Gomez Carrillo et
Oscar Wilde
Personnage haut en couleur, Enrique
Gomez Carrillo (Enrique Gomez Tible de son vrai nom)
est né à Guatemala ville le 27 février 1873. Il s’expatrie pour s’installer à
Paris en 1891 en tant que diplomate et échotier. Sa vie à Paris est ponctuée de
voyages et constellée de fiancées, épouses et
maîtresses[1]. Il décède à 54 ans[2] en laissant derrière lui une
autobiographie, des souvenirs littéraires, des chroniques, des récits de
voyages[3], des nouvelles, des romans et quelques
traductions[4]. La valeur de ces écrits est variable. En
revanche, ses récits de voyages ainsi que son travail de directeur de deux revues hispanophones, Nuevo Mercurio[5], et Cosmopolis[6], publiées à Paris au tournant du siècle, rendent
Carrillo intéressant en tant que médiateur dans l’échange des cultures[7]. Diffusées assez largement, ces revues ont nourri
les élites hispanophones du nouveau continent de romantisme, de symbolisme et
de poésie parnassienne. On leur reconnaît généralement[8] un rôle déterminant dans les orientations
esthétiques et idéologiques du Modernismo, courant littéraire majeur qui
se développe dans l’ensemble des pays latino-américains au moins jusqu’aux
années mille neuf cent trente.
Le modernisme se présente comme une vaste entreprise de questionnement sur
l’identité culturelle latino-américaine. Elle est issue d’une rupture avec la
métropole espagnole et son patrimoine littéraire. De manière paradoxale, alors
qu’au fond, il s’agit d’une quête d’identité, le modernisme commence par une
ouverture au cosmopolitisme. Cette ouverture en fait un mouvement à multiples
facettes[9] : héritier de l’art pour l’art et adepte du
naturalisme tout à la fois, le modernisme est pris tour à tour de gallomanie et
de ferveur nationaliste. Par son travail
de chroniqueur, de reporteur et d’éditeur, Gomez Carrillo contribue à la
pratique insolite de cet éclectisme[10] qui répond aux problèmes identitaires de
l’Amérique latine par une vision plurielle de l’art[11].
Lorsque Enrique Gomez Carrillo arrive à Paris, vers la fin de
1890, il a dix-sept ans. José Garay, un médecin interne latino-américain qui
soigne Verlaine[12], l’aide à s’infiltrer dans les milieux
symbolistes. Il l’introduit assez rapidement auprès du maître qui n’en est
probablement pas impressionné puisque, par confusion désinvolte, il l’appelle Carrasco[13]. Carrillo a, néanmoins, plus de succès auprès
d’Alice Fréville, la fiancée de Garay. Le médecin de Verlaine est offensé. La
nouvelle de la rupture de ses
fiançailles se répand. Ainsi, en 1893, Carrillo se voit consacrer un petit
article dans La Plume[14] où il est question de tempérament
donjuanesque, de duel, de tentative de suicide, de la nature ardente des
latins etc. Sans intérêt particulier, cet article constitue néanmoins le
premier exploit d’Enrique Gomez Carrillo qui réussit à retenir l’attention des
Parisiens à peine trois ans après son arrivée à Paris.
Si Paris a adopté Carrillo c’est parce que Carrillo a, lui aussi, adopté
Paris[15]. Sa plume fleurie amplifie le côté
« magique » de la capitale, ville cosmopolite qui devient dans
ses chroniques une scène de théâtre : les artistes du monde entier
viennent y rencontrer les symbolistes et les parnassiens, flâner avec eux (et
avec Carrillo) sur les boulevards et, en buvant de l’absinthe sur les terrasses des cafés, parler de
poésie, de littérature, d’art…
Idéalisée, naïve, fondée sur des lieux communs, des représentations
superficielles et embellies, cette représentation que Carrillo véhicule dans le
monde hispanique participe à la création d’un « mythe »[16]. Paris y devient un lieu emblématique, l’Eldorado
des artistes—une utopie repérable sur
la carte[17].
