Numéro 9 : JUIN /JUILLET/AOÛT 2007

 

§11.  LE PORTRAIT DE … ENRIQUE GOMEZ CARILLO

 

Gomez Carrillo et Oscar Wilde

I

 

Par

Emmanuel Vernadakis


 

 Personnage haut en couleur, Enrique Gomez Carrillo (Enrique Gomez Tible de son vrai nom) est né à Guatemala ville le 27 février 1873. Il s’expatrie pour s’installer à Paris en 1891 en tant que diplomate et échotier. Sa vie à Paris est ponctuée de voyages et constellée de fiancées, épouses et  maîtresses[1]. Il décède à 54 ans[2] en laissant derrière lui  une autobiographie, des souvenirs littéraires, des chroniques, des récits de voyages[3], des nouvelles, des romans et quelques traductions[4]. La valeur de ces écrits est variable. En revanche, ses récits de voyages ainsi que son travail de directeur de deux revues hispanophones, Nuevo Mercurio[5], et Cosmopolis[6], publiées à Paris au tournant du siècle, rendent Carrillo intéressant en tant que médiateur dans l’échange des cultures[7]. Diffusées assez largement, ces revues ont nourri les élites hispanophones du nouveau continent de romantisme, de symbolisme et de poésie parnassienne. On leur reconnaît généralement[8] un rôle déterminant dans les orientations esthétiques et idéologiques du Modernismo, courant littéraire majeur qui se développe dans l’ensemble des pays latino-américains au moins jusqu’aux années mille neuf cent trente.

 

Le modernisme se présente comme une vaste entreprise de questionnement sur l’identité culturelle latino-américaine. Elle est issue d’une rupture avec la métropole espagnole et son patrimoine littéraire. De manière paradoxale, alors qu’au fond, il s’agit d’une quête d’identité, le modernisme commence par une ouverture au cosmopolitisme. Cette ouverture en fait un mouvement à multiples facettes[9] : héritier de l’art pour l’art et adepte du naturalisme tout à la fois, le modernisme est pris tour à tour de gallomanie et de ferveur nationaliste. Par son travail  de chroniqueur, de reporteur et d’éditeur, Gomez Carrillo contribue à la pratique insolite de cet éclectisme[10] qui répond aux problèmes identitaires de l’Amérique latine par une vision plurielle de l’art[11].

 

Lorsque Enrique Gomez Carrillo arrive à Paris, vers la fin de 1890, il a dix-sept ans. José Garay, un médecin interne latino-américain qui soigne Verlaine[12], l’aide à s’infiltrer dans les milieux symbolistes. Il l’introduit assez rapidement auprès du maître qui n’en est probablement pas impressionné puisque, par confusion désinvolte, il l’appelle Carrasco[13]. Carrillo a, néanmoins, plus de succès auprès d’Alice Fréville, la fiancée de  Garay. Le médecin de Verlaine est offensé. La nouvelle de la rupture de  ses fiançailles se répand. Ainsi, en 1893, Carrillo se voit consacrer un petit article dans La Plume[14] où il est question de tempérament donjuanesque, de duel, de tentative de suicide, de la nature ardente des latins etc. Sans intérêt particulier, cet article constitue néanmoins le premier exploit d’Enrique Gomez Carrillo qui réussit à retenir l’attention des Parisiens à peine trois ans après son arrivée à Paris.

 

Si Paris a adopté Carrillo c’est parce que Carrillo a, lui aussi, adopté Paris[15]. Sa plume fleurie amplifie le côté « magique » de la capitale, ville cosmopolite qui devient dans ses chroniques une scène de théâtre : les artistes du monde entier viennent y rencontrer les symbolistes et les parnassiens, flâner avec eux (et avec Carrillo) sur les boulevards et, en buvant de l’absinthe sur les terrasses des cafés, parler de poésie, de littérature, d’art  Idéalisée, naïve, fondée sur des lieux communs, des représentations superficielles et embellies, cette représentation que Carrillo véhicule dans le monde hispanique participe à la création d’un « mythe »[16]. Paris y devient un lieu emblématique, l’Eldorado des artistes—une utopie repérable sur la carte[17].

