NUMÉRO 17 : NOVEMBRE/DECEMBRE 2008

 

§6.  ThéÂtre

 

SALOME

 

Mise en scène : Safiya Cotonnec

Regard chorégraphique : Véronique Favarel

 

Avec : Safiya Cotonnec, Annaïg Le Roy

et la voix de Steeve Brudey (Le prophète)

Musique : Gaël Loison

Lumières : Pauline Blouch
Images : Xavier Guillaumin

Décor : Michel Fagon

Scénographie : Nadège Renard

Production : Compagnie Têtdici Têtdailleurs

Co-production : L'Archipel

26, 27, 28 et 29 novembre à 20H30
Salle culturelle du Clous – Brest

 

Le spectacle a été accueilli en Résidence de création à la MPT d'Ergué Gabéric (14 novembre) l'Avel Vor à Plougastel-Daoulas (6 novembre) et l'Archipel à Fouesnant (21 et 22 novembre).

Le spectacle est soutenu par la Maison du Théâtre à Brest dans le cadre de sa mission de soutien à la Jeune création 2008.

 

 

DE PROFUNDIS

Lecture de la lettre d’Oscar Wilde à Lord Alfred Douglas par  Marie-Hélène Ruiz
Le 11 décembre 2008 à 20H30
Théâtre Municipal de Roanne

2, rue Molière – 42 300 Roanne

 

 

THE HAPPY PRINCE

Théâtre en anglais

Adapted and devised by Anne and Andrew Wilson
Objects and Puppets Theatre

 

10 décembre à 14H00 ; 11 décembre à 10H00 et 14H00, 12 et 13 décembre à 14H00 et 20H30
Théâtre des Trois Vallées – MJC de Palaiseau

Parc de l’Hôtel de Ville – Palaiseau

Réservation 01 46 56 20 50

 

L’IMPORTANCE D’ÊTRE CONSTANT

Mise en scène Lucie Jauvin

Théâtre de l’Ile

1, rue Wellington, Gatineau (secteur de Hull) - CANADA
819 595-7455

 

 

DU 5 NOVEMBRE AU 13 DÉCEMBRE 2008
Du mercredi au samedi à 20 h
Matinées les dimanches 23 et 30 novembre à 15 h

« Je trouve les personnages de cette pièce irrésistibles : on n’a jamais vu tant de candeur dans la vanité, tant de sérieux dans la superficialité… Et curieusement, les mensonges, les fantasmes et les apparences se révèlent ici, au bout du compte, plus vrais que la réalité. Voici une excellente occasion de découvrir ou de redécouvrir l’esprit, l’ironie et l’impertinence qui ont fait la renommée d’Oscar Wilde. » – Lucie Jauvin

THE PICTURE OF DORIAN GRAY

Spectacle en anglais par l’American Drama Group

 

21 novembre 2009 à 19H30

 

THEATRE DE VEVEY

Rue du Théâtre 4 1800 VEVEY SUISSE

 

 

ARTHUR RIMBAUD ET L’ETOILE NOIRE

de Michel Guyader, Laurence Le Gouic
Avec Laurence Le Gouic, Michel Guyader
Mise en scène :  Michel Guyader, Laurence Le Gouic

 

Ce spectacle, conté et chanté (15 chansons originales), donne à voir avec des mots simples la vie du poète : depuis les hardiesses impétueuses de sa toute jeune adolescence, jusqu'à Paris, Londres, jusqu'à l'errance forcenée, l'exil dans les climats perdus. Jusqu'à ce qu'il perde la lumière...

 

Théâtre de Ménilmontant

5, 6, 7 et 8 novembre à 20H30 – dimanche 9 novembre à 16H30

UBU ROI

D’Alfred Jarry.  Adaptation et mise en scène Frédéric Herion

Une production Rives d’Art

Théâtre du Centre culturel , Grand-Place , 5060 Auvelais (Belgique)

Du 12 au 14 décembre 2008

 

 

CRITIQUE

L’IMPORTANCE D’ÊTRE CONSTANT au Théâtre du Lucernaire

1)     Par Matthieu Langlois

2)     Par Danielle Guérin

 

Le soir du seize octobre, les amis d’Oscar Wilde se sont donnés rendez-vous au Théâtre Lucernaire de Paris afin de célébrer l’anniversaire de sa naissance. Au programme de cette rencontre : L’Importance d’être constant, le chef-d’œuvre comique du grand auteur irlandais.

Avant d’évoquer le spectacle lui-même, parlons un peu du Théâtre Lucernaire, l’esprit d’un lieu rejaillissant toujours sur l’art que l’on y joue. Point de déception ici en tout cas,  l’endroit apparaît des plus charmants et des plus originaux. Loin de n’être consacré qu’aux seules Thalie et Melpomène, ce centre national d’art et d’essai, installé dans le cadre d’une vieille usine réhabilitée, propose aussi un bouquiniste et un cinéma. C’est au premier étage de ce lieu bourdonnant de vie, qu’une salle de spectacle confortable vous accueille. Elle est petite, sonore, sans rideau ni limite d’aucune sorte entre le spectateur et la scène. Tout semble donc, en ce théâtre,  présager la plus heureuse soirée !

