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NUMÉRO 18 : JANVIER/FÉVRIER 2009 |
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§6 – LEVER DE RIDEAU |
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Par Lou Ferreira |
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C’est une pulsion. Une pulsion à l’état pur à
laquelle la pensée a été directement prise à partie dès qu’elle s’est trouvée
face au célèbre portrait d’Oscar Wilde réalisé par Napoléon Sarony en 1882[1]. L’intuition que
le sujet observé, (Wilde) nous donnait tous les objets nécessaires à
l’appréhension même de son être et de ses intentions ; et que dans ce
même mouvement, nous, observateurs, avions la certitude de saisir
immédiatement ce qu’il nous proposait de dévoiler quant au revers de son
masque et du postscénium sur lequel il semblait se trouver. En coulisse et sur scène
dans le même instant ; cela exige à l’évidence des scolies que l’exégèse
phénoménologique ne pouvait que servir pour l’appropriation de ce portrait.
Avec l’inventivité qu’il autorise. |
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Parce que l’irlandais
annonce dans ce regard désinvolte, des défis, plus qu’il ne séduit ; il
installe ses polémiques à la limite de l’insulte (mais se gardera de la
facilité de la vulgarité), et déclenche déjà, par-delà sa pose, ses
agressions esthétiques, politiques et morales dans une société victorienne
sclérosante à souhait. Alors, même si nous ne connaissions que ses pièces de
théâtre ou les sempiternels aphorismes traduits dans le monde entier- mais
néanmoins utiles à des invectives souvent profondes-, cette photographie
annonce ses œuvres plus offensives et engagées, un travail plus théorique
aussi, et englobe une personnalité nécessairement exacerbée…Oscar Wilde ne se
languit pas, il est prêt. |
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Cette pulsion initiale ne
nous invite pourtant pas à verser dans l’arbitraire et l’irrationnel ;
bien au contraire : elle est à la source de la volonté de savoir quels
principes dynamiques ont participé à la création de son œuvre (et de sa
Mémoire trop engluée dans l’émotionnel aujourd’hui encore), pourquoi nous
devons considérer que Wilde est anti-classique dans le sens où, nous le
voyons ici, il ne copie personne, il intervient pour détruire des codes, et
comment les actes immédiats de la volonté chez Wilde se donnent aussi dans
l’acte phénoménal de son corps proposé[2] ? |
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La pulsion joue donc ici
un rôle moteur avant d’être appréhendée par des terminologies
phénoménologues. Telle une décision originelle que l’on peut difficilement
justifier, elle impose pourtant le
désir de lever le voile sur l’arrogance d’un jeune Wilde qui s’est
minutieusement mis en scène. Et le moteur qui inspire cette mise en scène,
semble autant animé par des principes apolliniens que dionysiaques (des deux
côtés du miroir ou de la photographie ; toujours l’observé et
l’observant). Plus précisément ; la présence de Wilde nous impose
l’évidence d’une activité esthétique toute nietzschéenne, celle qui fait se
rencontrer l’illusion d’un Apollon se pensant éternellement beau, lumineux,
et poétique et un Dionysos (celui qui évoluera plus tard chez Nietzsche), qui
s’émancipe du tragique et essaie de nous persuader de l’éternelle volupté
d’exister, malgré l’inéluctable fin de l’existence individuelle sans
divinisation, ni salut ; accompagnée du néant, simplement. Un Dionysos sans croix,
mais plein de promesses de vie.[3] |
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Wilde en est là. Et si lui, ne se défait
pas du religieux, rien ici ne transparaît de crucifié, de culpabilisé. Il se
vit en poète, en empereur peut-être, en esthète sûrement, mais unique. Nous
signifions que notre hypothèse est de
croire que Wilde nous présente autant son essence-même lorsqu’il se pare de
ses plus beaux atouts que lorsqu’il se livrera « nu » et menotté
aux geôliers de Pentonville[4]. Il y a de
l’authentique dans l’ex-centricité de l’irlandais parce qu’il se tient
justement loin de la meute. Il ne hurle pas avec les loups, il donne le La.
