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Numéro 18 : JANVIER/FÉVRIER 2009 |
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§8. une lettre inÉdite de lord alfred
douglas |
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Après la
condamnation d’Oscar Wilde, le journaliste, critique dramatique et écrivain
parisien Henri Bauer[1] fait partie de ces hommes de lettres français
qui prendront la défense du prisonnier [2] … tout en blâmant la conduite de Lord Alfred
Douglas. Nous reproduisons ici une lettre que lui adressa Bosie en réponse à
des critiques qu’il jugeait infondées. Ce document inédit nous a été
aimablement communiqué par M. Wilfred Naar, qui l’a fait retranscrire pour
nous. Il précise qu’il a scrupuleusement respecté les corrections et les
fautes d’orthographe de Lord Alfred et qui nous a fourni les précisions
suivantes :[3] |
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« La lettre porte l’en-tête du Grand Café
Restaurant de la Paix 5 place de l’Opéra - Paris En haut et à droite de la 1ère page :
note manuscrite d’AD : 25 boulevard des Capucines Paris. Les mots lisibles mais barrés sont de la main d’AD A cette lettre est jointe une enveloppe (même en-tête que la lettre) avec, de la main d’AD, la
mention « Personnelle » ainsi que l’adresse suivante ; Monsieur Henry Bauer, 51 rue de Prony, E.V. La lettre et l’enveloppe sont encartées dans un exemplaire de l’édition originale de Salomé
(1893) qui a appartenu à son fils Gérard et qui maintenant est en ma
possession. GB à écrit sur cet exemplaire les remarques suivantes
« Le texte est l’édition originale de Salomé d’Oscar Wilde ; rééditée depuis dans le Théâtre
d’Art. J’y ai inséré une lettre du 7.6.96 de Lord Douglas à mon père Henry
Bauër qui avait à peu près seul dans la presse pris la défense d’Oscar Wilde.
Cette lettre est hypocrite et confuse. Douglas a d’ailleurs publié depuis
lors un livre assez ignoble « Wilde et moi » qui a été traduit en français par S. de
Caillavet. Cette Salomé est à mon
sens une des plus belles œuvres d’Oscar Wilde. On retrouve dans le De Profundis des souvenirs sur ses
relations amicales avec Henry Bauër » G.B. 1925 GB commet la même erreur qu’A.D. en datant l’article de
HB du 7 juin 1896 ; en fait la lettre est écrite le 8 juin, le jour même
où paraît l’article de HB. |
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Lettre d’Alfred Douglas à Henri Bauer datée
du 8 juin 1896 |
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fin
de citation |
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retour
à la table de matières |
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H
[1] Henry Bauër était le fils naturel d’Alexandre Dumas et d’Anna Herzer, épouse Bauër. Il fut déporté en Nouvelle Calédonie pour sa participation à la Commune et se lia d’amitié avec Louise Michel. Rentré en France grâce à la loi d’amnistie de 1880, il devint critique dramatique à l’Echo de Paris où il prit fait et cause pour les avant-gardistes. Son fils, Gérard Bauër, fut chroniqueur au Figaro sous le nom de Germantes. Sur la vie d’Henry Bauër, on peut consulter l’ouvrage de Marcel Cerf : « Le Mousquetaire de la Plume, Henry Bauër, fils naturel d’Alexandre Dumas », Académie d’Histoire, Paris, 1975.
[2] “Ecrivez, je vous en prie, à Henri Bauer
pour lui dire combien je uis touché de son article élogieux” écrit Wilde à
Robert Ross de sa prison de Reading le 10 mars 1896 (Lettres d’Oscar Wilde, choix de Rupert Hart-Davis, Gallimard,
Paris, 1994 pour la traduction française, p.224)
3 Sur la défense de Wilde par les écrivains français, voir « Pour Oscar Wilde – Des écrivains français au secours du condamné » Librairie Elisabeth Brunet /Association des amis d’Hugues Rebell », 1994.