 

Le Paris de Carrillo œuvre également pour l’ouverture des nations à « l’esprit cosmopolite » et sous la plume de l’échotier le mot « Parisien » devient un vague synonyme de « cosmopolite », superposition qui a des conséquences sur les engagements idéologiques, le mode de vie et l’identité du jeune homme : de Paris, Carrillo part à la connaissance de l’Autriche, la Hongrie, la Belgique, l’Angleterre, la Russie, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, l’Afrique du nord, la Palestine, la Turquie, l’Égypte, la Chine et le Japon. Chaque voyage est suivi de la parution d’un ouvrage qui illustre le point de vue de quelqu’un qui se veut « Parisien » et vit en « citoyen du monde ». Fait d’affirmations fondées sur des descriptions fleuries et dépourvues d’analyse critique, ce point de vue est toutefois un peu superficiel.

 

Oscar Wilde rencontre Gomez Carrillo lorsqu’il se rend à Paris au début de novembre 1891 pour travailler sur Salomé[18]. Pour relater cette rencontre, Richard Ellmann[19] s’appuie sur un article d’Yvanhoé Rambosson[20] paru dans un numéro non daté de La Comédia[21].

 

Après avoir déjeuné chez le traducteur Henry Davray, Rambosson et Wilde se rendirent au café d’Harcourt où les rejoignit un jeune diplomate et écrivain guatémaltèque, Enrique Gómez Carrillo, qui accompagnait Paul Verlaine. Wilde prit en main la conversation tandis que Verlaine s’absorbait dans le Pernod. De temps à autre, cependant, il grognait quelque commentaire de gamin des rues en réponse aux propos étudiés de Wilde. Comme en 1883, Wilde détesta l’apparence négligée de Verlaine et consacra tous ses soins à Gómez Carrillo, jeune homme exubérant à la vive intelligence et au discours pittoresque. Wilde évoqua sa vie, ses voyages, son amour de l’existence et de la sensation, pour conclure, comme plus tard devant Gide : « Je n’ai mis que mon talent dans mes œuvres ; j’ai mis tout mon génie dans ma vie. » Á ces mots, Verlaine devint soudain sérieux et, se penchant sur Rambosson, il lui dit en aparté : celui-ci est un vrai païen. Il possède l’insouciance qui est la moitié du bonheur, car elle ignore le repentir[22].

 

Claude Viot-Murcia[23] s’appuie sur le témoignage de Carrillo lui-même[24] pour avancer qu’Enrique a rencontré Wilde chez Stuart Merrill[25] durant l’un de ses fameux « Five o’clock » où l’on servait du whisky à l’heure du thé[26].

 

A priori, leur âge, leur culture, leurs origines, leurs affinités intellectuelles et autres ne prédestinent pas Oscar Wilde et Gomez Carrillo à se fréquenter. Néanmoins, à peine âgé de dix-huit ans et doté d’un physique plaisant, ce dernier ne devrait pas laisser le premier indifférent[27].

 

Si l’intérêt de Wilde pour Carrillo est physique, celui de Carrillo pour Wilde serait « intellectuel ». Carrillo avait interrompu ses études secondaires assez tôt pour devenir vendeur d’articles féminins dans un magasin de nouveautés. Par conséquent il était autodidacte et  connaissait mal les fondements idéologiques des cercles parisiens dans lesquelles il évoluait. C’est pour compenser cette insuffisance que ses chroniques se bornent à la description et que lui-même cultive un style fleuri. Le jeune homme a vu en Wilde un maître  potentiel qui pourrait l’aider à comprendre la littérature et à la mettre en perspective dans le contexte du symbolisme, ce que Verlaine n’a pas eu l’idée ou l’envie de faire avec lui.

 

Si les hypothèses précédentes tiennent, la rencontre entre Wilde et Carrillo s’inscrirait dans un contexte de complémentarité. Si c’est le cas, il y a cependant un point qui va de travers. En dépit du nombre d’androgynes crépusculaires[28] qui hantent sa fiction, Carrillo n’est pas du tout attiré par l’homosexualité. Homme à femmes, il a eu des aventures avec nombre d’ambassadrices du beau sexe, connues et moins connues. Et pourtant, Wilde n’est pas le seul homosexuel avec lequel il noue des relations étroites. Carrillo fréquente aussi D’Annunzio et on sait que son amitié avec Jean Lorrain a été l’objet de « commentaires malveillants.[29] »

 