On ne débarrasse pas Wilde de ses masques pour mieux appréhender son
esthétique et son être ; on se sert de ses masques pour mieux cerner la
fonction de son apparaître, celui qui se présente comme le gage d’une juste
saisie de l’homme qui prend la pose pour sa mémoire et la nôtre. |
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Wilde est donc Un de par
son choix vestimentaire, de par la longueur de ses cheveux et la délicatesse
du geste enserrant ses gants et sa canne. Il a choisi une mode propre qui ne
le situe à aucune époque précise, mais en assemble plusieurs selon des
critères très personnels. De par cette attitude, il se donne à notre
conscience comme une individualité assez énigmatique qui semble rompre avec
des liens de re-connaissance de son temps. Ce n’est pas Montesquiou et son
élégance fin-de Siècle, ce n’est pas non plus le jeune dandy Baudelaire, mais
davantage une tenue et une pose qui se veulent sans repères pour mieux le
situer. Il s’impose, et sa singularité est annoncée comme intentionnelle
parce qu’une telle démarcation ne peut que marquer les esprits. |
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Ainsi, de la pulsion comme
principe premier de notre propre émotion face à un Wilde déjà intransigeant,
de la théâtralisation de son corps dirigé vers nous, et de son attitude
défiante quant au plaisir qu’il prend face à l’objectif, il est impossible de
ne pas se sentir agressé ou attiré par l’homme, l’intellectuel ou l’artiste
(selon le mode d’appropriation de chaque observateur). La provocation
wildienne est en germe ici, puisque nous sommes tentés de savoir qui est cet
homme si singulier, et ce qu’il a à nous dire ? Ou encore, ce qu’il a
fait ? La relation intentionnelle s’annonce affective et il nous faudra
le maintenir à distance pour mieux définir les contours de sa pensée au lieu
de manifester avec impudeur des sentiments ambigus qui oscilleraient entre la
gêne ou l’admiration impulsive… Il suffit de se rappeler que le monument de
Jacob Epstein[5] qui orne la tombe
de Wilde au Père Lachaise a été recouvert d’un tissus noir plus de trois
années (de 1909 à 1912, parce que la vue du sexe en érection du
« sphinx » choquait à Paris) pour que l’intrigue se poursuive.
Lorsque cette pierre tombale, un siècle plus tard se voit recouverte de
milliers de baisers par autant d’hommes que de femmes, l’intrigue appelle un
préjugé : l’homme enterré sous cette imposante sculpture était
ostensiblement un sensuel. L’intellectuel s’annonce ensuite. C’est le jeu de
Wilde qui suppose cela, et nous le verrons, parfois malgré lui. En plus
explicite, aborder cet auteur multiple, philosophiquement, c’est réaliser
l’exercice peu évident qui consiste à désexualiser son écriture, ou tout au
moins mettre de côté ses extravagances homosexuelles. Et cela aussi parait
improbable puisque ses réflexions esthétiques, certains poèmes, son unique
roman Le portrait de Dorian Gray
ou, dans un autre registre, De
profundis ; presque toutes les œuvres du paon irlandais appellent ou
rappellent la nécessité hédoniste comme art de vivre (fut-ce jusqu’au
paroxysme). |
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Mais justement, la
nécessité hédoniste jusqu’au paroxysme (surabondance de mets dans les
meilleures tables, voluptés sexuelles souvent incontrôlées[6], dépenses
exagérées au service d’un luxe grisant…) demeure t-elle un hédonisme lorsque
la souffrance d’un ou plusieurs êtres qui n’y ont pas consenti (famille et amis de Wilde) a comme
aboutissement, le bannissement d’un pays, la perte d’une identité, la maladie
et une mort certaine ? Plus précisément, si l’hédonisme militant d’Oscar
Wilde a été intégré dans ses théories esthétiques, il nous faudra critiquer ses conséquences
pratiques. Si ce n’est pas le cas, il nous faudra en plus critiquer ses
inconséquences éthiques. Mais ce qui est certain, c’est qu’il y a un
hédonisme (militant et chrétien) chez l’auteur de La décadence du mensonge, et d’un point de vue théorique (surtout
