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NUMÉRO 19 : MARS /AVRIL 2009 |
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§7. ARTICLES ET CONFÉRENCES |
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Géométrie complexe de quelques belles pièces d’Oscar
Wilde : |
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Par Gilbert Pham-Thanh |
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Librement inscrite dans les Masculinities Studies, cette analyse
interroge la persistance opératoire des concepts de cosmos et de chaos dans
l’étude de la figure du chiasme wildien. Elle explore le lieu dramatique formé par
Lady Windermere’s Fan (1892),
A Woman of No Importance (1893),
An Ideal Husband (1895) et
The Importance of Being Earnest (1895).
Postérieures à la publication de The Picture of
Dorian Gray (1891), ces quatre comédies de mœurs composent un corpus
homogène où thématiques, contextes sociaux et construction de personnages se
répondent, et offrent un espace d’expression stylisé et unifié à la pensée
wildienne. |
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Il est donc question des relations
problématiques tissées entre les deux notions antithétiques de cosmos et de
chaos, dans un XIXe siècle finissant, où Darwin, Nietzsche, Freud, mais aussi
Wilde, chacun selon son mode d’intervention propre, s’intègrent dans la
civilisation européenne tout en sapant son édifice. Ils annoncent la
nécessaire révision des grands schémas épistémologiques hérités, afin que
leur soient substitués les récits de la modernité. En d’autres termes, le
désordre qu’ils inaugurent dans le registre des mentalités est porteur d’une
nouvelle configuration des savoirs. Ainsi, l’époque doit s’efforcer de ne
plus opposer de façon binaire chaos et cosmos, recomposant le tableau des
possibles selon une règle du composite. |
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Néanmoins, dans ces pièces de salon,
Wilde fait la démonstration de sa capacité à répondre sans effort apparent
aux normes d’un genre et d’un style conventionnels, et s’avère à l’aise dans
le rôle de porte-parole de l’Establishment. L’esthétique se met au
service de l’ordre social, qui fonde sa possibilité d’intelligibilité, et le
souci des différences vient tracer des lignes de partage sur une scène où
résonne le texte axiologique des catégories dominantes, bien, mal, richesse,
pauvreté, culture, ignorance… Ainsi, le très dandyesque Lord Goring réprouve
ouvertement l’action de son ami Robert pour des raisons morales :
« How could you have sold yourself for money ? » (IH
II : 495). Ce sont des termes comparables, en particulier le recours à
la notion de honte, qui marquent la condamnation des écarts d’Arthur
Windermere par le fort élégant Lord Darlington : |
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“Whatever
is in him he gives to this wretched woman, whom he has thrust into your
society, into your home, to shame you before everyone […]”. (LWF II : 385) |
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En fait, les modalités d’exposition
confirment le caractère fondamentalement vertueux des sphères mondaines, et
rappellent que leurs frontières doivent être défendues en proclamant sur tous
les modes la pérennité de l’organisation impériale de l’Angleterre à la fin
du XIXe siècle. Dans ce but cosmologique, se trouvent prélevés dans la
diversité polymorphe de la vie des nantis, les éléments constitutifs d’un
récit qui, dans le cas du moins des trois premières œuvres du corpus (LWF,
WNI, IH), répond assez fidèlement à l’impératif d’unité de
lieu, de temps et d’action. Ces pièces bien faites retracent le plan d’une
société où sont exposés motifs, ressorts psychologiques, fonctionnements
sociaux, afin de dévoiler la cohérence du monde décrit et d’apporter crédit à
la gestion victorienne de l’univers. |
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Malgré les multiples péripéties qui
marquent le déroulement de l’intrigue, ce théâtre apparemment chaotique,
donc, obéit à un mouvement géométrique classique régi par un principe
dramatique ternaire, présentation d’une situation initiale stable, ou donnée
comme telle, qui se complique par l’introduction d’un élément perturbateur,
avant que ne soit trouvée une résolution heureuse au conflit, en accord avec
la poétique de Miss Prism : « The good ended happily, and the bad
unhappily. That is what fiction means » (IBE II : 565).