Cela étant dit, Wilde et Carrillo partagent en commun le statut d’étranger dans un Paris qu’ils apprécient. À Paris il y a une certaine ouverture d’esprit qui n’est pas facile à trouver ailleurs. On y respecte la liberté individuelle. Athènes du monde moderne, Paris est pour Wilde un lieu où les conventions sont plus souples, du moins chez les artistes où il pourrait  même être permis d’être homosexuel, pourvu qu’on soit brillant. A Paris, qu’il connaît aussi bien que Londres, Wilde se sent chez lui. Cependant, il n’y est pas tout à fait la même personne. Ici, il ne fréquente pas des clubs ni des galeries de peinture, mais des cafés, des bistrots, des cabarets et des bals populaires. Il vient et revient à Paris pour cultiver la partie démocrate de sa personne, celle qui se nourrit d’héritage latin, de chansons de rue et d’odeurs de cuisine. L’Irlandais en lui se trouve bien en compagnie des petits-enfants de la Révolution. 

 

Vu le manque de sources, il serait superficiel d’avancer une thèse sur le type de rapport qui s’établit entre les deux personnes. Toutefois, on peut émettre l’hypothèse que le caractère ambitieux, voire arriviste[30], de Carrillo ne lui a peut-être pas interdit de se montrer complaisant jusqu’à un certain point avec ceux qui lui trouvaient du charme. Car son intérêt dans sa relation avec Wilde (et les autres) réside, certes, dans ce qu’il peut s’approprier de son (leur) savoir. Cependant, Carrillo sait aussi qu’une amitié avec « les grands » peut offrir un fort coefficient de socialisation. Elle peut faciliter l’intégration chez les symbolistes dont les portes ne sont pas automatiquement ouvertes aux artistes étrangers qui, comme Carrillo, n’ont pas encore fait leurs preuves.

 

L’ensemble de ces paramètres contribue à ce que la relation qui se forme entre le Latino-américain Carrillo et l’Irlandais Wilde soit immédiate et étroite.  « Entre deux vérités, la plus fausse est la plus vraie » disait Wilde en cherchant à impressionner Carrillo avec son éloquence d’Irlandais. « Les seules beautés que je connais sont les femmes » disait Carrillo pour provoquer Wilde avec sa nature latine[31]. Même si elle n’aboutit à aucun contact physique, cette relation qui se noue entre les deux revêt un caractère sensuel et, toute proportion gardée,  relève du « coup de foudre » -- Relation  brève  et intense, « sentimentale » pour Wilde, « intellectuelle » pour Carrillo.

 

Pendant les deux derniers mois de 1891, Wilde et Carrillo se voient pratiquement tous les jours, vont ensemble à des réceptions[32], à des dîners et se promènent tard dans la nuit à Montmartre où Wilde cherche, et parfois trouve, des Salomé de rue. Durant cette période, ainsi que le souligne Richard Ellmann, Wilde fait de Carrillo « l’un de ses confidents[33]. » Il lui parle de son projet tel qu’il évolue au fil des jours, de son héroïne, des sources qu’il engage dans sa création, des thèmes qu’il aimerait développer etc. Carrillo devient ainsi la personne la mieux placée pour décrire l’état d’esprit de Wilde au moment de l’écriture de Salomé et celui qui pourrait le mieux expliquer le dessein de son auteur en la composant. Il le fait d’ailleurs en partie,  et cela de manière explicite, dans ses mémoires[34] et dans quelques articles[35]. Il nous dit, par exemple, que Wilde lui fait part de plusieurs récits lus dans des apocryphes en rapport avec sa pièce, chez Josèphe et ailleurs, ses premières intentions de composer un poème, la manière dont il imaginait son héroïne, comment il en est venu composer une pièce etc.

 

Intense, pour le temps qu’elle dure, cette relation marque profondément Gomez Carrillo. Nombre de Salomé hantent son travail d’échotier, son œuvre romanesque ainsi que ses choix éditoriaux[36]. Il en est littéralement obsédé. Son roman, L’évangile de l’amour, traduit en français en 1923, expose naïvement nombre de textes que Wilde intègre dans le palimpseste de sa Salomé en adoptant pour les expliquer la même perspective selon laquelle ils fonctionnent dans la pièce de Wilde. Ce roman constitue, ainsi que j’ai tenté de le montrer par ailleurs[37], un document important pour le chercheur de Salomé. Cependant, l’effet de Wilde sur Carrillo peut être encore plus profond. Il pourrait s’étendre au delà de l’œuvre et au delà de l’homme Carrillo. La personnalité « parisienne » affichée par ce dernier, son engagement en tant que critique, ses voyages et son point de vue de « citoyen du monde », le cosmopolitisme qu’il essaye de promouvoir dans ses écrits sont autant de thématiques qui se retrouvent dans Intentions, l’œuvre critique de Wilde. Si Wilde expose en détails ses desseins sur Salomé à Carrillo, il n’est pas impossible qu’il lui parle aussi en détail de ses autres pièces, voire de son œuvre de manière générale. De même, si Salomé a eu un effet si notable sur Carrillo, la pensée de Wilde a , elle aussi, marquer Carrillo.  Si bien que le modernisme latino-américain, fondé en partie sur des notions et principes véhiculées par les revues dirigées par Carrillo pourrait être toute aussi tributaire à la pensée irlandaise qu’il ne l’est à la littérature française. Cette hypothèse nécessite un autre développement qui pourrait se faire dans un deuxième temps.