philosophique), il nous paraît essentiel de le défendre et d’en montrer toute
l’originalité et la force esthétique intrinsèque et incarnée. |
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La pulsion qui saisit
l’observateur aussitôt stimulé par le transparaître[7] du portrait de
Wilde, c’est justement la proposition de son incarnation. Non pas le fait
d’avoir une chair, mais plutôt d’être chair[8] , et plus
précisément phénoménologiquement, reconnaître la double signification du
terme d’apparence : « autant d’apparaître, autant d’être »[9] ce qui suppose
que le rapport n’est plus établi dans le sens commun : d’abord l’être de
Wilde existe et ensuite son apparaître. La dialectique commande cette liaison
qui fait cercle au moment où est observée la photographie de Wilde : je
la regarde, il est par son apparaître et il apparaît avec ce qui le
fait ; l’être de Wilde est déjà-là. Indéniablement. En effet, comment penser,
même lorsque l’on se renseigne sur la fin tragique de l’auteur (pauvreté
absolue, maladie, alcoolisme, isolement affectif etc.…) qu’il ne demeure pas
dans notre mémoire, le dandy rayonnant de cette photographie ? Comment
séparer Oscar Wilde, auteur brillant de pièces à succès, excellent
helléniste, théoricien esthétique et jouisseur mondain (ce qu’il annonce dans
cette photographie), de l’homme déchu socialement, juridiquement,
politiquement (ce qui adviendra après cette photographie) ? |
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Nous l’avons choisie pour
cette raison : Oscar Wilde n’a pas trente ans et il n’a pas encore
rédigé, ni publié ce qui pourtant est en germe sur ce portrait, c’est-à-dire
ce qui fonde la révolte du
dandy : l’expression des soucis anti-autoritaires de Wilde ; à
savoir, l’institution du mariage, la peine de mort, la condition féminine,
l’emprisonnement des enfants, l’esthétique naturaliste, l’homosexualité, la
rigueur éthique du christianisme (entre autres). L’interrogation sur
l’apparaître de Wilde et sa façon d’apparaître, décide alors de ce qui est à
repenser sur le poète, le critique et le politique puisqu’il s’agit dans ce
travail de rappeler qu’il a été autre chose que ce qu’il montrait : un
homme de stature imposante, affublé de quelques costumes aux tons pastels, un
œillet vert à la boutonnière et de nombreux aphorismes pour égayer les
soirées de la haute bourgeoisie. Le mettre en lumière à partir de cette
photographie. Redondance ? Pas nécessairement. |
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Celui qui observe Wilde
n’est pas neutre. Il pose (consciemment ou non) ses préjugés, et obtient par
ce moyen, les réponses ou les questionnements qui satisfont sa curiosité ou
son dédain. Dans tous les cas, l’apparaître de Wilde est d’abord une invite à
le voir, le chercher, ou le fuir - mais le fuir parce qu’on l’a vu -. Et il
frôle déjà la provocation sans s’être exprimé. La chair de Wilde (même sans
le verbe) reflète cette présence qui permet à l’intuition d’enrichir nos
premières perceptions, ne pas se contenter d’être dirigé vers lui, mais viser
l’être de Wilde même. L’intention husserlienne se nourrie de cette conscience
désagréable du manque : observer Wilde, c’est éprouver une insatisfaction effective et
affective qui vise la possession du sujet observé. Et dans ce cas, toute une
mise en scène du secret, du caché, des mensonges, de la vérité avec (et sans)
les masques, ou encore de l’art d’être dans tout un apparaître, et des jeux
du personnage et de la personne ; tout cela s’impose très vite avec une
telle personnalité justement; la réduction de l’être de Wilde parait
alors inconcevable, parce qu’il impose l’étonnement permanent. Un acte
philosophique fondateur. |
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Et ce qui étonne le plus
c’est l’envers de ce portrait. La lumière éteinte. Wilde récompensé, adulé,
fêté puis pulvérisé ; tout cela en dix années seulement. Il n’y a pas eu
d’agonie, il a été pulvérisé en plein vol. Cela suppose qu’il y a eu un
combat parce que nous ne croyons pas à la victimisation totale dans son cas.