Ainsi, dans Lady Windermere’s Fan, Margaret Windermere savoure son
bonheur conjugal, lorsque des soupçons viennent planer sur la fidélité de son
époux. En réalité, en se rapprochant de Mrs Erlynne, Arthur Windermere porte
secrètement assistance à la mère de sa femme, qui a abandonné sa famille des
années plus tôt. Mrs Erlynne saisit l’occasion de se rédimer en sauvant sa
fille du scandale, sans pour autant lui dévoiler son identité, puis disparaît
en rendant les Windermere à leur félicité originelle. |
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En dépit de situations assez
complexes, la composition architecturale du texte trace un dessin tout aussi
pur dans A Woman of No Importance, où Gerald Arbuthnot, qui se croit
orphelin de père, s’éprend d’une jeune fille riche, Esther Worsley, alors
même qu’une promotion sociale s’offre à lui. Hélas, il apprend que son
protecteur n’est autre que son père naturel. Fort heureusement, Mrs Arbuthnot
parvient à retrouver sa dignité par un acte d’intégrité morale qui lui fait
refuser l’offre de mariage de son ancien amant. L’éternel séducteur est
expulsé de la scène peu après son inconduite vis-à-vis de la fiancée de son
fils, et la pièce se clôt lorsque Mrs Arbuthnot accepte de vivre chez Gerald,
une fois célébré le mariage des deux jeunes gens. Nouvelle variante du schéma
de normalisation programmée, An Ideal Husband met en scène un couple
parfait, les Chiltern. Survient la nouvelle que Robert a jadis commis une
indélicatesse, mais, victime du chantage de Mrs Cheveley, il refuse néanmoins
de se compromettre en soutenant publiquement un projet financier frauduleux
de construction d’un canal argentin. Grâce à Arthur Goring, l’intrigante est
neutralisée, et Gertrude Chiltern réaffirme son amour à son mari, rendu à un
statut moins idéalisé. Enfin, The Importance of Being Earnest présente
l’itinéraire de deux jeunes gens jouissant d’une situation privilégiée. Ils
rencontrent pourtant bien des obstacles sur le chemin de l’amour, en
particulier parce que ni l’un ni l’autre ne s’appelle Ernest, comme chacun le
prétend à la femme qu’il espère épouser. Par chance, il appert finalement que
Jack Worthing s’appelle Ernest Moncrieff ; quant à Algernon, Cecily
Cardew lui est définitivement acquise, et les noces seront bien célébrées. |
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Du point de vue
des grandes masses signifiantes, le désordre se voit donc assimilé dans un
cadre plus large, situation typique du régime de la comédie. Se dégage une
structure chiasmatique portée par une dynamique vitale de type a/b/b/a, où l’ordre
se déborde dans le désordre et où le désordre se résorbe dans l’ordre, comme
pour éviter que la sédimentation des échanges ne se transforme en
pétrification des attitudes et que la libéralisation des mœurs ne se solde
par un abandon à l’anarchie. Images d’instabilité et d’ouverture à
l’événement, les pièces ritualisent un cycle vital en se terminant par la
formation de couples ou sur la consolidation de leur union. Parallèlement, la
possibilité d’un bonheur parfait récompense la décision morale que l’individu
prend en situation de crise, optant clairement en faveur du cosmos de
l’orthodoxie victorienne, contre un chaos resté sans nom. |
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Travail de l’alternance de principes
antithétiques, cette vision optimiste se démultiplie dans la présentation de
personnages œuvrant à l’établissement d’une organisation capable de contenir
les fauteurs de trouble. La scène s’axiologise, alors que les représentants
du désordre tentent de dicter leurs termes aux héros, image rassurante d’un
manichéisme conventionnel qui se renforce encore puisque les justes se voient
finalement récompensés. Grand récit structurant la communauté humaine, le
triomphe de la morale succède à la traversée de l’épreuve initiatique
nécessaire à la consolidation du socle de la vie en société et au plein
épanouissement de l’individu. En outre, amour, famille, honneurs et argent
viennent former l’arrière-plan du bonheur réalisé. |