Le Paris de Carrillo œuvre également pour
l’ouverture des nations à « l’esprit cosmopolite » et sous la plume
de l’échotier le mot « Parisien » devient un vague synonyme de
« cosmopolite », superposition qui a des conséquences sur les
engagements idéologiques, le mode de vie et l’identité du jeune homme : de
Paris, Carrillo part à la connaissance de l’Autriche, la Hongrie, la Belgique,
l’Angleterre, la Russie, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, l’Afrique du nord, la
Palestine, la Turquie, l’Égypte, la Chine et le Japon. Chaque voyage est suivi
de la parution d’un ouvrage qui illustre le point de vue de quelqu’un qui se
veut « Parisien » et vit en « citoyen du monde ». Fait
d’affirmations fondées sur des descriptions fleuries et dépourvues d’analyse
critique, ce point de vue est toutefois un peu superficiel.
Oscar Wilde rencontre Gomez Carrillo lorsqu’il se rend à Paris au début de
novembre 1891 pour travailler sur Salomé[18]. Pour relater cette rencontre, Richard Ellmann[19] s’appuie sur un article d’Yvanhoé
Rambosson[20] paru dans un numéro non daté de La Comédia[21].
Après avoir déjeuné chez le traducteur Henry Davray,
Rambosson et Wilde se rendirent au café d’Harcourt où
les rejoignit un jeune diplomate et écrivain guatémaltèque, Enrique Gómez
Carrillo, qui accompagnait Paul Verlaine. Wilde prit en main la conversation
tandis que Verlaine s’absorbait dans le Pernod. De temps à autre, cependant, il
grognait quelque commentaire de gamin des rues en réponse aux propos étudiés de
Wilde. Comme en 1883, Wilde détesta l’apparence négligée de Verlaine et
consacra tous ses soins à Gómez Carrillo, jeune homme exubérant à la vive
intelligence et au discours pittoresque. Wilde évoqua sa vie, ses voyages, son
amour de l’existence et de la sensation, pour conclure, comme plus tard devant
Gide : « Je n’ai mis que mon talent dans mes œuvres ; j’ai mis
tout mon génie dans ma vie. » Á ces mots, Verlaine devint soudain sérieux
et, se penchant sur Rambosson, il lui dit en
aparté : celui-ci est un vrai païen. Il possède l’insouciance qui est la
moitié du bonheur, car elle ignore le repentir[22].
Claude Viot-Murcia[23] s’appuie sur le témoignage de Carrillo lui-même[24] pour avancer qu’Enrique a rencontré Wilde chez
Stuart Merrill[25] durant l’un de ses fameux « Five o’clock » où l’on servait du whisky à l’heure du thé[26].
A priori, leur âge, leur culture,
leurs origines, leurs affinités intellectuelles et autres ne prédestinent pas Oscar Wilde et Gomez
Carrillo à se fréquenter. Néanmoins, à peine âgé de dix-huit ans et doté
d’un physique plaisant, ce dernier ne devrait pas laisser le premier
indifférent[27].
Si l’intérêt de Wilde pour Carrillo est physique,
celui de Carrillo pour Wilde serait « intellectuel ». Carrillo avait
interrompu ses études secondaires assez tôt pour devenir vendeur d’articles
féminins dans un magasin de nouveautés. Par conséquent il était autodidacte
et connaissait mal les fondements
idéologiques des cercles parisiens dans lesquelles il évoluait. C’est pour
compenser cette insuffisance que ses chroniques se bornent à la description et
que lui-même cultive un style fleuri. Le jeune homme a vu en Wilde
un maître potentiel qui pourrait l’aider à comprendre la littérature
et à la mettre en perspective dans le contexte du symbolisme, ce que Verlaine
n’a pas eu l’idée ou l’envie de faire avec lui.
Si les hypothèses précédentes tiennent, la
rencontre entre Wilde et Carrillo s’inscrirait dans un contexte de
complémentarité. Si c’est le cas, il y a cependant un point qui va de travers.
En dépit du nombre d’androgynes crépusculaires[28] qui hantent sa fiction, Carrillo n’est pas du tout attiré par
l’homosexualité. Homme à femmes, il a eu des aventures avec nombre
d’ambassadrices du beau sexe, connues et moins connues. Et pourtant, Wilde
n’est pas le seul homosexuel avec lequel il noue des relations étroites.