 

Quant à Wilde, il termine sa Salomé un peu avant la fin décembre et retourne à Londres pour fêter Noël en famille. Après cette date, il ne revoit plus jamais Carrillo.

 

v             Emmanuel Vernadakis est professeur au Department d’anglais, Université d’Angers, et un des membres fondateurs de la Société Oscar Wilde en France.  L’édition du texte de Gomez Carrillo, L’évangile de l’amour (1923), préface et annoté par Emmanuel Vernadakis est paru chez L’Harmattan (2003).

v             Pour savoir plus :

§         Brian J. Dendle : ‘Galdós, La Jeunesse and Oscar Wilde: Enrique Gómez Carillo’s Tribute to Galdós.’  Anales Galdosianios, vol. 23, 1988.

§         José Ismael Gutierrez : ‘Dos aceramientos a un motivo literario de fin de siglio: la Salome de Oscar Wilde y la de Enrique Gomez Carillo.’  Hispanic Review, vol. 63, no. 3, 1995.

 

 



 

[1] Il se fait notamment connaître en 1917 par le service de contre-espionnage français en tant que dernier amant de Mata Hari.

[2] Le 29 novembre 1927.

[3] En 1906, il reçoit le prix de l’Académie Française pour L’âme Japonaise et est aussi décoré de la Légion d’honneur.

[4] Enrique Gomez Carrillo, Obras Completas, Madrid, Mundo latino, 1919-1922.

[5] Dont le premier numéro paraît à Paris, en janvier 1907.

[6] Revue mensuelle qu’il fonde en janvier 1919 et qu’il dirige, toujours à Paris jusqu’en septembre 1922

[7] C. Séris,  Les Écrivains latino-américains devant la France, entre 1885 et 1914 (quatre volumes). Thèse d’état soutenue à Paris 4, Sorbonne, 1991.

[8] C. Séris,  op.cit. et Claude Viot-Murcia, Énrique Gómez Carrillo, intermédiaire culturel entre la France, l’Espagne et l’Amérique espagnole, Thèse de doctorat d’état sous la direction de D.H. Pageaux, Paris III, 1978.

[9] Voir S. Molloy, La diffusion de la littérature Hispano-américaine en France au XXe siècle, Paris, PUF, 1972.

[10] Qui constitue la pierre angulaire du modernisme. Voir C. Séris,  Op.cit, vol. I, 4, 58.

[11] Voir J.M. Faurie, Le Modernisme hispano-américain et ses sources françaises, Paris, Centre de Recherches de l’Institut Hispanique, 1966.

[12] Alors âgé de 46 ans.

[13] Claude Viot-Murcia, op.cit. p 81.

[14] Du 1er décembre 1893. L’article est signé par M. de Croix-Mont.

[15] Carrillo fait tout pour ne pas perdre la chance qui lui est donnée de vivre à Paris. Il n’a pas beaucoup de scrupules, par exemple, lorsqu’il se fait l’allié du tyrannique Estrada Cabrera, personnage détesté de ses compatriotes qui inspira El Señor Presidente de M. A. Asturias. Estrada Cabrera a nommé Carrillo Consul du Guatemala à Madrid, puis à Paris, pour le remercier de son soutien et de sa participation active lors de la campagne électorale à la présidence de la république en 1898.

[16] Voir à ce propos les ouvrages de Jerrold Seigel, Bohemian Paris : culture, politics, and the boundaries of bourgeois life, 1830-1930, New York : Viking, 1986, W. Scott Haine The world of the Paris café : sociability among the French working class, 1789-1914, Baltimore, Md. : Johns Hopkins University Press, 1996, Henry Melchior de Langle, Le petit monde des cafés et débits parisiens au XIXe siècle : évolution de la sociabilité citadine  (préface de Pierre Chaunu), Paris : Presses universitaires de France, 1990 et surtout la thèse, déjà citée, de C. Viot-Murcia.