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La dichotomie originaire de l’ordre
et du désordre sous-tend une représentation de l’existence, et indexe parole,
attitude, pensée et agissement, chacun selon sa capacité à accélérer ou à
ralentir l’avènement (à l’issue de la pièce) du royaume du vrai, bien, du bon
et du beau. Dans cette perspective, se trouvent légitimées les ruses que Lord
Goring utilise afin de récupérer une lettre compromettante en possession de
Mrs Cheveley (IH III), ou la connivence équivoque entre Mrs Erlynne et
sa fille, puisque l’intrigante accepte
de mettre son honneur en péril afin de protéger l’égarement de la jeune
irresponsable, garantie du retour à la félicité domestique du couple
Windermere (LWF III). L’harmonie finale se parfait du rejet des
contrevenants hors du monde scénique car le cosmos s’affirme en neutralisant
l’influence chaotique de ceux qui refusent les règles en vigueur dans la
sphère publique. La scène devient le reflet de l’harmonie du monde, mais elle
demeure bordée par la menace contenue hors scène. S’impose alors l’image d’un
empire dont l’expansion est bloquée mais qui parvient à maintenir la cohésion
du groupe à l’intérieur de ses frontières. |
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Ce monde bipolarisé se complexifie
encore en intégrant des paramètres statutaires, et trace un axe hiérarchique
des êtres où les plus valeureux occupent les positions dominantes, y compris
sur la scène, où les classes moyennes demeurent objet de mépris :
« How like the middle classes! » s’exclame Mrs Allonby, dédaigneuse
(WNI II : 432). Argent, pouvoir et culture semblent fonder un
univers auto-suffisant donné comme modèle, ou à tout le moins comme
possibilité d’existence dans le dispositif théâtral. |
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Dans cette perspective, si les
élégants wildiens paraissent dialoguer de façon décousue, accumulant bons
mots et marqueurs de supériorité sociale, non seulement l’impression de
désordre ne renvoie pas à un quelconque chaos des relations intersubjectives,
pas plus qu’elle ne mime l’ordre fluide de l’échange courant, mais contribue
à élaborer une atmosphère de conversation mondaine. La pointe, l’effet
spectaculaire et la logique de rupture par adoption de l’ironie ou
exploration de la polysémie y composent le régime spécifique du discours de
la comédie de salon, comme l’atteste l’échange entre deux aristocrates qui
permet à chacun de sauver son rôle par la qualité rhétorique de sa répartie : |
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LADY
HUNSTANTON: Now I am quite out of my depth. I usually am when Lord
Illingworth says anything. And the Humane Society is most careless. They
never rescue me. I am left to sink. I have a dim idea, dear Lord Illingworth,
that you are always on the side of the sinners, and I know I always try to be
on the side of the saints, but as far as I get. And, after all, it may be
merely the fancy of a drowning person. |
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LORD
ILLINGWORTH: The only difference between the saint and the sinner is that
every saint has a past, and every sinner has a future. (WNI
III : 448) |
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Ici encore, une structure vient
reprendre dans un sens transcendant les éléments épars qui semblaient faire
obstacle à la préservation de l’harmonie. |
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Dans cette perspective, un idiome
homogénéisé innerve les répliques de bien des personnages et lisse les
différences, élaborant une parole stable où la dimension formelle de l’énoncé
reprend, en contrôlant leurs termes, les divergences de vue, les conflits
d’intérêt et les luttes de pouvoir. Ici encore, chaos et cosmos
s’interpénètrent, selon un régime spécifique. En conséquence, cette
cacophonie apparente pourrait mettre en scène les mouvements d’âme d’une personne
unique, Wilde peut-être, ainsi replacé en position d’autorité et de pleine
jouissance de sa propriété (intellectuelle), deux piliers de l’édifice
social. |
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Néanmoins, nouvelle figure de
