Rue des beaux-arts

 

NUMÉRO 8 : AVRIL / MAI 2007

 

§6.  ThéÂtre

 

 

Electre de Hugo von Hofmannsthal

Mise en scène de Stanislas Nordey
Avec Valérie Lang, Sophie Mihran, Bruno Pesenti,Véronique Nordey, Stanislas Nordey,  Dimitrios Koundourakis , Moanda Daddy Kamono.

 

L''Electre' que Hugo von Hofmannsthal conçoit à l'aube du XXe siècle et qui servira ensuite de matériau premier à la collaboration avec Richard Strauss est un joyau de violence brute, noire et sans aucun doute l'une des réécritures les plus toniques et décapantes des mythes anciens...

 

du 03 Mars 2007 au 06 Avril 2007

 

Théâtre de la Colline – rue Malte-Brun - Paris




Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert

Bouvard et Pécuchet est le dernier roman, inachevé, de Flaubert. Michel Tanner l’a adapté pour deux comédiens : Guy Pion et Jean-Marie Pétiniot.

Mise en scène : Michel Tanner et Beatrix Ferauge
Distribution : Jean-Marie Pétiniot (Pécuchet), Guy Pion (Bouvard)
Costumes : Isabelle Chevalier - Décor : Vincent Lemaire - Éclairage : Guy Simard - Musique : Eloi Baudimont

Production : Théâtre de l’Éveil – le Manège Mons – Atelier Théâtre Jean Vilar – Fabrique de Théâtre de La Bouverie

Belgique

En tournée : au Foyer culturel de Péruwelz les 27 et 28 février; à la Fabrique de Théâtre de La Bouverie le 1er mars à 20h ; au Théâtre de La Louvière le 15 mars à 20h ; en la salle Culturelle de Thuin-Thuillies le 17 mars à 20h ; à la MJC de Comines, le 20 mars à 20h ; à la Maison de la Culture de Tournai, les 17 et 19 avril à 13h30 et les 18 et 20 avril ; à 20h30, au Foyer culturel de Sivry le 21 avril à 20h ; à la salle Baudouin IV le 26 avril à 20h ; au Foyer culturel de Chapelle-lez-Herlaimont le 27 avril à 20h.

Et toujours …. Jusqu’au 29 avril 2007

 

L’Eventail de Lady Windermere  

D’Oscar Wilde

Mise en scène : Sébastien Azzopardi

Adaptation de Pierre Laville

Avec : Geneviève Casile (Mrs Erlynne), Elisa Sergent (Lady Windermere), Jean-Philippe Bêche (Lord Windermere), Jean-François Guilliet (Lord Augustus), Marie-France Santon ou  Marie-Christine Danede (duchesse de Berwick), Sébastien Azzopardi ou Grégoire Bourbier (Lord Darlington), Franck Desmedt (Cecil Graham), Frédéric Imberty  (Parker), Anaïs Harte (Lady Agatha)

 

Le spectacle L’Eventail de Lady Windermere est nommé quatre fois aux Molières 2007 :

"Meilleur Spectacle Public"

"Meilleure Comédienne" Geneviève Casile

"Meilleure Comédienne Second Rôle" Marie-France Santon

"Meilleur Comédien Second Rôle" Jean-François Guilliet

 

Et…

L’Importance d’être Constant

Avec                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

Lorànt Deutsch – Frédéric Diefenthal – Macha Méril – Gwendoline Hamon – Marie-Julie Baup – Claire Magnin – Patrick Delage – Yves Gas

Théâtre Antoine – Paris – 14, Bd de Strasbourg – 75010 Paris

Tél : 01.42.08.77.71

theatre.antoine@wanadoo.fr

 

 

 

A propos de ….

