à des écrivains plus contemporains, Jean Echenoz ou Antonio Tabucchi en passant par J.-L. Borges.

 

Laure Himy, Gérard Poulouin – Octave Mirbeau, passions et anathèmes

Presses Universitaires de Caen, Caen – octobre 2007

Collection : Littérature Française

ISBN 978-2-84133-301-1

Mise en valeur des différentes facettes de la personnalité de Mirbeau, auteur influent, homme engagé, critique d'art, romancier, homme de théâtre, qui a marqué son époque par ses passions, et a joué un rôle dans l'évolution du roman

 

Robert Ziegler - The Nothing Machine - The Fiction of Octave Mirbeau

Editions Rodopi, Amsterdam, New-York – 2007

ISBN 978-90-420-2237-9

À une époque où l’on esthétisait la réalité comme si c’était un ensemble d’objets de collection, Octave Mirbeau a fait de son œuvre romanesque une machine de destruction, capable de mettre le feu à des matériaux défraîchis et à des idéologies discréditées, et de s’en servir comme carburant afin de produire des textes qui cessent de polluer. Dans cette étude de l’ensemble des romans parus sous son nom – la première en langue anglaise –, il s’agit de montrer que Mirbeau est le seul de son espèce parmi les écrivains fin-de-siècle. À la différence des décadents, dont l’œuvre était une espèce de reliquaire destiné à conserver l’inspiration défunte, Mirbeau s’est émancipé des œuvres mortes du passé. Détestant la tradition autant que l’autosatisfaction, il a élaboré  une cinétique romanesque, qui a fait du roman l’agent d’une transformation violente.

En opposant l’esthétique décadente  de l’élégance morbide à la conception vitaliste que Mirbeau se fait de l’œuvre de fiction, cette étude nous montre un romancier prenant pour modèle l’artiste-bourreau, qui dépèce ses œuvres achevées, qui compose des romans pour mieux les décomposer, et qui procède ensuite à des collages qui révolutionnent les habitudes. Pour lui, la création artistique consiste à fertiliser un jardin des supplices, un cimetière où se consument des textes en décomposition, dont les particules renaissent ensuite sous d’autres formes. Dans les écrits de Mirbeau, la vie et l’œuvre d’art ne sont que des assemblages provisoires de matériaux, et c’est seulement la mise à mort des formes révolues qui assure la pérennité de la créativité.

(Commentaire aimablement fourni par Pierre Michel, Société Octave Mirbeau)

 

Octave Mirbeau – Le Livre de mon ami

préface de Arnaud Vareille

Éditions Arbre vengeur, Talence – octobre 2007

 

Pierre Loti – Le roman d’un enfant – extraits

Présentation, notes, chronologie et dossier par Caecilia Pieri

Flammarion, Paris – juillet 2007

Collection GF – Étonnants classiques, n° 94

ISBN 978-2-08-120552-8

Lesley Blanch – Pierre Loti                             

Text Box:  Traduit de l’anglais par Jean Lambert

Préface de Guillaume Villeneuve

Éditions du Rocher – Monaco – mars 2007

ISBN 978-2-268-06102-3

Homme de lettres et officier de marine, Pierre Loti connut la gloire durant toute sa vie, et fut reconnu comme excellent officier malgré ses frasques légendaires. A partir de sa correspondance et de son journal intime, l'auteure dresse un portrait d'un être complexe, étrange et attachant, qui fascinait ses contemporains pour son goût de l'exotisme

 

 

 

Auguste de Villiers de L’Isle-Adam – Le convive des dernières fêtes

Editions du Panama, Paris – septembre 2007

Ricci, Paris

Collection ; La bibliothèque de Babel

ISBN 978-2-7557-0273-6

Une anthologie des textes tirés des Contes cruels, des Nouveaux Contes cruels et de la presse. Contient : La torture par l'espérance, L'Aventure des Tse l La, L'Enjeu, La Reine Ysabeau, Le Convive des dernières fêtes, Sombre récit, Dernières fêtes et Vera.

 

Robert de Montesquiou – Les Pas effacés : mémoires (volume 1 – 2 et 3)

Edition établie par Paul-Louis Couchoud, présentée et annotée par Tanh-Vän-That

Editions du Sandre, Paris – avril 2007

ISBN : 978-2-914958-59-2

           978-2-914958-60-8

           978-2-9149586-61-5

Mémoires de Robert de Montesquiou, poète dandy du XIXe. Assassiné par la critique, il fut en même temps le critique de lui-même. Ses mémoires sont un salon mondain, artistique et littéraire où se croise une exceptionnelle coterie (Proust, Gustave Moreau, Whistler, Boldini, Sarah Bernhardt, etc.).