Des batailles ont grondé en lui, par lui et la réponse des agressés a été à
la hauteur de la violence d’Oscar Wilde à leur encontre et contre lui-même.
Tout ce travail du négatif à l’œuvre, et la lutte sourde entre ses pulsions
de vie et de mort auront raison de son existence même.[10] Nous ne sommes pas dans le
Moral : il s’agit de comprendre ce qui a mobilisé toutes ces forces dans
l’ombre, et ce que Wilde a aussi déclenché de si puissant pour fasciner
autant aujourd’hui ? (Nous sommes à la fin du 19ième siècle et non pas à
l’aube du 21ième où la banalité des stars
météorites surmédiatisées est confondante d’ennui, donc en deçà du
divertissement). |
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Il nous semble que Wilde a
utilisé un vaste champ d’expressions conceptuelles et idéologiques[11], comme un
véhicule transporterait (en même temps qu’une réelle préoccupation
strictement artistique), une réalité psychique sienne qui le préoccupait
profondément. Une longue incubation est souvent nécessaire avant de
transformer en écriture des affects trop envahissants, et dans le cas de
Wilde il faut se souvenir que ce n’est qu’en 1891 que son unique roman
« Le portrait de Dorian Gray »
voit le jour pour ensuite assister à une succession d’écriture et de
réalisations théâtrales majeures.[12] En moins de cinq
années, Oscar Wilde fait et défait sa réputation d’homme de lettre et
d’artiste comme s’il avait eu à affronter une forme de décompensation qui ne
laisse plus de champ libre à la création elle-même. Comme si toute
expérimentation artistique aboutie laissait entrevoir en lui un ennui
incommensurable, celui qui se conjugue si aisément à la mélancolie ; ce
« quelque chose d’autre qui doit arriver » disait-il à un Gide
stupéfait, juste avant son procès et en pleine gloire puisque l’on jouait son
ultime pièce « l’importance d’être
constant ». |
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Il existe chez Wilde une
dislocation entre son œuvre perçue comme insuffisante[13] et une
auto-accusation mélancolique qui ne peut plus affronter une sorte d’idéal du
Moi artistique. Cet idéal porte inévitablement en lui une valeur absolue qui
ne peut pas se sublimer et pousse généralement au suicide parce qu’il ne
présente à l’être que de la douleur ; ou une difficulté à supporter la
distance (toujours prolongée) qui devait le conduire à un but inaccessible.
Dans cette optique, il faut effectivement que « quelque chose d’autre se
passe » ; soit la réalisation d’un nouveau projet qui le
rapprocherait de cet idéal, soit la mort. Ici, la photographie
d’Oscar Wilde se présente à nous plus tragique déjà, parce que l’on pressent
ce narcissisme (de mort) voué, de par sa fragilité, à la menace permanente du
morcellement de l’être ; celui qui finit par tuer le bruit de la vie
puisque la pulsion de mort est de ce fait convoquée entre deux mets : « J’ai brisé ce que
mon cœur respectait depuis toujours, j’ai renversé toutes les bornes et
toutes les images, j’ai poursuivi les désirs les plus dangereux –en vérité,
j’ai dépassé d’un coup tous les crimes- »[14] Criminel, qui en
vient à espérer la sécurité d’une prison...[15] |
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Pourtant, ce portrait
proposé est encore plein de promesses ; Wilde exprime ce qui doit être
imprimé pour un public qu’il a déjà ; il n’est pas contemplatif. Sa
volonté de subvertir fait corps avec ce qu’il nous montre : il fait
corps avec son intériorité parce que
l’intime et l’extérieur de Wilde sont mêlés. Il ne se laisse pas
objectiver, nous pressentons alors qu’il sera difficile d’enfermer Wilde dans
une catégorie précise, tant la multiplicité de ses personnalités déroutera.