chiasme, l’auteur se rit de la société parce qu’elle est dénoncée comme
risible. Alors, le théâtre se fait satire, certes bienveillante, dans la
veine horatienne, et l’esthétique devient critique. Le grand monde se voit
clairement défini comme sphère de la futilité, où la communauté élégante
glisse de salon en salle de bal, hauts lieux d’une oisiveté fondée sur le
travail du peuple. Lady Windermere’s Fan place la réception des
Windermere au cœur du dispositif dramatique ; A Woman of No
Importance se déroule au cours d’un week-end mondain à la campagne ;
The Importance of Being Earnest situe l’intrigue dans les résidences
de jeunes dandies, et An Ideal Husband s’ouvre sur la préparation
d’une soirée. Parasites de la société du labeur, les membres des cercles
exclusifs sont, dans l’insouciance la plus totale, conviés à venir échanger
des banalités, « extravagant silly things » (LWF I :
369), et ce, quoi qu’en ait Lady Windermere. En d’autres termes, la nature
réconciliée de ces êtres provient de leur inconsistance et de leur retrait de
la sphère de la responsabilité, ainsi que du refus d’embrasser la nature
conflictuelle de la vie en groupe et de faire sens de leur existence. Ils
planent au-dessus du réel sans s’astreindre à l’habiter, trouvant dans la
conversation mondaine l’alibi idéal, l’idéal ici-bas, et voient dans leurs
manières le substitut à la mise en œuvre d’une éthique : « manners
before morals ! » (LWF IV : 405). Les privilèges de classe
ne sont plus légitimes, puisque leurs bénéficiaires refusent de remplir le
rôle de guide spirituel. Ainsi,
lorsque Algernon déclare : « if the lower orders don’t set us a
good example, what on earth is the use of them ? » (IBE
I : 547-48), le paradoxe s’enrichit d’une structure de chiasme implicite, où est
questionnée l’utilité des classes dominantes, puisqu’elles se révèlent avoir
renoncé à édifier par l’exemple le reste de la communauté, qui rend pourtant
leur mode de vie possible. |
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Au cœur de la foire aux vanités
londonienne, les coteries élégantes se contentent d’organiser les unions et
d’enregistrer les séparations. Pire encore, le préjugé, ce refus de penser,
est à l’origine de bien des attitudes. En fait, la valeur de l’individu est
proportionnelle à sa capacité de répondre à des critères dont l’iniquité est
dénoncée au travers de Lady Bracknell. Cette représentante générique des
institutions et des conventions juge en effet irrecevable la demande en
mariage faite par Jack Worthing, en raison des origines sans prestige de
celui qui est caricaturalement présenté comme le fils d’un sac de voyage
déposé en gare de Victoria : |
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You
can hardly imagine that I and Lord Bracknell would dream of allowing our only
daughter […] to marry into a cloakroom, and form an alliance with a parcel. (IBE I : 559) |
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Construction artificielle et
fallacieuse, la « haute » société ne parvient plus à rendre l’image
microcosmique de la grandeur de l’Angleterre et se fissure symboliquement
lorsque Wilde introduit une problématique du scandale dans chacune des
pièces : mercenariat déshonorant de personnages publiques, abandon
d’enfants illégitimes pratiqué par le père aussi bien que par la mère,
mensonges et chantages en tous genres, usurpation d’identité… En outre, si
les catégories binaires sont conservées, leur application se montre chaotique
et contradictoire, comme en atteste cette réplique au schéma à présent
familier : « all the married men live like bachelors, and all the
bachelors like married men » (WNI II : 431). Ce détournement
de l’appareil conceptuel bipolaire dénonce les prétentions à l’exemplarité
des classes dites supérieures, incarnations auto-proclamées de l’excellence
victorienne. Ici encore, la figure du chiasme s’impose car, semble penser
Wilde, la subversion du cadre épistémologique victorien se légitime si l’on
prend conscience que cette machine référentielle est largement idéologique.