Carrillo fréquente aussi D’Annunzio et on sait que
son amitié avec Jean Lorrain a été l’objet de « commentaires malveillants.[29] »
Cela étant dit, Wilde et Carrillo partagent en commun le statut d’étranger
dans un Paris qu’ils apprécient. À Paris il y a une certaine ouverture d’esprit
qui n’est pas facile à trouver ailleurs. On y respecte la liberté individuelle.
Athènes du monde moderne, Paris
est pour Wilde un lieu où les conventions sont plus souples, du moins chez les
artistes où il pourrait même être permis
d’être homosexuel, pourvu qu’on soit brillant. A Paris, qu’il connaît aussi
bien que Londres, Wilde se sent chez lui. Cependant, il n’y est pas tout à fait
la même personne. Ici, il ne fréquente pas des clubs ni des galeries de
peinture, mais des cafés, des bistrots, des cabarets et des bals populaires. Il
vient et revient à Paris pour cultiver la partie démocrate de sa personne,
celle qui se nourrit d’héritage latin, de chansons de rue et d’odeurs de
cuisine. L’Irlandais en lui se trouve bien en
compagnie des petits-enfants de la Révolution.
Vu le manque de sources, il serait superficiel
d’avancer une thèse sur le type de rapport qui s’établit entre les deux
personnes. Toutefois, on peut émettre l’hypothèse que le caractère ambitieux,
voire arriviste[30], de Carrillo ne lui a peut-être pas interdit de
se montrer complaisant jusqu’à un certain point avec ceux qui lui trouvaient du
charme. Car son intérêt dans sa relation avec Wilde (et les autres) réside,
certes, dans ce qu’il peut s’approprier de son (leur) savoir. Cependant,
Carrillo sait aussi qu’une amitié avec
« les grands » peut offrir un fort coefficient de socialisation. Elle
peut faciliter l’intégration chez les symbolistes dont les portes ne sont pas
automatiquement ouvertes aux artistes étrangers qui, comme Carrillo, n’ont pas
encore fait leurs preuves.
L’ensemble de ces paramètres contribue à ce que la
relation qui se forme entre le Latino-américain Carrillo et l’Irlandais Wilde
soit immédiate et étroite. « Entre deux vérités, la plus fausse est
la plus vraie » disait Wilde en cherchant à impressionner Carrillo
avec son éloquence d’Irlandais. « Les seules beautés que je connais sont
les femmes » disait Carrillo pour provoquer Wilde avec sa nature latine[31]. Même si elle n’aboutit à aucun contact physique,
cette relation qui se noue entre les deux revêt un caractère sensuel et,
toute proportion gardée, relève du
« coup de foudre » -- Relation
brève et intense,
« sentimentale » pour Wilde, « intellectuelle » pour
Carrillo.
Pendant les deux derniers mois de 1891, Wilde et Carrillo se voient
pratiquement tous les jours, vont ensemble à des réceptions[32], à des dîners et se promènent tard dans la nuit à
Montmartre où Wilde cherche, et parfois trouve, des Salomé de rue. Durant cette
période, ainsi que le souligne Richard Ellmann, Wilde
fait de Carrillo « l’un de ses confidents[33]. » Il lui parle de son projet tel qu’il
évolue au fil des jours, de son héroïne, des sources qu’il engage dans sa
création, des thèmes qu’il aimerait développer etc. Carrillo devient ainsi la
personne la mieux placée pour décrire l’état d’esprit de Wilde au moment de
l’écriture de Salomé et celui qui pourrait le mieux expliquer le dessein
de son auteur en la composant. Il le fait d’ailleurs en partie, et cela de manière explicite, dans ses
mémoires[34] et dans quelques articles[35]. Il nous dit, par exemple, que Wilde lui fait
part de plusieurs récits lus dans des apocryphes en rapport avec sa pièce, chez
Josèphe et ailleurs, ses premières intentions de composer un poème, la manière
dont il imaginait son héroïne, comment il en est venu composer une pièce etc.
Intense, pour le temps qu’elle dure, cette relation marque profondément
Gomez Carrillo. Nombre de Salomé hantent son travail d’échotier, son œuvre
romanesque ainsi que ses choix éditoriaux[36]. Il en est littéralement obsédé. Son roman, L’évangile
de l’amour, traduit en français en 1923, expose naïvement nombre de textes
que Wilde intègre dans le palimpseste de sa Salomé en adoptant pour les
expliquer la même perspective selon laquelle ils fonctionnent dans la pièce de
Wilde. Ce roman constitue, ainsi que j’ai tenté de le montrer par ailleurs[37], un document important pour le chercheur de Salomé.