Même en prison. |
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Lou
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[1] Oscar Wilde a alors 28 ans et se trouve à New York aux Etats-Unis où il entame une série de conférences sur l’Esthétique. Voir la biographie de Richard Ellmann qui retrace avec précision sa longue tournée ; « Oscar Wilde », (p.213 à 217). Ed° Gallimard, 1984.
[2] Nous éclaircirons nos propos, en premier lieu avec Husserl : « idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures » (1913), trad. P.Ricoeur, Paris, Gallimard, réed. « Tel »,1985. « Recherches logiques », trad. H.Elie, Keltel, Schérer ; Paris, Puf, 1969. Et l’approche d’Emmanuel Levinas dans sa « théorie de l’intuition dans la philosophie de Husserl », Paris, Ed°Vrin (2001).
[3] Nietzsche, La naissance de la Tragédie, §17 et Volonté de puissance, t2, L4, § 464
[4] A la fin de son procès, Wilde fut d’abord transféré à la prison de Pentonville le 9 Juin 1895.
[5] Petit rappel biographique : Wilde, décédé d’une méningite le 30 Novembre 1900 est d’abord enterré au cimetière de Bagneux le 3 Décembre jusqu’à ce que ses amis règlent ses dettes, et que le sculpteur Jacob Epstein réalise le monument offert par une certaine Mrs Carew en 1909. On transfère alors ses restes au Père Lachaise.
[6] Nous savons que Wilde a été déstabilisé, puis condamné lors de son second procès et troisième procès, sur la dénonciation des jeunes prostitués qu’il comblait de cadeaux. (Les menaces et les rétributions du marquis de Queensberry, père de l’amant de Wilde, ont été convaincantes).
[7] Nous utilisons ce terme parce qu’il se définit comme « ce qui se montre au travers de quelque chose » ; ici, les « choses » se dessinent par l’utilisation de l’objet en tant que support de l’image-Wilde (donc la photographie) et les objets en tant qu’apparat - apparence de Wilde (sa tenue vestimentaire, sa pose).
[8] Lire le nécessaire « Incarnation » de Michel Henry, et sa question de l’apparaître dans la phénoménologie husserlienne ; §1 à 3, p.35 à 55. Ed° Le Seuil, 2000.
[9] Ibid, p.41
[10] S.Freud, « Au-delà du principe de plaisir », Œuvres complètes, XV, 1916-1920, et voir l’interprétation d’André Green dans «Pourquoi les pulsions de destructions ou de mort », Ed° du Panama, dirigée par Roger Pol Droit, Paris, 2007. Nous soutenons d’ors et déjà la position d’André Green qui consiste à accepter l’analyse appliquée en littérature parce qu’une lecture suscite nécessairement en nous des mouvements affectifs à déterminer. Pour Freud également, c’est un instrument de pensée non négligeable.
[11] Les aphorismes, la poésie, le roman, le théâtre, les nouvelles, les contes, les lettres, l’analyse politique et la critique esthétique… Un talent artistique (un génie ?) à imposer sous toutes ses formes, ou une incapacité à choisir le moyen d’expression le plus près de ce talent ?
[12] Entre 1892 à 1895 il rédige et permet la réalisation de quatre pièces : « Un mari idéal », « Une femme sans importance », « L’éventail de Lady Windermere » et « L’importance d’être Constant ». Il est fréquent d’entendre que « L’importance… » n’a cessé d’être jouée (tous les ans) dans monde depuis sa création. En 2006 / 2007, elle a été montée par trois compagnies différentes, uniquement en France.
[13] Les derniers mots de Wilde à Gide avant son emprisonnement sont tout de même les célèbres : « j’ai mis mon génie dans ma vie, le talent dans mes œuvres »
[14] Nietzsche, « Ainsi parlait Zarathoustra, -L’Ombre- » Quatrième partie, Folio Essais, Gallimard, 2006
[15] Lire la réflexion de Paul-Laurent Assoun dans « Freud et Nietzsche », p.261, Ed° Quadrige, Puf, 1998