Est alors révélée la part de chaos inhérente à la caractérisation de bien des
représentants de l’ordre, les héros, en l’occurrence, que l’auteur sacrifie à
l’indignité de l’immoralité, fût-elle passagère. Ces justes vertueux,
puritains au cœur pur, abritent de sombres secrets : Mrs Arbuthnot fut
jadis séduite (WNI II), Margaret Windermere dissimule la visite
nocturne qu’elle rend à Lord Darlington, son soupirant. (LWF III)
Robert Chiltern a vendu un secret d’Etat, et même Lord Goring se parjure,
lorsqu’il déclare solennellement au même Chiltern que personne ne peut
entendre leur conversation : |
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SIR
ROBERT CHILTERN: Do you give me your word that there is no one there? |
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LORD
GORING: Yes. |
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SIR
ROBERT CHILTERN: Your word of honour ? (sits down) |
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LORD
GORING: Yes. (IH
III : 521) |
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Le spectateur, tout comme le dandyesque aristocrate, sait qu’une visiteuse attentive est postée dans la pièce voisine. Quand à Jack Worthing et Algernon Moncrieff, leur mode de vie est à ce point fondé sur le mensonge qu’il devient une institution nommée Bunburyism (IBE I : 552). |
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Toutefois, le mouvement inverse
permet d’établir la persistance d’éléments d’ordre et de morale au sein même
des représentants du désordre désignés par les instances de l’autorité
hégémonique, et Mrs Erlynne, aventurière sans scrupules, risque pourtant son
honneur afin de préserver celui de sa fille, dans un geste d’abnégation
inattendu : « Never mind me » (LWF III : 397),
alors que Lord Illingworth est prêt à épouser son ancienne maîtresse et à
assurer un patrimoine à son fils naturel : |
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I
am ready to marry you, Rachel – and to treat you always with the deference
and respect due to my wife. I will marry you as soon as you choose. I give
you my word of honour. » (WNI IV : 466)
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Il tente certes de gagner l’amour de
son fils, mais surtout, ce grand méchant homme accepte de se plier aux
conventions sociales en rentrant dans le rang respectable des hommes mariés. |
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Des gestes propitiatoires sont esquissés par ces parents dénaturés, tandis que des parents conformes aux attentes sociales s’avèrent insensibles aux besoins de leurs enfants. Mrs Arbuthnot reste d’abord sourde à l’ambition de Gerald en s’efforçant de l’empêcher de partir (WNI II : 443), Lady Bracknell refuse de considérer les sentiments de Gwendolen en matière de fiançailles (IBE I : 557), et Lord Caversham n’entend rien à la personnalité de Lord Goring, lui récitant un discours paternel stéréotypé sans portée : |
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You
have got to get married, and at once. […] Damme, sir, it is your duty to get
married. […] You must get a wife, sir. (IH
III : 515) |
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Ce fils indigne, il est vrai,
ridiculise son père, ignore ses injonctions, méprise ses valeurs, et
l’incompréhension s’installe. En fait, l’ordre familial est condamné dans ses folles prétentions à
réguler l’existence et à donner sens à l’expérience humaine : « there are so many sons who
won’t have anything to do with their fathers, and so many fathers who won’t
speak to their sons » (IH II : 508). C’est une cellule par
trop carcérale que celle de la famille, et ce fondement du monde victorien
est sapé par la mise en scène wildienne de ses manquements, de ses impasses
et de ses incohérences. |
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La remise en perspective textuelle
conteste le système d’évaluation, et les exclus se trouvent en partie
réhabilités, alors que se damnent au moins partiellement ceux que leur
position centrale dans la pièce désigne à l’admiration. Lady Windermere peut alors déclarer :
« I don’t think now that people can be divided into the good and the bad
as though they were two separate races or creations » (LWF
IV : 403), et Wilde dénonce l’artificialité trompeuse de la conformité qui
s’affiche sur la scène publique. Faillible, l’individu
se révèle incapable d’égaler les modèles prônés par ses pairs, et si la
partie de la société décrite demeure viable et prospère, elle ne peut plus
prétendre qu’à une exemplarité requalifiée, et non absolue : elle est
jetée au bas du piédestal qu’elle avait elle-même érigé pour justifier une
supériorité historique posée comme ontique. |
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Partant, Wilde inscrit un point de
rupture au cœur du système dominant et caviarde le grand texte de la
respectabilité victorienne, dans un geste perspectiviste et iconoclaste. Il
démontre, par le choix des situations mises en scène, le caractère inadapté
des paradigmes de pensée que le siècle se donne afin de retranscrire dans une
grammaire compréhensible les éléments de l’expérience humaine. Arbitraires, ces
notions et concepts possèdent certes la rigueur géométrique de la définition
bien faite, mais, produit d’un délire de la raison, ils répondent davantage à
un besoin intellectuel de déterminer et de hiérarchiser le réel qu’à un souci
de rendre compte du tumulte de la vie. En conséquence, l’individu se voit
broyé par une identité sociale rigide définie selon l’ordre