Cependant, l’effet de Wilde sur Carrillo peut être encore plus profond. Il pourrait s’étendre au delà de l’œuvre et au delà de l’homme Carrillo. La personnalité « parisienne » affichée
par ce dernier, son engagement en tant
que critique, ses voyages et son point de vue de « citoyen du monde », le cosmopolitisme qu’il essaye de promouvoir dans ses écrits sont
autant de thématiques qui
se retrouvent dans Intentions, l’œuvre critique de Wilde. Si Wilde expose en détails ses
desseins sur Salomé à Carrillo, il n’est pas impossible qu’il lui parle aussi en détail de ses autres pièces, voire de son œuvre de manière générale. De même, si Salomé a eu
un effet si notable sur
Carrillo, la pensée de Wilde a dû,
elle aussi, marquer Carrillo. Si bien que le modernisme
latino-américain, fondé en partie sur des notions et principes véhiculées par les
revues dirigées par Carrillo pourrait
être toute aussi tributaire à la pensée
irlandaise qu’il ne l’est à la littérature française. Cette hypothèse
nécessite un autre développement qui pourrait se
faire dans un deuxième temps.
Quant à Wilde, il termine sa Salomé un peu avant la
fin décembre et retourne à
Londres pour fêter Noël en famille.
Après cette date, il ne revoit plus jamais Carrillo.
v
Emmanuel
Vernadakis est professeur au Department d’anglais, Université d’Angers, et un
des membres fondateurs de la Société Oscar Wilde en France. L’édition du texte de Gomez Carrillo, L’évangile
de l’amour (1923), préface et annoté
par Emmanuel Vernadakis est paru
chez L’Harmattan (2003).
v
Pour savoir
plus :
§
Brian J.
Dendle : ‘Galdós, La Jeunesse and Oscar Wilde: Enrique Gómez Carillo’s
Tribute to Galdós.’ Anales
Galdosianios, vol. 23, 1988.
§
José Ismael
Gutierrez : ‘Dos aceramientos a un motivo literario de fin de siglio: la
Salome de Oscar Wilde y la de Enrique Gomez Carillo.’ Hispanic Review, vol. 63, no. 3, 1995.
[1] Il se fait notamment
connaître en 1917 par le service de contre-espionnage français en tant
que dernier amant de Mata Hari.
[2] Le 29 novembre 1927.
[3] En 1906, il
reçoit le prix de l’Académie
Française pour L’âme Japonaise
et est aussi décoré de la Légion d’honneur.
[4] Enrique Gomez Carrillo,
[5] Dont le premier numéro paraît à
[6] Revue mensuelle qu’il fonde en janvier 1919 et qu’il dirige, toujours à
[7] C. Séris, Les Écrivains latino-américains devant la
[8] C. Séris, op.cit.
et Claude Viot-Murcia, Énrique Gómez Carrillo,
intermédiaire culturel
entre la
[9] Voir S. Molloy, La diffusion de
la littérature Hispano-américaine en
[10] Qui constitue la
[11] Voir J.M. Faurie,
Le Modernisme hispano-américain
et ses sources françaises,
[12] Alors âgé de 46
ans.
[13] Claude Viot-Murcia, op.cit. p 81.
[14] Du 1er décembre
1893. L’article est signé par M. de
Croix-Mont.
[15] Carrillo fait tout pour ne pas perdre la chance qui lui est donnée de vivre à
[16] Voir à ce propos les ouvrages de Jerrold Seigel,
Bohemian Paris : culture, politics, and the boundaries of bourgeois life,
1830-1930, New York : Viking, 1986, W. Scott Haine
The world of the Paris café : sociability among
the French working class, 1789-1914, Baltimore,
Md. : Johns Hopkins University Press, 1996, Henry
Melchior de Langle, Le petit monde des cafés et débits
parisiens au XIXe siècle : évolution de la sociabilité citadine (préface de Pierre Chaunu), Paris : Presses universitaires de
France, 1990 et surtout la thèse, déjà citée, de C. Viot-Murcia.