The Importance Of Being Earnest d’Oscar Wilde

Adaptation Andrew Loudon et Emma Reeves

mise en scène : Lucile O’Flanagan           

qui s’est donné au Théâtre Sylvia Montfort du 30 Janvier au 10 Février , un groupe d’édudiants de l’Université d’Angers (et plus particulièrement trois d’entre eux que nous remercions) ont bien voulu nous faire part de leurs avis critiques après avoir assisté au spectacle le 4 février dernier en compagnie d’un de leur professeur, M . Emmanuel Vernadakis. Voici le fruit de leur réflexion :

 

The Importance of Being Earnest

 

Le week-end du 4 février a eu lieu à Paris une représentation de la très célèbre pièce « The Importance of Being Earnest », que l'on doit à l’inégalable dramaturge irlandais Oscar Wilde. Les étudiants de licence d’anglais de l’UFR d’Angers ont eu la chance d’assister à cette pièce qui fut jouée dans sa version originale, au théâtre parisien Sylvia Montfort.

 

Version originale, certes, mais la pièce n'a pas été jouée dans son intégralité. Messieurs et mesdames les puristes, vous pourriez alors déplorer les quelques raccourcis effectués par le metteur en scène Lucille O’Flanagan. On pourrait également reprocher l’interprétation du majordome Lane, proposé comme personnage excentrique et féminin, éloignée du caractère très « British » accordé au personnage dans le texte original.

En outre, des jeux scéniques appuyés et une diction très prononcée ont ajouté un aspect grotesque à une pièce construite sur un ton à la fois ironique et subtil.

 

Quant aux intermèdes filmés à la manière des années 20, ils donnaient du rythme et clarifiaient davantage la compréhension du texte. Il est d’ailleurs regrettable que ce souci de clarté ait relégué au second plan la subtilité poétique du texte de Wilde. L’ensemble n’y perdait pourtant pas en comique.

 

Néanmoins, il est possible de saluer l'originalité des choix scénographiques usant des décors aux couleurs vives et à l’aspect plastique, lesquels ont trouvé leur pleine justification grâce au jeu combiné des comédiens. De fait, chaque objet fut utilisé plusieurs fois au cours de la pièce et, par un jeu de superposition, le panneau central qui se trouvait en arrière de la scène s’est dévoilé peu à peu, tout comme les personnages principaux Algernon et Jack. Tout bon spectateur a également pu apprécier l’inclusion d’arts scéniques annexes à la simple activité théâtrale. Les comédiens se prenaient alors au jeu d’une courte démonstration de danse. Régalant l’ouïe et la vue, l’odorat ne restait pas non plus en peine et le parfum des roses présentes sur scène a chatouillé l’odorat d’un public aux sens charmés, à l’aide d’un vaporisateur que tenait l’un des personnages. Ce parallélisme entre la psychologie des personnages et l’utilisation des décors fut un thème constant tout au long de la représentation.

 

Toutefois, l’exagération du jeu des acteurs ainsi que le choix d’un univers enfantin et tout en couleur comme cadre spatial répondait à l'exigence du metteur en scène d'adapter cette pièce à un public scolaire.

 

Marie – Olivier - Caroline

 

 

The Importance of Being Earnest

Revue Critique de D.C. Rose

(traduction Danielle Guérin)

 

Comment met-on en scène à Paris la plus anglaise des pièces « The Importance of being Earnest » ? La réponse semble être double, contenue dans deux spectacles concomitants usant de techniques radicalement différentes. L’un, présenté en français sous le titre « L ‘importance d’être Constant » sous la direction de Pierre Laville, poursuit sa carrière depuis plusieurs mois au Théâtre Antoine, eu plein cœur de Paris. L’autre, dans une adaptation de Andrew Loudon et Emma Reeves, et mis en scène par Lucille O’Flanagan, a effectué une tournée provinciale en anglais avant d’être montée à Paris au Théâtre Sylvia Montfort, dans le Xve arrondissement. La Compagnie est la seule qui soit spécialisée dans le théâtre en anglais puisque, à la différence de Vienne, Paris ne possède pas d’un Théâtre en anglais permanent.

 

Pierre Laville bénéficie de bien des avantages : un théâtre prospère, des acteurs renommés (l’un des principaux rôles étant au même moment le héros d’une série télévisée à succès, l’autre poursuivant une carrière cinématographique prometteuse), sans oublier une campagne publicitaire massive dans les médias.