phallogocentrique. C’est par exemple la catégorie de l’enfant illégitime,
donc délié de son ascendance paternelle, mais aussi incapable d’organiser la
filiation et la transmission de l’héritage dans le système patriarcal, qui
donne son origine sociale au scandale de l’existence de Jack Worthing (IBE)
ou de Gerald Arbuthnot (WNI). Cette forme d’aliénation se reflète dans
le traitement des représentants du petit peuple, qui ne sont admis sur scène
qu’à condition d’être banalisés et neutralisés sous l’uniforme de la
domesticité. Réduits aux utilités, ils s’identifient au travers d’un idiome
qui marque leur intégration dans l’ordre dominant et les arrime à la double
fonction de servir et d’acquiescer, tel Phipps, qui répond « Yes,
my lord » à sept reprises au cours du même échange (IH III :
513). La répétition, suspecte jusqu’au ridicule, dévoie le rituel des
relations entre employeurs et employés, alors que les saillies de certains
domestiques contestent la clôture du rôle anonyme qui leur échoit. Refusant
la simple dimension instrumentale inhérente à sa fonction de serviteur, Lane,
par exemple, n’hésite pas à évoquer sa vie sentimentale, à la grande surprise
d’Algernon. Il affirme ainsi sa personnalité dans un commentaire des plus
subjectifs, grâce auquel Wilde place subversivement les deux hommes sur un
plan d’égalité : |
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LANE:
I have only been married once. That was in consequence of a misunderstanding
between myself and a young person. |
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ALGERNON
(languidly): I don’t know that I am much interested in your family life,
Lane. |
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LANE: No, sir; it is not a very interesting subject. I never think of it myself. (IBE I : 547) |
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Pourtant, les thématiques de l’amour et de la mansuétude déportent encore le projet, et recentrent le discours sur l’individu, plutôt que sur le cycle vital de la société. L’esthétique est progressivement rendue à l’art et il est alors question de plaisir et de jouissance (sans reprendre l’opposition barthésienne), non seulement relatifs à la création wildienne mais aussi à la posture interprétative du lecteur. |
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L’ordre langagier conventionnel
devient un terrain d’expérimentation ludique, lieu de contestation des
identités, des définitions et des lignes de partage. C’est dire que la
déraison s’y déploie, en tant que redéploiement de la raison dans des
conditions inédites et inouïes, décalées, génératrices de chocs sémantiques.
Ainsi, illégitime sur la scène de l’échange comme dans le for intérieur de la
personne, la fascination pour la débauche dont Cecily fait preuve, cherche
dans le discours acceptable les éléments d’une grammaire personnelle où la
charge érotique oriente l’énoncé : « I hope you have not been
leading a double life, pretending to be wicked and being really good all the
time. That would be hypocrisy » (IBE II : 567). Le discours est
reconfiguré afin de lui rendre une dynamique sémantique perdue, par exemple dans
cette tirade de Mrs Erlynne où le propos platement météorologique se fait
métamorphique, voire poétique : « Whether the fogs produce the serious
people or whether the serious people produce the fog, I don’t know » (LWF
IV : 404). L’exploration de l’absurde au travers d’un type de paradoxe
illustre cette approche du langage et de la scène comme sites d’élaborations
transgressives. La perversion des modèles y règne, autant comme ressort esthétique
que comme principe moral, ce qu’atteste cette réplique relativiste de Lord
Goring : « Vulgarity is simply the conduct of other people […]. And
falsehoods the truths of other people » (IH III : 513). |
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Cependant, il faut noter la
pluralité des modes de fonctionnement du paradoxe. Il peut, comme dans des
énoncés de type « the youth of
America is their oldest tradition » (WNI I : 422), se
caractériser par sa dimension épiphanique, forme de court-circuit cognitif,
mais il se mue aisément en une afféterie parodique du langage. Il procède
alors par création d’effets de sens qui déroutent la raison mais charment les
sens, parmi lesquels un sens qualifiable d’intellectuel, auquel s’adresse
cette répartie de Cecil Graham : « I say you’ve been twice divorced
and once married. It
seems so much more probable » (LWF II : 382). Le monde créé
semble s’affranchir de toute contrainte, comme le rappelle Lord
Darlington : « I think life too complex a thing to be settled by
these hard and fast rules » (LWF I : 370), et l’absurde
coudoie le poétique. |
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Construction idéologique étriquée, le cosmos est dans l’œuvre wildienne soumis à un régime de la négociation. Un espace d’expression s’ouvre alors au jeu des recompositions, à l’expression des différences, dans le but de retrouver une capacité de création euphorique menacée par un formatage social et culturel produit, à leur bénéfice, par certaines élites bien pensantes. Bien sûr, le dandy donne sa teinte spécifique à ce travail de déconstruction. |
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Nouvelle atteinte portée au
phallogocentrisme, une réplique insolite telle : « All women become
like their mothers. That is their tragedy. No man does. That’s his » (IBE I :
560), bouleverse le discours attendu tout en rappelant l’influence de
Speranza, la mère du dramaturge, voire en évoquant un désir de transsexualité.