La représentation commence… Est-il besoin maintenant de parler de l’intrigue de l’Importance d’être constant ? Chaque amateur de Wilde connaît ces tirades piquantes qui provoquent l’enjouement du public plutôt que son rire, ces traits d’esprit qui n’ont point d’égaux, peut-être, dans toute la littérature dramatique. Non, sans doute ; disons simplement que le texte a été adapté et raccourci afin de le rendre plus moderne et plus immédiatement accessible à un large public. Pourquoi pas, nous ne sommes pas, pour notre part, de ces adeptes forcenés de la sacralisation de l’œuvre. Ces modifications  ne desservent pas le style de Wilde et cette version de L’Importance d’être constant s’accorde à merveille avec la jeunesse enthousiaste des acteurs qui l’interprètent.

Car, les membres de la compagnie versaillaise l’Air de rien qui nous offrent cette joyeuse comédie sont fort jeunes, en effet. C’est là sans doute un avantage pour jouer le chef d’œuvre de Wilde, cette pièce éternellement neuve qui exige verve et spontanéité plutôt que recherche et lourdeur. Astrid Hauschild qui incarne le rôle de Cecily Cardew est également la metteur en scène. Elle a su imprimer à sa vision de l’œuvre toute la vivacité d’un caractère enjoué et de bon aloi. Jean-Hugue Courtassol, Boris Ravaine et Claire Chauchat sont de jeunes amants tout à fait délicieux. Le reste de la distribution est remarquable. Une mention particulière s’impose pour Miss Prism, personnage dont Clémence Carayol a su trouver toute la délicatesse à la fois romanesque et comique.

Les décors, quant à eux, sont simples mais évocateurs. Pas de pédanterie ici. Au premier acte, l’on a pu voir un salon moderne où trônent le canapé d’Algernon et un étonnant portrait de style pop art. Au deuxième acte, le jardin du manoir de Woolton présente une table d’étude pour la jeune Cecily et deux portiques en carton dédiés aux entrées et au sorties des acteurs. Entre ces parties de l’oeuvre, la lumière s’éteint et les acteurs eux-mêmes changent les décors dans une demi obscurité.

Enfin, des morceaux de musique classique viennent ponctuer ça et là le spectacle (Mendelssohn, Mozart, etc…), et répondent merveilleusement bien aux émotions à l’œuvre sur la scène. A côté de ces pièces très connues, se place également de la musique d’aujourd’hui. Pour amadouer leurs promises en colère, les deux héros, Algernon et John, loin de chanter l’air d’opéra prescrit par le texte, se sont mis à entonner un morceau des Beatles. Le jeune homme interprétant l’amant de Gwendolen jouait lui-même de la guitare, ce qui a été du meilleur effet, et a beaucoup séduit le public. Dans le même esprit, la victoire ultime de l’amour, s’est vue célébrer au son d’un tango inattendu, danse de pure invention qui ajoute encore à la modernité de cette agréable vision de l’Importance d’être constant.

Une bien belle représentation en somme… Il est à souhaiter que ce spectacle réussisse désormais comme cela a été le cas pour la représentation à laquelle nous avons assisté. Les acteurs de la compagnie l’Air de rien le méritent amplement. Les spectateurs futurs aussi…

A la suite de la représentation, lors d’un dîner improvisé et charmant, il nous a était donné de rencontrer certains des acteurs, ainsi que la metteur en scène. Ils ont pu par nous communiquer leurs impressions sur la pièce de Wilde et nous expliquer les options qu’ils ont choisies afin de faire vivre ce chef-d’œuvre.

Matthieu Langlois

C’est toujours un plaisir de voir une jeune troupe reprendre « L’Importance d’être Constant », généralement considérée comme la pièce la plus spirituelle d’Oscar Wilde. La plus ébouriffante, la plus déjantée, la plus absurdement drôle. Au Théâtre du Lucernaire, les jeunes acteurs dirigés par Astrid Hauschild s’en emparent avec une fraîcheur tout à fait séduisante. Ils ont taillé dans le texte, mais sans l’abîmer, en conservant, si j’ose dire « la substantifique moelle » de l’étincelante  prose wildienne. Transposée à l’époque moderne, dans un décor dépouillé qui se permet un clin d’œil à Andy Warhol, la pièce ne perd rien de son rythme et de son anticonformisme ravageur. Loin des machineries à gros budget qui nous ont été présentées ces derniers temps, la réalisation d’Astrid Hauschild (qui incarne aussi Cecily) est nerveuse, dynamique et inventive. Boris Ravaine campe avec une folle décontraction un Algernon désinvolte, oisif, et sûr de lui. Jean-Hugues Courtassol  (Jack) lui renvoie habilement la balle dans ce duel effervescent opposant deux gentlemen qui se disputent un prénom. Gwendolen (Claire Chaussat) est épatante dans son numéro de jeune pimbêche chic et snob à la poursuite de l’amour. En dépit de quelques faiblesses vénielles, toute la troupe, emportée dans un tourbillon irrésistible qui finit par jeter  les couples dans un tango brûlant (!!!) donne à la pièce un charme acidulé qui s’épanouit à son aise dans une atmosphère de délicieuse frivolité. Au Lucernaire, Oscar Wilde n’a jamais paru si jeune !

                                                                                                                                                                      Danielle Guérin

 

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