 

Lucille O’Flanagan, en revanche, part avec un lourd handicap : jouer en anglais dans un pays connu pour sa résistance à la langue de Shakespeare, ceux-là mêmes qui sont capables de s’exprimer très honorablement en anglais préférant souvent s’en abstenir. Une mince concession est accordée au public français : l’existence de surtitres – mais ils sont en anglais. Ce qui contraint les acteurs (tous anglais, bien que vivant en France) à une élocution lente et intelligible, avec une gestuelle à l’appui, dans une pièce où le rythme et la rapidité sont tout. O’Flanagan a découvert un dispositif ingénieux : elle met la pièce en scène comme s’il s’agissait d’un film muet. Et il arrive, en effet, que ce soit réellement un film muet. Des scènes en noir en blanc sont projetées sur un écran en arrière-plan à une vitesse légèrement accélérée, accompagnées d’une musique tintinnabulante au piano. A un moment donné, Jack et Algy portent des chapeaux melon et Algy (Barnaby  Apps) nous gratifie d’une imitation crédible de Stan Laurel. Ce parti-pris de mise-en-scène a  pour effet de transformer les surtitres en légende du muet, tandis que l’irruption occasionnelle d’un charleston nous rappelle que nous sommes en présence d’une pièce libérée des conventions dramatiques d’un Pinero ou d’un Shaw. Tout cela marche à merveille, le public saisissant visiblement très bien les références.

 

Naturellement, ces astuces prolongent la pièce qui, du coup, se trouve amputée de plusieurs lignes et même de scènes entières. On se passe d’entracte (ce qui, toutefois, n’est pas rare en France). C’est du Wilde à l’état brut – non pas le Wilde du West-End – mais L’Importance tel que Xavier Leret ou Jude Kelly la reconnaitraient.  Certains des acteurs  semblent un peu maladroits - en particulier Chasuble, dont la décrépitude est outrée  - et on sent qu’une scène plus petite aurait favorisé l’échance entre les membres de la troupe. Mais Ginnie Watson est une Gwendolen sophistiquée et Elisabeth Ingham incarne en Cecily une véritable ingénue. Lane s’est métamorphosé en une servante assez souillon, Merriman se cache derrière une barbe remarquable, fausse de toute évidence, et Miss Prism est (on pourrait presque ajouter « naturellement » dans le contexte actuel) un homme en travesti, mais la référence est ici un personnage de pantomime, sans aucun sous-texte gay. Michael Rickwood, dont la ressemblance avec Anthony Eden est remarquable, est un Jack plein d’assurance, surpassant en cela Frédéric Diefenthal qui, au Théâtre Antoine, ne parvient jamais à offrir l’image crédible d’un gentleman farmer anglais. Rickwood a le chic pour agrandir mélodramatiquement ses yeux, soulignant ainsi très efficacement l’artifice contenu dans le jeu du film muet. Lady Bracknell (Sophie Nahmias) joue la Gorgone avec l’emphase appropriée et un profil digne de Beardsley.

 

Neuf personnages. Cinq acteurs. On se souviendra que Méliès inventa le truquage cinématographique à Paris.

 

Note : Quoique le spectacle puisse rivaliser avec d’autres productions traditionnelles, il est plus particulièrement destiné aux étudiants. Un important matériel est disponible à cette adresse : http://theatre.anglais.free.fr (pas de www).

 

Mise en scène : Lucille O’Flanaghan

Régisseur et éclairagiste : Noëlle Burr

Adaptation : Andrew Loudon et Emma Reeves

Vidéaste ; Chris Mack

Décors : Andréa Bujdoso

Assistants à la mise en scène ; Karina Rinaldi et Thiphaine Lievois

Son : Jacques Cassard

 

D.C Rose est l’éditeur du journal en ligne des études Wildiennes THE OSCHOLARS. Il fut critique de théâtre pour la station de radio Dublinoise Anna Livia FM. Il vit maintenant à Paris.

Cette critique a été écrite en anglais pour Theatreworld.

 

 

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