Cette forme d’énoncé inversé, voire inverti, se laisse interpréter comme
manifeste émancipateur et évoque déjà la notion de constructivisme
psychologique en rupture avec tout ordre naturel. L’identité sexuelle se
revendique comme identification sexuelle libérée qui serait liée au
dépassement décomplexé et festif des contraintes inhérentes à la construction
de la société en tant que lieu de l’homosocialité, et de l’homophobie qui
l’accompagne presque naturellement. Ainsi, les jeunes hommes wildiens sont
liés par une amitié complice, et la réaffirmation de l’hétéronormativité est
tournée en dérision par le choix du registre comique de l’auteur, qui vient
frapper tout élément décrit d’une étrangeté cocasse. |
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En conséquence, bien que les pièces
décrivent le sempiternel ballet amoureux du scénario hétérosexuel, les
situations manquent de profondeur et perdent en crédibilité, lorsqu’elles ne
mettent pas en présence des individus (se) posant, dans le registre
sentimental, la question de l’honnêteté, de l’honneur et de la
respectabilité, toutes valeurs étrangères à l’idiome du désir, mais
rattachées à la problématique de la structure sociale patriarcale. Le
caractère artificiel de l’amour que se vouent jeunes gens et jeunes filles marque
moins un attachement à une forme d’amour courtois qu’un congé donné au schéma
classique des rapports sentimentaux, dont l’authenticité est largement mise
en doute. Tout au moins perd-il son caractère naturel en se parant des
couleurs de la mascarade, ramené à une mise en acte et en paroles
auto-parodique d’une possibilité narrative parmi d’autres. En outre, sur
cette scène apparemment devenue le lieu institutionnel de la construction de
l’identité sexuelle dominante, le personnage dandyesque adopte une attitude
suspecte, équivoque, peu conforme, s’appropriant des caractères féminins
traditionnels. Ce brouillage des repères sexuels ne rend en rien le
dispositif de Wilde illisible, mais accroît au contraire son pouvoir de
séduction, comme le reconnaît Gwendolen : « once a man begins to
neglect his domestic duties he becomes effeminate, does he not? And I don’t like that. It makes men so very
attractive » (IBE II : 577). L’homme
parade et s’exhibe, envahit l’espace visuel de l’incarnation, prenant la
pose, ajustant sa mise, comme Algernon Moncrieff (IBE) et Lord Goring (IH),
livrés à des pulsions narcissiques, ne cessent de le faire. S’il accepte encore de tenir son
rôle en courtisant les jeunes filles placées sur son itinéraire, le dandy
marque une nouvelle forme de masculinité qui ne peut laisser de décevoir les
attentes des patriarches les plus conservateurs, tels Lord Caversham (IH)
ou bien le Très Honorable Mr Kevil (WNI). D’ailleurs, l’introduction
d’un dandy qui ne fera que traverser A Woman of No Importance
(I : 424-25), fait basculer le monde de la représentation. En effet,
lorsqu’un certain Lord Alfred, homonyme de l’amant de Wilde, badine avec Lady
Stutfield, une cigarette à filtre doré à la main, le dramaturge invite à
reconfigurer l’intrigue en tant que tentative de placer le scénario
homosexuel dans les marges d’un récit conforme aux canons de la bourgeoisie,
site d’un désir qui n’ose dire son nom qu’à mots couverts : « The Love
that dare not speak its name », s’il est permis de s’inspirer de l’expression
due à Lord Alfred Douglas, évoquant dans son poème « Two Loves » le
caractère indicible de l’homosexualité sur la scène publique. |
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Reste au moins le plaisir de se construire en se disant, comme pour Jack Worthing, qui devient le Ernest qu’il prétend être (IBE). D’un point de vue symbolique, cette liberté prise avec l’état civil fonctionne comme nouvelle revendication pour chacun de la possibilité d’une auto-fondation par agrégation de traits sélectionnés en fonction de goûts propres et non par respect des codes en vigueur. D’ailleurs, loin de l’essentialisme, et en accord avec une vision constructiviste de l’individu, les jeunes héroïnes wildiennes sont souvent entreprenantes, et n’hésitent pas à réécrire le texte du rôle qui leur revient conventionnellement. Insoumises, volontaires, dominatrices, actives, elles sont les dignes représentantes de la Nouvelle Femme, même si c’est au risque d’être classées dans la catégorie des Gorgones victoriennes, comme Lady Bracknell, tyran domestique et parente despotique (IBE). |