[17] La culture de ce mythe  lui vaut un indéfectible succès auprès des lecteurs et constitue probablement la contribution personnelle la plus notoire de Gomez Carrillo au modernisme latino-américain.

[18] Pour les œuvres de Wilde, les numéros entre  parenthèses en fin de citation renvoient aux pages de l’édition suivante : Oscar Wilde, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1996.

[19] Richard Ellmann, Oscar Wilde, Gallimard, 1994, p. 375.

[20] Yvanohé Rambosson écrivain, critique et poète. Sa poésie témoigne d’un intérêt curieux pour le personnage du Christ :  « Avec la violence d’Aquilon je te désire, ô Jésus, si bon …» ou bien «…ta Verge miséricordieuse est à moi mauvaise… » (voir respectivement « Adoration » et  « Le Désir », dans Actes, 1898, p. 7-9).

[21] Journal qu’il a consulté à la bibliothèque de l’Arsenal. Voir Richard Ellmann, Op.cit, p. 643, note 10.

[22] Richard Ellmann, op.cit.  p. 375. Cependant, selon la chronologie verlainienne établie par J.Richer, le poète a été hospitalisé du 31 octobre 1891 au 20 janvier 1892 à l’hôpital Broussais. Voir Christiane Séris, « Un américain à Paris en 1891 : les débuts littéraires de Énrique Gómez Carrillo », dans Études Littéraires,  avril 1969, p. 63, et J.Richer, Paul Verlaine, Paris Seghers, 1957, p. 78.

[23] Claude Viot-Murcia, Énrique Gómez Carrillo, intermédiaire culturel entre la France, l’Espagne et l’Amérique espagnole, Thèse de doctorat d’état sous la direction de D.H. Pageaux, Paris III, 1978.

[24] Dans Gomez Carrillo, Esquisses, (1891)  siluetas de escritores y artistas – Oscar Wilde, Armand Sylvestre, Charles Maurras, Paul Verlaine, etc., Madrid Librería de la Viuda de Hernando y Cía., 1892, « Oscar Wilde », p. 11.

[25] Stuart Merrill (Long Island 1863- Versailles 1915), est l’auteur des Gammes et le traducteur en anglais de nombre de poètes français contemporains dans une anthologie (Pastels in Prose) parue en 1890.

[26] Viot-Murcia, op.cit.  vol. 1, p. 82.

[27] On sait que, lors de son procès, Wilde a été  accusé d’avoir fréquenté des jeunes gens qui n’était ni de son milieu ni de sa culture. Il se peut même que Wilde flatte Carrillo comme il l’avait fait avec tous ceux qui lui plaisaient. On peut d’ailleurs voir un soupçon de flatterie dans le propos qu’il lui confie (selon le témoignage de Carrillo lui-même) « Le premier devoir d’un homme est d’être beau, ne croyez-vous pas ? » (Richard Elmann, op. cit. p. 375) Pour ce que nous connaissons du caractère de Carrillo, d’après sa biographie et son autobiographie confrontées aux témoignages de ses contemporains, il ne doit pas être indifférent à la flatterie.

[28] Dans L’évangile de l’amour (1922), mais aussi dans Tres Novelas inmorales (1920) qui  contient les œuvres préalablement publiées, Bohemia sentimental (1899), del Dolor y del Vicio (1898), Pobre Clown (1900).

[29] Viot Murcia, op. cit, p. 81.

[30] Voire infra note 15.

[31] Richard Ellmann, op.cit, p. 375.

[32] Chez Jean Lorrain, entre autres.

[33] Richard Ellmann, op.cit. p.377.

[34] En plena bohemia, dans Obras Completas, Op.cit, XVI, p.190 et suiv.

[35] « Oscar Wilde » (Paris, diciembre de 1891) dans Gomez Carrillo, Esquisses – siluetas de escritores y artistas – Oscar Wilde, Armand Sylvestre, Charles Maurras, Paul Verlaine, etc., Madrid Librería de la Viuda de Hernando y Cía., 1892, p. 11.

[36] Voir Gomez Carrillo, L’évangile de l’amour (1923), L’Harmattan (2003) Introduction E. Vernadakis. 

[37] Ibid.

 

 

 

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