[17] La culture de ce mythe lui vaut un indéfectible succès auprès des lecteurs et constitue
probablement la contribution personnelle la plus notoire de Gomez Carrillo au modernisme
latino-américain.
[18] Pour les œuvres de Wilde, les numéros
entre parenthèses en fin de citation renvoient
aux pages de l’édition suivante :
Oscar Wilde, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade,
Gallimard, Paris, 1996.
[19] Richard Ellmann, Oscar Wilde, Gallimard, 1994, p.
375.
[20] Yvanohé Rambosson
écrivain, critique et poète.
Sa poésie témoigne d’un intérêt curieux pour le personnage du Christ : « Avec la violence d’Aquilon
je te désire, ô Jésus, si bon …» ou bien «…ta
Verge miséricordieuse est
à moi mauvaise… »
(voir respectivement
« Adoration » et
« Le Désir », dans Actes, 1898, p. 7-9).
[21] Journal qu’il a consulté à la bibliothèque de l’Arsenal. Voir Richard
Ellmann, Op.cit, p. 643, note 10.
[22] Richard Ellmann, op.cit. p.
375. Cependant, selon la chronologie verlainienne établie par J.Richer, le poète a été hospitalisé
du 31 octobre 1891 au 20 janvier
1892 à l’hôpital Broussais.
Voir Christiane Séris, « Un américain à Paris en 1891 : les
débuts littéraires de Énrique Gómez
Carrillo », dans Études Littéraires, avril 1969, p. 63, et J.Richer,
Paul Verlaine, Paris Seghers, 1957, p. 78.
[23] Claude Viot-Murcia, Énrique Gómez Carrillo,
intermédiaire culturel
entre la
[24] Dans Gomez Carrillo, Esquisses, (1891)
siluetas de escritores
y artistas – Oscar Wilde, Armand Sylvestre,
Charles Maurras, Paul Verlaine, etc., Madrid Librería de la Viuda de Hernando
y Cía., 1892, « Oscar Wilde », p. 11.
[25] Stuart Merrill (Long Island 1863- Versailles 1915), est l’auteur
des Gammes et le traducteur en anglais de nombre de poètes français contemporains dans une anthologie (Pastels in Prose) parue
en 1890.
[26] Viot-Murcia, op.cit. vol. 1, p. 82.
[27] On sait que, lors
de son procès, Wilde a été accusé
d’avoir fréquenté des jeunes gens qui n’était ni de son milieu ni de sa culture. Il se peut même que Wilde flatte
Carrillo comme il l’avait
fait avec tous ceux qui lui plaisaient. On peut d’ailleurs voir un soupçon de flatterie dans le propos qu’il
lui confie (selon le témoignage de Carrillo lui-même) « Le premier devoir
d’un homme est d’être beau,
ne croyez-vous pas ? » (Richard Elmann,
op. cit. p. 375) Pour ce que nous connaissons
du caractère de Carrillo, d’après
sa biographie et son autobiographie confrontées aux témoignages de ses contemporains, il ne doit pas être indifférent à la flatterie.
[28] Dans L’évangile de
l’amour (1922), mais aussi dans Tres Novelas inmorales (1920)
qui contient
les œuvres préalablement publiées,
Bohemia sentimental (1899), del Dolor
y del Vicio (1898), Pobre
Clown (1900).
[29] Viot Murcia, op. cit, p. 81.
[30] Voire infra note 15.
[31] Richard Ellmann, op.cit, p.
375.
[32] Chez Jean Lorrain, entre autres.
[33] Richard Ellmann, op.cit. p.377.
[34] En plena bohemia, dans Obras Completas, Op.cit, XVI, p.190 et suiv.
[35] « Oscar Wilde » (Paris, diciembre
de 1891) dans Gomez Carrillo, Esquisses – siluetas de escritores y artistas – Oscar Wilde, Armand Sylvestre,
Charles Maurras, Paul Verlaine, etc., Madrid Librería de la Viuda de Hernando y Cía., 1892, p. 11.
[36] Voir Gomez Carrillo, L’évangile de
l’amour (1923), L’Harmattan (2003) Introduction
E. Vernadakis.