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Logiques transformationnelles,
transgénérisme psychologique et principe de réversibilité décomposent la
narration multiséculaire de l’histoire des relations entre sexes et de
l’identité individuelle telle qu’elle est racontée à la fin du XIXe siècle,
et introduisent aux délices d’une mise à disposition des caractères
identitaires, que chacun recompose à l’envi. Il est significatif que Lord
Goring déclare voir dans les femmes les véritables dandies de la scène
mondaine : « The men are all dowdies and the women are all dandies,
aren’t they ? » (IH I : 482). |
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Enfin, la poétique de Wilde se
laisse lire au travers de l’évolution du rôle du dandy, posé en tant que
nouveau modèle de masculinité, ou plus exactement comme porte-parole d’une
sensibilité masculine alternative. Simple élément de la scène mondaine et
élégante de Lady Windermere’s Fan (Lord Darlington), il devient le
représentant du mal, celui qui n’obéit pas à la morale dominante dans A
Woman of No Importance (Lord Illingworth). An Ideal Husband (Lord Goring) le voit placé en position d’élément de résolution de l’intrigue
centrale ; enfin, The Importance of Being Earnest promeut deux jeunes
dandies (Algernon Moncrieff et Jack Worthing) jusqu’au cœur du propos,
faisant en quelque sorte du dandysme le sujet d’une pièce où l’absurdité
iconoclaste devient principe existentiel, alors que l’élégance et le
raffinement prennent une dimension ontologique. En outre, cette dernière
œuvre se donne comme anticipation du spectacle queer, se prête à une
mise en scène queer, univers en folie où chacun joue son existence
dans une quête avide de jouissance, en contravention des règles et des
normes, repoussant les frontières de l’imaginaire victorien, offrant l’image
d’un monde dont le caractère le plus rassurant reste l’accueil qui y est fait
à l’inattendu. |
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En dernière analyse, même si le paradoxe en constitue une figure privilégiée, le texte obéit aussi à une logique du chiasme, forme de l’équilibre autour d’un centre insaisissable qui marque ici le point d’effondrement du cosmos et d’avènement du chaos, tous deux reconfigurés selon le régime spécifique de la fête. Pourtant, si les concepts de chaos et de cosmos demeurent pertinents, ils font plus que délimiter des espaces réels de vie. Ils perdurent aussi en tant que catégories formelles offertes aux manipulations en tous genres, se décomposant et se recomposant à l’infini en chaosmos, en cosmaos et en leurs dérivés. Surtout, ils marquent des bornes hypothético-idéelles d’un continuum le long duquel Wilde invite à faire évoluer des parcours existentiels rendus à leur ouverture, et dont une forme géométrique simplifiée pourrait être la figure ludico-parodique du chiasme. |
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BIBLIOGRAPHIE |
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Gilbert PHAM-THANH, agrégé d’anglais, est
maître de conférences à l’Université Paris Nord. Il a soutenu une thèse
intitulée Du dandysme en Angleterre au XIXe siècle et de ses répercussions
en France, et poursuit son exploration des champs de l’esthétique, de
l’élégance, des mœurs, du dandysme et de la définition de la masculinité,
dans la littérature britannique du XIXe siècle. Il est aussi membre de la
Société Française d’Etudes Victoriennes et Edouardiennes. |
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