 

Dits, n°8 – Dandy

Editeur : Musée des arts contemporains du Grand-Hornu, Hornu (Belgique) – Exhibitions Interantional, Louvain (Belgique)

Septembre 2007

Au sommaire notamment : Dandysme et art contemporain ; Jack Smith (M. de Brugerolle) ; Proust-Visconti (P. Kravanja) ; Arts scéniques et dandysme (B. Vreux) ; Gaston Chaissac (L. Busine) ; James Lee Byars (A. De Decker) ; Entretiens entre M. Puck Broodthaers et D. Gielen ; Art du tunning (J. André) ; Messieurs Delmotte, entretiens (J. Foucart) ; Oscar Serti (P. Corillon), etc.

 

 

Et ailleurs …

 

Michele Mendelssohn – Henry James, Oscar Wilde and Aesthetic Culture Text Box:

 

(Edinburgh Studies in Transatlantic Literatures)

Edinburgh University Press – septembre 2007

ISBN 0748662385X

Michele Mendelssohn s’attaque ici au vieux mythe du dédain respectif qui aurait animé James et Wilde, les entraînant à nier leur influence réciproque, James par peur panique de l’homosexualité et Wilde affichant l’indifférence du dandy. L’auteur démontre ici qu’au contraire, leurs relations conflictuelles, oscillant entre estime et mépris, entre admiration et jalousie, contribuèrent à donner forme à la culture transatlantique de l’esthétisme.

 

 

Merlin Holland – Coffee with Oscar Wilde

Text Box:

Avant-propos de Simon Callow

Duncan Baird Publishers

Septembre 2007

ISBN 18448335200

 

Rencontrer Oscar Wilde devant plusieurs tasses de café, à Paris, par un après-midi pluvieux, aurait été absolument délicieux. Mais recréer ceci par enchantement aurait aussi tenu du défi, car toute tentative pour essayer de restituer son style de conversation se devait de requérir un niveau d’hybris pratiquement égal à celui de Wilde quand il attaqua le Marquis de Queensberry pour libelle en 1895, en espérant s’en sortir, juste parce qu’il était ce qu’il était. Comment quiconque aurait-il la prétention de placer des mots dans la bouche d’un des plus grands causeurs de tous les temps sans encourir la colère de Némésis ? La solution la plus lâche aurait été d’extraire les meilleures citations de ses œuvres et de ses Lettres, puis de les recoudre ensemble sous une forme plus ou moins cohérente, de façon à ce que nul ne puisse m’accuser de  revêtir le manteau d’Oscar. Le résultat, je le crains, eût été un des ces livres indigestes regroupant des bons mots de Wilde, pris hors de leur contexte, et montrant de nombreuses coutures apparentes. Ce qui n’aurait pas manqué d’agacer nombre de lecteurs un tant soi peu familiers de ses œuvres, incapables de se rappeler d’où elles étaient extraites, et qui, de toute manière, se seraient demandé ce qu’ils faisaient là.

 

Par souci de compromis, j’ai adopté une autre démarche, qui consistait à faire bouillir tous les ingrédients ensemble, de manière à ce qu’ils gardent la saveur Oscar Wilde, sans pour autant être immédiatement identifiables. Dans certains cas, j’ai choisi de m’emparer des citations et changer de personne, de temps, et de mode afin que l’expression écrite originale demeure aussi proche que possible de la parole directe sans rien perdre du style. Dans d’autres cas, j’en ai amalgamé certaines et réduit d’autres, je les ai inversées ou employées dans un contexte pour lequel elles n’étaient pas faites initialement. Même si ce n’est pas une excuse, il y eut au moins un précédent Wildien à cela. Peu de temps après avoir terminé Le Portrait de Dorian Gray, Oscar commença à écrire L’éventail de Lady Windermere, et n’étant pas de ceux qui gaspillent un bon épigramme, il donna une seconde vie à plusieurs des bons mots du roman en les réemployant dans la pièce. Soucieux d’éviter les néologismes éventuels tout en permettant la fluidité du dialogue, je vérifiai la phraséologie de Wilde en utilisant une recherche de mots dans des textes numérisés. Ce qui révéla, de façon pas tout à fait inattendue, combien son langage était moderne pour dater des années 1890.

 

J’ai hésité très longtemps entre une approche biographique ou thématique, et j’en suis arrivé à conclure que, puisque la vie et l’œuvre d’Oscar étaient si inextricablement liées, il était bien possible qu’il se soit davantage révélé à nous en parlant de lui-même. Dans la première partie de sa vie, compte-tenu de tous ses masques, on ne peut jamais prendre ses remarques pour argent comptant. Dans la dernière, même dépouillé de sa dignité, il ne lui restait que son humour. Ainsi qu’il le disait : « La Douleur, contrairement au Plaisir, ne porte pas de masque ». J’avais aussi en mémoire une histoire que m’avait racontée Sheridan Morley, aujourd’hui disparu. Il reçut un jour une lettre de l’éditeur George Weidenfeld le priant d’écrire une biographie de Wilde. Sheridan l’appela au téléphone et lui demanda pourquoi – on en avait publié une seulement dix ans auparavant. « Oui », répondit Weidenfeld, « mais c’est une si bonne histoire qu’il faut la raconter au nouveau au public à peu près tous les dix ans ». A mon avis